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Sunny Days et Summer Dreams

Une petite confession d’abord : mes parents me manquent déjà, ma langue(le francais) me manque, ma terre me manque. Je viens d’un endroit où la plupart des mots sont précédés par « beach ». Chez moi, on dit : beach-volley, beach party, beach Sunday service, beach boy (hé hé…) La salade niçoise c’est du soleil, de l’huile d’olive, la couleur vive d’une terre chaude, le bleu du ciel, les poissons, l’azur de la mer, la lumière qui donne une ambiance magique. Nice, aah…le paradis. Deuxième aéroport de France et de Navarre, la ville ou il y a le plus de musées après Paris, et bien sûr le célèbre Carnaval. Et pourtant, là comme ailleurs, j’entends l’horreur des histoires de foyers déchirés par le divorce, d’enfances auxquelles il manque un parent, d’époux trompés et de vies brisées.

Comment continuer lorsque à cause d’une trahison, de mensonges égoïstes auxquels on a cru, le cœur a été blessé à mort ? Comment recommencer à faire confiance lorsqu’on dirait que les hommes ne veulent qu’une seule chose des femmes, comment oublier le souvenir des querelles, il y a quelque chose qui s’est fané intérieurement. Pourtant ces gens rêvaient de l’abandon à une seule personne, de dévouement et de tendresse. Moi aussi, le malheur ne m’a pas épargné et je me sens fatigué sur le bord du chemin. Peut-être toi aussi, personne ne pourrait comprendre si tu essayais d’expliquer le vide qu’il y a tout au fond et qui te rend usé et épuisé. Il faut restaurer ce qui a été meurtri, et retrouver un cœur nouveau.

Il y a toute une génération de jeunes qui a vu pire que 9/11 : du bureau ovale de la Maison Blanche à « Sex and the City », vous savez ce qu’on nous vomit sur les écrans. Et on se demande encore pourquoi la confusion règne chez nos adolescents et pourquoi il y a une vague de détraqués qui se promènent en liberté.

Le film à l’affiche cette semaine, « Amen », a amené beaucoup de controverses. J’ai confiance que l’équipe de « Ciné-Cessaire », (dont la gentille Marie Claude que je salue en passant), saura s’assumer en présentant un film censuré dans de nombreux pays. Cela montre bien à quel point on ne peut pas se fier aux apparences seulement. Je me souviens de ma première leçon de Snow-board (qui n’est pas mon ascendant d’ailleurs) : j’avais THE planche du freestyler et la même combi que Luc Alphand. On me demandait des autographes presque. Tous les yeux braqués sur moi, je me présente face à la piste, et je ne savais pas que ça prend vite de la vitesse ce machin… Tout mon prestige s’est retrouvé les quatre fers en l’air, j’aurais pu gagner les 10,000F de Vidéo-Gag. Je n’ai pas besoin d’une religion qui m’impose le nombre de repas, de prières ou de rites. Les prisons sont pleines de personnes qui ont toutes une religion. Avec ou sans les couleurs olympiques je tomberai de mon surf à la première bosse de la vie si je n’ai pas quelque chose de vrai dans les tripes. Pire, je chuterais encore et encore, et mes crimes et mes erreurs resteront toujours devant moi. Il n’y a pas d’issue à cette misère que de pratiquer ce que je méprise. Existe-t-il un remède pour ce dont je souffre ? Pour calmer ma conscience, je me mets dans des copinages que je ne devrais pas, je vais aux partys qui dégénèrent en débauche, mais je sais bien que je cherche dans la mauvaise direction. Je me dis que si seulement j’avais une voiture, une copine, plus d’argent, plus de copains … mais ça ne changera rien. Il y a toujours quelque chose au-dedans qui me fait mal et qui me fait pleurer, je ne sais pas pourquoi. Suis-je seulement sur terre pour être cassé ? Aucune oeuvre, aussi pieuse qu’elle puisse paraitre ne peut me soulager.

L’amertume rend aigre mon apparence extérieure et me fend le cœur. Le poids est si pesant, mes genoux fléchissent sous le poids et mon âme courbe sous la charge. La montagne devant toi et moi est déjà assez pentue sans la lourdeur du ressentiment sur le dos. Rien n’est parfait ici-bas (sauf une journée d’été avec mes palmes et mon masque à Coco Beach). Le choix le plus sage, en fait le seul choix, c’est de renoncer à la colère, c’est d’aimer mon prochain. Et quel merveilleux soulagement, je me repose intérieurement, et je ris. Ca faisait longtemps que je n’avais pas ri de si bon cœur. J’avais l’habitude de critiquer et de me moquer, mais j’ai laissé l’orgueil pour une fois, la situation était trop grave. Je commence à réaliser seulement maintenant ce que je savais depuis si longtemps. Je n’ose croire en Dieu tellement c’est bon, je suis bouleversé, une nouvelle vision et donc une nouvelle vie s’offre à moi. Je retrouve l’amour et la paix intérieure. C’est le plus beau des voyages, je suis en route pour Nice, le paradis.

P.S. Pour ceux que ça intéresse, le MCF (McGill Christian Fellowship) a repris, ça se passe tous les vendredis à 19h30 à Mc Gill. M’écrire pour plus de détails.

Mots-clés : Spiritus Sanctis (13)



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