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Chirac ou les intérêts planétaires

Accolade fraternelle avec Gerhard Schröder, mise en abîme des propos du président Bush et entêtement sérieux, le président Chirac n’a jamais lésiné sur les moyens pour tenter vainement de singer le général de Gaule, figure emblématique d’une France républicaine forte, qui tente désespérément aujourd’hui de retrouver, sur la scène politique internationale, la haute stature d’antan.

La porte du XXIe siècle s’est ouverte avec fracas. Dès l’instant où les tours jumelles s’effondraient, le monde faisait face à une ère nouvelle. Et son avènement requérait la remise en cause de toutes les structures régissant le monde, de toutes les constantes fortes qui en constituaient les fondements.

L’une des premières cibles furet les structures décisionnelles au plan international. Les Nations Unies devenaient une institution bidon où quelques diplomates en mal d’expériences fortes perdaient leur temps. Les décisions d’importance, telles que la relance de l’époque coloniale, se faisant dès lors hors des murs de l’enceinte de l’ONU.

Le combat du président Chirac pour un monde multilatéral est-il celui d’un chef d’État contre l’évanescence d’une institution incontournable ? Est-ce que la vibrante intransigeance de Jean Chrétien quant à la nécessité d’une concertation internationale est la répropation d’une nation voisine des États-Unis du nouvel ordre mondial, celui qui permet aux gouvernements de renverser l’autorité gouvernante d’un pays souverain, d’exiler ses représentants ou de les assassiner ?

Le propos de Jacques Chirac semble sans équivoque : « Il n’y a pas d’alternative aux Nations Unies (…) le multilatéralisme est essentiel (…) est efficace (…) est moderne. » Il est néanmoins étonnant de constater que lorsqu’il s’agit de l’Irak, de la Palestine ou de l’Afghanistan, ce multilatéralisme, lorsqu’il s’exprime, réunit quelques voix fortes, et uniquement elles, celles des pays riches, ceux qui forment le G8. La sécurité internationale est une question de fond, à laquelle le président français trouve une solution en demandant de réfléchir à l’idée de « prélèvements internationaux de solidarité, taxation sur les richesses engendrées par la mondialisation ». En d’autres termes, Chirac tient le même propos que celui avancé par Jean Chrétien récemment à l’ONU, et celui qu’il a eu la maladresse d’énoncer ouvertement pour expliquer le phénomène de la violence mondiale que traduit le concept nébuleux de « terrorisme » : l’écart entre riches et pauvres. Car en fin de compte, le WTC, ce n’est qu’un effet indésirable de la mondialisation, le crash contre les tours n’étant qu’une matérialisation du choc des cultures, de la confrontations des différents intérêts, notamment ceux qui opposent les plus riches aux plus pauvres.

Le multilatéralisme dont parle Chirac n’est pas celui qui devrait être discuté dans l’enceinte d’une institution qui a pour projet de regrouper les différentes représentations gouvernementales mondiales. Elle appelle au partage de l’autorité planétaire par une poignée de nations fortes, encore plus avides de jouir des ressources du Tiers-Monde, d’ouvrir ses marchés et de les dépecer. Chirac, en ce sens, ne propose rien de meilleur que Bush qu’il feint pourtant de réprouver.

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