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In Gold We Trust

Si nous en sommes encore aujourd’hui à nous demander quels sacrifices supplémentaires, Georges sera-t-il prêt à consentir dans sa quête pacificatrice et progressiste en Irak, c’est que nous n’avons pas encore saisi la nature et la dimension de l’homme. Oui, nous sommes passés à côté de la plaque. Si Georges veut notre bien, et bien il l’aura coûte que coûte.

S’il faut se débarrasser des singes aux bouches d’or enturbannés qui ne cessent de vociférer à tue-tête « mort à l’Amérique » et de prêcher le martyr à tout ce qui passe à la portée de leur souffle nauséabond, Georges s’en occupera. S’il faut rajouter des victimes supplémentaires à la longue liste des chanceux qui ont reçu en primeur le souffle enlevant des bombes à fragmentation, il veillera personnellement à ce que leur voyage vers l’autre monde se fasse avec tout le confort imaginable. Et même s’il faut réclamer au Congrès une rallonge budgétaire de 87 milliards de dollars pour l’Irak et l’Afghanistan, Georges n’hésitera pas une seconde. Il a déjà dépensé 73 milliards rien que pour l’Irak, une bagatelle ! Avec cette somme, aux États-Unis, 750 000 logements sociaux pourraient être construits, 22 millions d’enfants pourraient bénéficier d’une année complète d’assurance maladie, 13 millions d’automobiles pourraient être converties au fonctionnement au gaz naturel, plus d’un millions d’étudiants auraient la possibilité de payer leur frais de scolarité pour quatre ans d’université[Pour connaître les coûts de la guerre d’Irak en temps réel ( !), rendez vous au [site sympathique ]].

Non, rien ne pourra l’empêcher de poursuivre son combat contre les forces du mal qui veulent ébranler la volonté du monde civilisé. Car, comme il le dit lui-même, trois objectifs doivent être réalisés en Irak : anéantir les terroristes, rassembler le soutien d’autres pays pour créer un Irak libre et aider les Irakiens à assumer la responsabilité de leur propre défense et de leur avenir. Nous pourrions être d’accord avec lui, si nous n’avions trois objections à lui formuler.

Premièrement : de quel terrorisme est-on en train de parler ? Celui qui est suscitée par la présence de troupes américaines et britanniques en Irak ? Pour l’anéantir, pas de problème ; qu’il commence par retirer ses troupes de l’occupation, on verra déjà plus clair. Étrange coïncidence, les deux seules entités suffisamment structurées pour prendre, momentanément ou définitivement, les rênes du pouvoir en Irak, à savoir l’ONU ou les ayatollahs barbus disciples de Khomeiny, ont été ciblés dernièrement par des attentats spectaculaires, à Bagdad et Nadjaf, qui ont causé plusieurs dizaines de morts. Est-ce un avertissement pour dire que Washington ne compte pas lâcher le morceau ?

Deuxièmement : comment appeler le soutien d’autres pays (autrement dit l’ONU mais particulièrement la France, l’Allemagne et la Russie, hostiles à la guerre) alors que les États-Unis ont allégrement piétiné tous les règlements et toutes les résolutions de l’ONU allant dans le sens contraire de leurs objectifs économiques et militaires en Irak. Maintenant que Georges veut faire baisser le taux de mortalité des GIs, victimes des milices rebelles, les soldats français, allemands et italiens ne seront pas de trop pour faire la sale job en compagnie des anglais.

Troisièmement : Georges veut aider les irakiens à assumer la responsabilité de leur propre défense et de leur avenir. On veut bien le croire. Ce ne sont pas les milliers de morts des deux guerres du golf qui viendront le contredire, puisque c’était le prix à payer. Mais voilà un peuple riche de 3000 ans d’histoire qui a vécu maintes et maintes occupations et évasions à travers les temps (Assyriens, Perses, Arabes, Mongoles et Britanniques) et qui est toujours là, prêt à se défendre pour les millénaires à venir. Peu importe les humiliations, les avanies et les coups durs encaissés, ce ne sont ni des prêcheurs illuminés ni des potentats de pacotilles à la Saddam qui pourront étouffer cette soif de liberté qui est inhérente à tous les peuples.

En fait, la meilleure chose à faire pour Georges et ses sbires, serait de sagement plier bagage et de rapatrier leurs troufions, de rester tranquillement devant leur télé à grignoter des pretzels ou jouer au golf tandis qu’une mission de l’ONU s’occuperait d’aider à remettre sur pied les infrastructures industrielles, les universités, les ponts et les hôpitaux que les bombes ont détruits et de faire en sorte que les irakiens choisissent eux-mêmes leurs dirigeants, car remplacer la dictature de Saddam par celle des multinationales, du FMI et des marionnettes parachutées par Washington et Londres n’est pas du tout une solution.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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