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Politiquement vôtre

En cette période de mi-session, suffisamment perturbante par la démultiplication des examens et des devoirs, l’actualité politique me donne un arrière-goût dans la gorge : un mélange de bile et d’oeufs pourris. J’ouvre chaque matin mon journal avec un tremblement dans les mains et une légère fièvre. « Qu’ont-ils donc à nous emmerder avec l’affaire des commandites ! », me dis-je avec dégoût. Et à y penser à tête reposée, face à mon écran, mes mains pianotant sur le clavier un petit air de l’éditorial écrit à la hâte, je me dis que cette réaction organismique est tout-à-fait justifiée.

Je m’explique. Tout le monde s’indigne que l’argent public puisse être gaspillé dans des intérêts personnels. On se fâche ouvertement qu’on eût pu, dans les sphères du pouvoir, mépriser les citoyens et profiter des latitudes qu’offrent les plus hautes fonctions de l’État pour s’enrichir, permettre aux amis de s’enrichir, et ce sur le dos du peuple.

Ces répliques et accusations sont bien jolies, et qui aurait de la difficulté à reconnaître la légitimité d’une telle position ! sinon moi. Pour ma part, je serais fort tenté de suivre le mouvement populo-médiatique et crier à l’unisson avec les différents groupes d’intérêt qui voient dans cet imbroglio inespéré l’occasion de tirer les marrons du feu. Car après tout, il arrive souvent que le mal profite au bon, et chacun essaie bravement d’en tirer profit. Quant au quidam du peuple qui lit La Presse ou le Journal de Montréal, il n’y a là qu’un amusement passager, comme dans toute nouvelle de l’actualité. Celui-ci est plus savoureux que les précédents, car il touche à l’imaginaire collectif, celui du droit de tous, celui de la démocratie.

Voilà justement où je vois le mal. Ce que tous et chacun appellent la démocratie n’est pour moi qu’un simulacre de la chose et, surtout, d’un point de vue strict et rigoureux, tout à fait l’opposé. Nos systèmes politiques s’apparentent plus souvent au modèle de Hobbes qui veut que « le pouvoir de tous soit remis entre les mains d’un groupe de personnes et que ces derniers garantissent la paix, contre la guerre de tous contre tous », qu’à celui de la Grèce Antique.

Aussi, et de fait, il n’y a pas de droit dont on puisse se prévaloir à ce chapitre, et les détenteurs du pouvoir sont libres de leurs mouvements (ce qu’ils prouvent par leurs actes) aussi longtemps qu’ils nous garantissent (ou fichent) la paix. Notre désir de paix est d’ailleurs indéniable. Les mandats succesifs brigués par les libéraux ont quelque chose de similaire avec ceux du dictateur tunisien Ben Ali.

Il est par conséquent inutile de chercher à pointer du doigt les groupes responsables de la situations (les libéraux, selon le Bloc, les Québécois selon d’autres), mais à identifier le mal là où il se trouve, i.e. dans le système. Il est d’autres façons de concevoir la démocratie,la vie collective et le partage des droits et devoirs, aucunement semblables à celle que nous adoptons. En attendant, notre tribu demeure le consumérisme batard, le bavardage et la gesticulation et nous nous offusquons faussement au moindre « scandale », complaisance de l’ignorance.

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