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Colonne éditoriale

La semaine passée, je faisais irrévérence en lançant en queue de poisson un sujet que je survolais vaguement. Les contraintes extérieures faisaient en sorte que j’étais limité en longueur, et j’ai tâché de résumer du mieux qu’il m’était donné de le faire. Encore une fois, je me retrouve un peu serré, mais je vais simplement éviter de faire trop de digressions, et finir une introduction déjà trop longue.

Charest, ce bon vieux démagogue qui a pris d’assaut la tour gouvernementale, nous a sorti un beau ramassi de fioritures littéraires dans les colonnes des journaux il y a environ deux semaines. Ce chantre de la réingénierie nous louait d’une voix mélodieuse les exigences du XXIe siècle, avec l’avènement des nouvelles technologies et des réalités d’un monde globalisé, soulignant de fait qu’un nouveau modèle s’appliquait à l’État. Il en venait à dire par là même que les acquis de la société québécoise ne sont pas niés, ni même dénoncés, mais simplement remis au goût du jour.

Charest ne se tromperait pas dans sa didactique intervention si nous voulions bien le croire et prendre note des exemples venus de l’extérieur des frontières du Québec. Il suffit de regarder en direction du vieux continent pour se rendre compte que les gouvernements de ces pays, majoritairement de droite, réforment l’État et son implication sociale. Mais la question que je me pose, c’est celle de savoir s’il y a effectivement une relation de cause à effet qui lie indubitablement le développement des technologies de l’information, la mondialisation et l’ouverture des marchés, et l’impératif de réformer l’État. Dans la lettre de Charest, il n’y a aucun lien qui prouve la chose. Charest l’énonce mais ne la démontre pas. D’ailleurs, à mon humble avis, il s’en contre-fout. S’il y avait vraiment raison de s’inquiéter à ce chapitre, je ne crois pas que d’éminents cerveaux adhèreraient à l’UFP. Le genre de personnes, vous savez, qui cumulent les études détaillées et qui connaissent leurs dossiers à fond. Pas le genre de types frisés qui ne savent pas qui est désigné du titre « Premier ministre » au Québec… et qui plus est répète des concepts creux auxquels personnes ne croit. Ce que partagent les gouvernements de droite et le gouvernement libéral-conservateur du Québec, c’est avant tout l’idéologie. Tout le reste n’est que littérature, mensonges et démagogie. Aussi, il est important de dire à quel point les réformes amorcées tambour battant mènent inévitablement vers la ruine. Éloigner l’État de sa mission sociale, c’est tourner le dos aux citoyens qu’il doit servir, pour servir les gros portefeuilles. Et là, TI ou pas, on fait une grossière erreur.

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