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Valorisation de l’enseignement

Jeudi prochain, le 18 mars, Monsieur Pierre Lafleur, Directeur des Études à l’École Polytechnique, animera un débat-midi sur la valorisation de l’enseignement à l’École. On comptera parmi l’assistance de nombreux représentants de la communauté polytechnicienne, notamment les étudiants, les professeurs et les chargés de cours.

C’est là une dépêche qu’envoie au journal l’association des étudiants (l’AEP). Il est intéressant d’en discuter en éditorial, car le sujet mérite l’attention de tous et il demeure brûlant d’actualité puisque les chargés de cours de l’Université Laval réclamaient récemment une hausse des salaires.

La problématique qui est au coeur de cette intervention aux yeux des organisateurs est, à mon avis, le résultat d’une politique institutionnelle qui s’est établie durant les 30 ans de la récente histoire de l’École Polytechnique et qui veut que tout professeur de l’école ait l’obligation de mener des travaux de recherche en parallèle de son activité d’enseignement. Passant d’une politique incitatrice à la recherche, l’École a très vite pris le pas des autres universités nord-américaines en pratiquant la contrainte. La dynamique même de l’enseignement s’est ainsi modifiée, de même que le rythme professionel des professeurs puisque l’institution se targue aujourd’hui d’être l’une des premières institutions universitaires au Canada quant aux subventions perçues par professeur-chercheur.

Il serait facile de conclure rapidement en déclarant qu’un professeur qui se consacre à ses travaux de recherche (et par là même à son activité de formation des jeunes chercheurs) néglige l’enseignement. De là l’expliquation de l’origine des problématiques que partagerait l’École avec de nombreuses autres facultés où cette activité essentielle, hier primordiale dans la vie d’un professeur universitaire, devient le parent pauvre dont le lourd tribut est payé par les étudiants (à qui l’on consacre peu de temps et d’attention) et les chargés de cours (peu rémunérés, vivant la précarité de l’emploi).

Cette vision est cependant limitée car dans les faits, l’École s’est dotée de structures incitant les professeurs à produire des notes de cours (et parfois même des ouvrages de référence) de même qu’elles offrent la latitude au corps enseignant (incluant les chargés de cours) d’implanter des programmes d’encadrement dédiés aux étudiants ou des projets jugés pédagogiques.

Il serait tout aussi faux, pourtant, de prétendre qu’il n’y a pas de problème. Le tout est de savoir quelle en est l’envergure, et quelles sont les différentes perceptions parmi la communauté. Rendez-vous donc jeudi prochain, au 12h30 à 14h30 local A-416 pour en discuter et en savoir davantage.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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