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Mettre le feu à Poly

Exténué, au bord de la dépression nerveuse et de la fatigue extrême, l’étudiant de Poly vit pleinement une mi-session tout ce qu’il y a de plus normal dans l’univers infernal de l’École Polytechnique. Entre l’envie irrésistible d’aller pique-niquer sur l’autoroute et celle d’appeler un psy pour essayer de résoudre ses problèmes alambiqués, l’étudiant ne sait où donner de la tête entre intras successifs, devoirs à remettre et laboratoires à valider, et perd très vite les pédales. Aussi ne nous étonnerons-nous pas de lire dans la vie étudiante (cf. page 14) de cette semaine une invitation courtoise pour une consultation psychologique, s’adressant principalement aux jeunes nouveaux qui s’apprêtent à découvrir avec émerveillement pourquoi la semaine de lecture s’appelle semaine de lecture…

Mais la question à 1000$ est de savoir pourquoi on travaille autant à l’École Polytechnique. Quand on se compare aux étudiants du campus de l’Université de Montréal, on se sent très mal lotis. La différence ne réside pourtant pas uniquement dans le type d’études poursuivies ici. Autrement dit, ce n’est pas le génie qui fait la différence, c’est peut-être même tout son contraire.

Il est un fait avéré que la charge de travail à Poly est beaucoup plus imposante qu’ailleurs, incluant les autres facultés de génie du Québec. Il devient du coup difficile de comprendre pourquoi elle l’est autant, surtout quand on réalise qu’une telle quantité de stress et de travail combinés ne constitue pas la garantie d’une bonne formation.

D’ailleurs, plusieurs comités d’évaluation ont été mis sur pied pour mesurer la charge de travail des étudiants et pouvoir lui trouver des solutions valables. Ce travail de Sisyphe est toujours en cours, et nous n’en connaîtrons pas les résultats avant un moment. Néanmoins un des faits marquants qui entourent ce dossier est le fréquent étonnement des professeurs d’apprendre son importance.

Si la combinaison des trois chiffres décrivant les cours est complètement illusoire, il demeure tout de même important d’essayer, autant que faire se peut, de respecter dans une proportion raisonnable les limites de ces trois chiffres. Autrement dit, collectionner les devoirs, les intras, les laboratoires et les projets n’est pas une affaire de goût pour l’étudiant, mais bien une réalité qui n’est que le reflet d’un manque de concertation et de communication à différents paliers de cette grande machine de l’éducation que représente l’École Polytechnique.

On ne s’étonnera donc pas de constater qu’il y ait un important taux d’absentéisme aux examens, que les étudiants travaillent en groupes et plagient souvent les travaux des sessions antérieures. C’est la loi du plan D qui est formellement appliquée, et ce n’est pas là une question de malhonnêteté ou de probité outragée, il s’agit simplement pour l’étudiant de sauver sa peau. Sauver sa peau dans un environnement qui est foncièrement agressif, exténuant et qui pousse au bout de la fatigue. D’où l’importance d’ouvrir le débat et de revoir certains standards qui font qu’aujourd’hui, l’étudiant n’a que l’envie de mettre le feu à Poly et de partir en relâche.

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