Logo Le Polyscope
De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.
Publicité:

Mettre le feu à Poly

Exténué, au bord de la dépression nerveuse et de la fatigue extrême, l’étudiant de Poly vit pleinement une mi-session tout ce qu’il y a de plus normal dans l’univers infernal de l’École Polytechnique. Entre l’envie irrésistible d’aller pique-niquer sur l’autoroute et celle d’appeler un psy pour essayer de résoudre ses problèmes alambiqués, l’étudiant ne sait où donner de la tête entre intras successifs, devoirs à remettre et laboratoires à valider, et perd très vite les pédales. Aussi ne nous étonnerons-nous pas de lire dans la vie étudiante (cf. page 14) de cette semaine une invitation courtoise pour une consultation psychologique, s’adressant principalement aux jeunes nouveaux qui s’apprêtent à découvrir avec émerveillement pourquoi la semaine de lecture s’appelle semaine de lecture…

Mais la question à 1000$ est de savoir pourquoi on travaille autant à l’École Polytechnique. Quand on se compare aux étudiants du campus de l’Université de Montréal, on se sent très mal lotis. La différence ne réside pourtant pas uniquement dans le type d’études poursuivies ici. Autrement dit, ce n’est pas le génie qui fait la différence, c’est peut-être même tout son contraire.

Il est un fait avéré que la charge de travail à Poly est beaucoup plus imposante qu’ailleurs, incluant les autres facultés de génie du Québec. Il devient du coup difficile de comprendre pourquoi elle l’est autant, surtout quand on réalise qu’une telle quantité de stress et de travail combinés ne constitue pas la garantie d’une bonne formation.

D’ailleurs, plusieurs comités d’évaluation ont été mis sur pied pour mesurer la charge de travail des étudiants et pouvoir lui trouver des solutions valables. Ce travail de Sisyphe est toujours en cours, et nous n’en connaîtrons pas les résultats avant un moment. Néanmoins un des faits marquants qui entourent ce dossier est le fréquent étonnement des professeurs d’apprendre son importance.

Si la combinaison des trois chiffres décrivant les cours est complètement illusoire, il demeure tout de même important d’essayer, autant que faire se peut, de respecter dans une proportion raisonnable les limites de ces trois chiffres. Autrement dit, collectionner les devoirs, les intras, les laboratoires et les projets n’est pas une affaire de goût pour l’étudiant, mais bien une réalité qui n’est que le reflet d’un manque de concertation et de communication à différents paliers de cette grande machine de l’éducation que représente l’École Polytechnique.

On ne s’étonnera donc pas de constater qu’il y ait un important taux d’absentéisme aux examens, que les étudiants travaillent en groupes et plagient souvent les travaux des sessions antérieures. C’est la loi du plan D qui est formellement appliquée, et ce n’est pas là une question de malhonnêteté ou de probité outragée, il s’agit simplement pour l’étudiant de sauver sa peau. Sauver sa peau dans un environnement qui est foncièrement agressif, exténuant et qui pousse au bout de la fatigue. D’où l’importance d’ouvrir le débat et de revoir certains standards qui font qu’aujourd’hui, l’étudiant n’a que l’envie de mettre le feu à Poly et de partir en relâche.

Articles similaires

Services aux Étudiants: en avez-vous pour votre argent?

19 septembre 2008

À la fin de la session d’hiver passée, l’AEP (Association des Étudiants de Polytechnique) en collaboration avec l’AECSP (Association des Étudiants des Cycles Supérieurs de Polytechnique) lançait une campagne contre l’École. La campagne « 75$ par session, pas sans...

CCCP Beenox’88: Un succès sans précédent!

11 février 2008

Le samedi 19 janvier 2008, l’École Polytechnique a vécu un évènement spécial durant lequel 6 universités se sont disputées les premières places de la compétition de codage CCIP Bennox’08 organisée par IEEE-Poly. Après la réussite de la 1ère édition à l’université de Sherbrooke (CCIS Beenox), voilà que c’est au tour de Polytechnique de rééditer le succès avec la CCIP Beenox’08. Cette édition s’est démarquée par une organisation exceptionnelle qui a été fortement appréciée aussi...

Reprise du flambeau en génie géo

20 mars 2008

Par Pier-Olivier Fontaine C’est avec enthousiasme et fierté que nous vous présentons le projet : ALASKA 2008 : TERRE DE CHANGEMENTS Deuxième génération d’un projet initié en 2005 , Alaska 2008 : Terre de changements est organisé entièrement par des étudiants finissants en génie géologique. La géologie est une science naturelle qui s’appréhende vraiment au contact du terrain. C’est la raison pour laquelle la formation de l’ingénieur géologue de l’École Polytechnique comprend des camps...




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

Dans la même catégorie

Un conseil d’ami

12 janvier 2007

Par Thomas Thon En cette période de début de session, un important rappel doit être transmis aux nouveaux étudiants qui seront nombreux ce trimestre à chauffer les bancs des amphithéâtres de Polytechnique. Le conseil est simple : Ne critiquez jamais les institutions de l’École Polytechnique et encore moins son association étudiante! C’est mal. Même si vous vous heurtez à des situations ridicules, que vous notez un fonctionnement administratif absurde, taisez-vous, ne dites rien. Rappelez-vous...

La der des ders

25 mars 2011

Ce sont ces moments qui vous font voir le chemin parcouru. Une rétrospective éclairée. C’est aussi ces moments qui vous pointent du doigt ce qui a été manqué. Non il n’y aura pas eu d’entrevues avec Kent Nagano, ni avec David Suzuki et encore moins avec Barack Obama... Mais ce qui a été accompli aura dépassé toutes les attentes possibles d’en début d’année. Voici entre vos mains le dernier numéro régulier du Polyscope. Depuis...

Société technique : Poly eRacing

14 mars 2014

Propos recueillis par Maxime Callais Cette semaine, dans votre dossier sur les sociétés techniques, nous nous intéressons à Poly eRacing. Entrevue avec Simon Bellemare, Directeur électrique, et Jean-Philippe Carmona, Directeur communications et marketing. PQue fait votre société technique? RNotre société technique conçoit et fabrique une voiture de course monoplace 100 % électrique qui participe aux compétions parrainées par la SAE (Society of Automotive Engineers). Fondé aux États-Unis en 1978, ce réputé circuit international regroupe...