Logo Le Polyscope
De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.

Le peuple québécois et la race canine

Mon titre vous fait sursauter ? C’est que la relation entre le québécois moyen et la race canine est compliquée au possible en ces temps préélectoraux. Essayons d’y voir plus clair…

Mario Dumont. Tout le monde en parle (même moi !). On s’entend pour dire que le programme de son parti fait passablement pitié dans le fin détail des choses, bien qu’il comporte quelques bonnes intentions. De plus, il émane de ce personnage politique des relents de Maurice Duplessis, si on remplace le culte religieux par celui de l’individu (tiens, ça me rappelle nous autres un peu). Mais tout cela est plus ou moins important. Mario Dumont représente le québécois moyen, que nous le voulions ou non.

D’abord la question constitutionnelle. Mario Dumont préfère ne pas en parler, tout comme une bonne part de l’électorat. Pas le statut quo, tel que proposé par les libéraux, non ! Ni la souveraineté, toujours souhaitée par 40% des Québécois. Non, on opte pour l’obscurantisme ! On en parle plus, point final ! L’idée est alléchante pour nous, peuple qui déteste la chicane par dessus tout. Et Dumont a su flairer cela depuis longtemps, lui qui déjà au lendemain du référendum de 1995 proposait un moratoire sur la question nationale. Mettez en doute ses capacités autant que vous voulez mais, son flair est indéniable, ou sa chance alors…

Pour le reste, les valses hésitations répétitives que l’on a pu voir de sa part au cours des dernières semaines furent très révélatrices. Les tergiversations du chef de l’ADQ ne dérangent en rien l’électorat puisque le Québécois moyen reste extrêmement difficile à sonder. Les analystes se perdent dans des prévisions toutes aussi futiles les unes que les autres mais le bon peuple, lui, agit un peu de manière instinctive, sans trop s’attarder aux détails. Le Dumont que l’on a pu voir sur nos écrans dernièrement en tient compte. Capable de réécrire un pan de son programme pour répondre à une simple question lors d’un point de presse. Incohérent ? On s’en fout, la majorité des gens ne suivent déjà plus de toute façon. Tout ce qu’ils voient c’est que Mario répond habilement à toutes les questions, en anglais comme en français ! Qu’importe ce qu’il dit, en autant que ce soit de manière décontractée. Voilà ce qui plait au Québécois moyen, quelqu’un d’habile mais qui n’accorde pas trop d’attention à l’idéologie. D’ailleurs, bien peu de gens seraient capables de vous nommer plus de deux volets du programme adéquiste. Triste mais vrai. Le programme n’est pas important. Le Québécois moyen se fout de la politique, alors il votera pour le gars qui semble s’en foutre lui aussi ! Et Dumont canalise bien ce désabusement envers la politique en général.

Au fin fond des choses, Dumont représente bien l’ambiguïté dans laquelle nous nous plaisons depuis plus de 20 ans. Pas trop sûr de ce qu’il veut, tout comme nous. Un peu oublieux de sa gauche et de sa droite. Je vous le dis, Mario Dumont a des chances de devenir premier ministre parce qu’il a su comprendre le Québécois moyen de ce moment. Et même si la définition de Québécois moyen évolue dans le temps, vous pouvez être assurés que le fin nez de Monsieur Dumont va lui permettre de nous suivre. Comme le chien qui piste le gibier, Mario va finir par trouver un moyen d’aller chercher votre vote.

C’est fort ! On a un pitbull comme premier ministre, un caniche comme chef de l’opposition et un chien pisteur qui vient allègrement piger dans leurs gamelles respectives. On dit que le peuple a les dirigeants qu’il mérite… Vive la race canine !




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

Le Polyscope en PDF+