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Le syndrome de la petite cabane

Ou de la petite clique, ou de la petite gang, appelez ça comme vous voulez. Qu’est-ce que c’est ? C’est une dizaine de personnes qui prennent des décisions importantes en votre nom, mais que vous ne connaissez pas et qui ne vous connaissent probablement pas non plus. C’est une dizaine de personnes qui sont marginalisées, méprisées, voire même rejetées. Pas facile d’être administrateur à l’AEP, hein ?

Évidemment, j’exagère plus que jamais. Les administrateurs, pris individuellement, ne sont pas des étudiants asociaux, loin de là. Par contre, ne perdez pas trop de temps à chercher quelqu’un qui raffole de cette instance décisionnelle de notre association qu’est le CA (mais si vous trouvez quelqu’un qui l’aime assez pour y siéger, prière de l’envoyer au C-215). Avec un peu de chance, pour près de 3000 étudiants, le concept de CA de l’AEP est une notion au moins aussi floue que les célèbres fonctions spéciales si chères aux étudiants de génie physique : on sait que ça existe et on s’imagine que ça sert à quelque chose. Pour les 500 autres étudiants du baccalauréat qui s’impliquent à divers degrés dans la vie étudiante, ou bien on ne tient pas à en savoir davantage, ou bien on les désigne comme les méchants qui ont coupé la rubrique de matos (sorte de bons d’achat chez Sodexho qui sont donnés aux impliqués) du comité X.

Vous comprendrez donc que, à chaque année, tous les moyens sont bons pour garder les administrateurs de l’année précédente en poste et, au cas où ils en auraient leur voyage, pour en trouver des nouveaux. Ainsi, au cours des prochaines semaines, l’exécutif et le comité d’élections vont achaler tous les étudiants qu’ils connaissent pour qu’ils se présentent sur le CA, il va y avoir plein d’affiches partout, un envoi massif de courriels, des articles et publicités dans le journal, etc., tout ça dans l’espoir de remplir tous ces postes très enrichissants, mais quelque peu ingrats et parfois pas commodes.

Pourquoi emmerder autant de personnes plutôt que de rendre ces postes attrayants ? Après tout, c’est très intéressant d’être au courant de ce qui se trame à Poly et d’avoir son mot à dire. Mais pas quand on est collé un jeudi soir sur deux à se taper une réunion de quatre heures, si tout va bien. Comment des CA qui brassent pas mal plus de bacon que celui de l’AEP arrivent-ils à fonctionner en ne se réunissant qu’une fois par mois ? En faisant confiance aux instances qui se sont penchées sur les dossiers avant eux, en ne refaisant pas tout le travail de tout le monde tout le temps, en prenant des décisions plutôt qu’en se demandant quoi faire sur tel dossier dont personne n’a pris connaissance parce qu’il n’a été envoyé que la veille, etc. ? Mais nous, nous ne sommes que des étudiants, des bénévoles, il ne faut pas trop en demander… Alors pourquoi le CA ne s’accorde pas des vrais su-sucres (les matos, ça ne compte pas) : des activités de fraternisation entre administrateurs (histoire qu’ils ne se voient pas uniquement aux deux semaines pour s’obstiner), des ateliers plus intéressants que « Proposition Dilatoire 101 », un quasi-congé pendant l’été… ?

D’ailleurs, parlons-en de l’été. Dans le Polyscope de la semaine dernière, le président d’élections y est allé d’un texte personnel sur le dernier scandale du CA, peut-être dans l’espoir de susciter les mises en candidatures pour les 16 postes de conseillers qui seront mis en élections sous peu. Dans cet article, il dénonçait le nouveau « quorum d’été », permettant au CA d’avoir lieu en présence de 60% des membres élus. Il y a donc eu des réunions à 11 personnes (un exécutif élargi quoi…), comme il aurait pu y en avoir à une personne avec une règle pareille. Pourquoi cette nouvelle règle arrive-t-elle maintenant ? Bof, les étudiants ne s’intéressent pas assez au CA, il y a trop de postes vacants, trop d’administrateurs qui préfèrent un BBQ à une réunion d’au moins quatre heures, trop qui rentrent en France ou ailleurs, etc.

Foutaises ! Les problèmes de représentativité du CA, particulièrement pendant l’été où la plupart d’entre nous n’avons surtout pas envie d’entendre parler de Poly, ça ne date pas d’hier ! Au cours des trois années précédentes, l’élaboration d’un calendrier d’été permettant de se réunir à peine une fois par mois a été un casse-tête à chaque fois, on perd quelques conseillers au début de l’été à chaque fois et il y a au moins un membre de l’exécutif qui démissionne en cours de mandat, ou même avant, à chaque fois. Alors pourquoi fait-on des putains de réunions pendant l’été si c’est tellement compliqué ? En mai-juin, les membres du nouvel exécutif entrent en fonction, reçoivent la passation de leurs prédécesseurs, quelques dossiers sur lesquels le CA a généralement déjà donné son avis se finalisent ou se poursuivent ; en juillet, Polytechnique meurt ; en août, Polytechnique se réveille dans l’effervescence des préparatifs pour la rentrée et tout le monde court partout. Alors pourquoi faire des réunions pendant l’été si on n’a personne pour y assister ? Pour adopter le budget en juillet ? Mais il n’y a personne pour l’adopter ! D’autant plus que, cet été, le CA est passé à un cheveu de l’adopter quelques heures avant l’heure à laquelle la réunion avait été convoquée !

Le fonctionnement de l’AEP force le CA à adopter un budget temporaire pendant l’été (l’année fiscale débute le 1er mai, et le nouveau trésorier ne s’amuse généralement pas à couler ses examens juste pour comprendre les 40 pages du budget et en produire 40 autres avant le 30 avril, donc un budget temporaire couvrant les dépenses de l’association jusqu’à la fin juillet est voté), alors pourquoi ne pas adopter un vrai budget d’été, pour TOUT l’été et la rentrée, plutôt que de choisir une solution facile mais controversée de quorum réduit qui, loin de favoriser la transparence, donne la fausse impression que l’AEP et son CA, c’est une petite clique dans sa petite cabane qui s’amuse à faire ses petites règles pour mener son petit monde ? Dire que l’été du CA pourrait ressembler à quelques camps d’orientation, un camp de préparation du budget… et pourquoi pas un BBQ bien arrosé. Et surtout bien mérité.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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