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Je me posais une question difficile que j’aimerais partager avec les nombreux lecteurs du Polyscope. La question est fort importante et je regrette qu’elle ne soit pas mise de l’avant ces temps derniers alors qu’elle est au coeur de l’actualité – nous le verrons plus bas. De plus, les changements accélérés que vit le monde aujourd’hui à cause d’une mondialisation chevronnée laisse planer une menace qui ravive l’acuité de cette question, qui lui donne son ampleur, une raison de vivre.

La question est à la base : Quel est le rôle de l’État aujourd’hui dans la protection des droits du Citoyen ?

Je m’explique. Contrairement à ce que pourraient croire certaines personnes, la mondialisation n’est pas le fruit d’internet et de l’accélération du développement des moyens de communications. La mondialisation n’est pas due à la fréquence des vols Paris Montréal ou à la popularité des restaurants vietnamiens sur la rue St Laurent. Elle est d’abord un état de fait économique et une volonté économique et politique généralisée.

Elle est un état de fait car il est difficile aujourd’hui de penser local sans penser global. C’est le cas pour beaucoup de choses, l’environnement entre autres, mais surtout l’économie. Une baisse des cours du dollar à New York implique bon gré mal gré des répercussions ailleurs. Ces répercussions peuvent être terribles, surtout lorsqu’elles touchent des pays qui n’ont pas les moyens requis pour faire face à une perturbation économique importante. On a un peu affaire à une situation du battement d’aile de papillon : le Dow Jones perd 1% aux States et 10 000 personnes meurt de faim en Afrique. Ca peut paraître cynique, mais cela dépasse ces ordres de grandeurs bien souvent.

Le plus dangereux cependant c’est la volonté politique. Depuis la chute de Berlin la volonté politique du Nord (Europe compris) est assurément passée à une tendance de mondialisation économique effrénée qui veut réduire à tout prix le pouvoir de l’État pour accorder une plus grande force aux industries, aux spéculateurs financiers et aux investisseurs.

Ce virage, aussi banal qu’il puisse sembler pour certains, a une portée non négligeable sur le statut des citoyens et sur ses droits. Je parle d’information, d’éducation, de soins de santé, d’habitation, de nourriture. En donnant accès à ces « secteurs d’activité » au privé, les gouvernements ont tronqué une part des droits de ceux qu’ils sont censés représenter et défendre.

Si nous considérons que le citoyen est une poupée vaudou, les gouvernements lui ont arraché les cheveux, puis extré les yeux des lobs (pour les visuels, des boutons de nacre), puis arraché le bras, et enfin défoncé ce qui restait de présentable.

En bref, ce sont deux siècles de réflexion philosophique sur la démocratie et le contrat social qui sont jetés aux chiottes. On ne s’étonnera pas que les lobbies imposent leur diktat sur la scène international (Irak, Proche-Orient), ce qui implique souvent des infractions impunies au droit international. C’est ce qui autorise les États-Unis à emprisonner un citoyen canadien dans la légalité sous prétexte de son origine arabe sans que le gouvernement canadien n’ait son mot à dire. Bravo la souveraineté.

Mots-clés : Colonne (8)

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