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L’homme, maître du destin?

Après un dimanche entier de lab. en logique II à Descelles, je suis remonté à Poly pour écrire ma chronique. Seulement, sur le chemin, au loin, que ne vois-je pas ? Un jeune se pencher, ramasser une toute petite ombre noire, l’observer et la reposer délicatement. Il fut suivi un petit homme discret en costume qui marchait bien le long de la ligne avec un petit parapluie au manche très fin croché au bras. Au même niveau, l’homme ralentit tout en regardant cette ombre puis s’accroupit et la prit lui aussi. Il va la reposer me dis-je tout en m’approchant et en cherchant à identifier la forme.

Un oisillon immobile. Entre ses délicats doigts, l’homme fit de sa main un nid temporaire pour le malheureux. Il reparti avec, toujours so british… J’aurais voulu lui dire merci mais je n’ai pas osé. Je n’ai pas osé lui dire qu’il avait mieux fait que son prédécesseur : Il y avait trois façons de réagir à ce problème. De deux choses l’une : soit l’on croit pouvoir l’aider, soit on le croit pas. Si l’on le croit, plus de problème, on réagit comme ce gentleman, on prend l’oiseau chez soi pour le nourrir. Sinon, de deux choses l’une, soit l’on considère que son cas peut s’améliorer, soit l’on ne le croit pas. Si l’on le croit, plus de problème, on laisse l’oiseau sur le trottoir s’arranger comme il peut. Si l’on le croit pas, là seul existe un problème de conscience. Faut-il l’euthanasier et vivre avec le souvenir de son bec contre notre chaussure ou bien le laisser avec le remord de sa lente agonie ?

Évidement, tout dépend de la vision de chacun et de ses moyens techniques. Un imaginatif l’écraserait sûrement de peur de ne pouvoir dormir s’il repense à l’oiseau mourrant de faim, soif et froid pendant des jours. Un romantique le laisserait sûrement agoniser de peur de laisser des traces de sang sous ses pas jusqu’à la fin de sa vie. Un gars en tongs le laisserait sûrement de peur de créer une souffrance trop longue et trop intense parce que ses moyens ”médicaux” ne soient pas assez rapide. Un gars en bottes de l’armée l’écraserait sûrement en pensant au poids de ses ressources. Les seuls gars vraiment embêtés seraient les romantiques en bottes de l’armée mais, vu leur nombre, on peut négliger ce cas…

La polémique sur l’euthanasie réside sur cette subjectivité, sur le fait que l’on ne peut faire confiance à la conscience personnelle de tous pour résoudre individuellement ce genre de sujets. Sur le fait que tous ne possèdent pas les mêmes moyens pour agir. Quand un cas est désespéré en Afrique, il ne l’est pas toujours en occident. Comment créer une règle générale puisque nous ne fonctionnons pas sans ? Comment résoudre un problème continu (une petite variation des données n’entraîne qu’une faible variation du résultat) quand le résultat ne peut être que binaire ? La réponse est que l’on ne peut pas sans se tromper, même si l’on se fie aveuglément à l’avis à du malade. Voilà pourquoi peu de sociétés autorisent l’euthanasie. Il existe cependant un point où je comprend moins la logique de mes frères de sang. Beaucoup d’états autorisent certains hommes de choisir le destin d’hors-la-loi par la peine de mort (avec des moyens plus ou moins long) tout en refusant le droit universel du choix de son propre destin.

Moralité 1 : La mort de chacun est une question d’opinion.

Moralité 2 : La mort des autres est une question de vengeance justifiée par la loi.

Moralité 3 : La mort de chacun est aussi devenue une question de justice.

Moralité 4 : C’est la mort qui serait surprise de savoir qu’elle n’est pas toujours légale.

Moralité 5 : C’est mon prof de logique II qui serait surpris de savoir où ses labos peuvent nous mener…




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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