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De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.

Christian F. Arsenault

Christian F. Arsenault, diplômé en 1993, est le plus jeune représentant de l’Ordre des Ingénieurs du Québec ; il y occupe les postes de VP aux finances et trésorier. Outre l’implication qui prend une place considérable dans son quotidien, il agit à titre de Vice-président conseiller en placements chez Demers Conseil inc.

Je crois savoir que vous êtes très impliqué dans l’Ordre des Ingénieurs du Québec ?

En fait, je suis VP aux finances et trésorier de l’OIQ. Il s’agit d’un mandat d’administrateur de 3 ans, que j’occupe depuis près de 2 ans. Sur le comité administratif, il y a le président et trois VP qui sont élus pour des mandats similaires. Je suis d’ailleurs le plus jeune en fonction à l’OIQ.

Au niveau de la charge de travail, l’implication à l’Ordre me demande environ une dizaine d’heures par semaine ; c’est probablement la vice-présidence la plus exigeante en terme de temps d’ailleurs. Je préside le comité des finances ; à chaque année, je présente le rapport annuel aux membres de l’Ordre. Avant la présentation, il faut procéder au suivi à chaque trimestre des résultats, rencontrer les vérificateurs en fin d’année, mais aussi, faire des recommandations en ce qui a trait au montant de la cotisation des membres. C’est exigeant, mais fort intéressant. Le budget de l’Ordre est de plus de 10 millions annuellement. L’Ordre a plus de 80 employés permanents et une série d’employés temporaires. Avec ses 47000 membres, c’est la 2e plus grosse Ordre professionnelle au Québec, après l’Ordre des Infirmières et Infirmiers du Québec (64000 membres). Il s’agit d’une très grosse organisation.

Pour se présenter comme ingénieur, il faut être membre de l’Ordre des ingénieurs. Je vous invite d’ailleurs à vous inscrire à l’Ordre après votre graduation.

Avant de vous impliquer à l’Ordre, vous vous êtes aussi impliqué ailleurs…

Oui. Pour être élu sur un comité de l’Ordre, il faut être un peu connu par la communauté des ingénieurs. J’avais précédemment été président des jeunes diplômés à l’Association des Diplômés de Polytechnique. Ensuite, je me suis impliqué à la Fondation ; j’ai été administrateur, secrétaire et trésorier. Jusqu’à l’an dernier, je siégeais aussi sur le CA. Au niveau de la Fondation, je continue d’ailleurs à m’impliquer : à chaque année, j’organise un dîner pour le président de Polytechnique servant à financer entre autres, des bourses aux étudiants.

Aussi, je suis VP du Conseil de Gestion Férique. Gestion Férique, qui offre des régimes individuels de retraite pour les ingénieurs avec un actif de plus de 890 millions : c’est exclusif aux membres de l’Ordre et 18000 ingénieurs en font partie.

Votre implication a-t-elle débuté à Polytechnique ?

Je m’y suis 2 ans dans le toboggan de béton en génie civil. À l’époque, le département était le plus important à Polytechnique. J’ai aussi toujours été un grand sportif.

Pourquoi vous êtes-vous impliqué au départ ?

L’implication te permet de rencontrer des gens intéressants. Elle te prépare à siéger sur des conseils d’administration ; on en apprend énormément sur le côté formel des discussions, les procédures, les minutes de parole, etc.

Quel est votre cheminement depuis Poly ?

Je suis diplômé de mai 1993. 1993 a été une année difficile pour le génie civil.

(D’ailleurs, au moment de mon choix de carrière, le génie civil allait bien ; en 4 ans, tout peut changer et c’est ce qui est difficile au moment de faire son choix.)

J’ai travaillé comme ingénieur junior pendant 2 ans et demi : j’ai eu des projets à la Ville de Saint-Bruno, chez Vidéotron Télécom et chez un entrepreneur général, exploitant d’immeubles.

Le fait que le génie civil n’allait pas bien m’a fait me précipiter vers les finances ; j’ai suivi des cours aux HEC, à la Bourse de Montréal pour acquérir des connaissances additionnelles en valeurs mobilières, en administration, en finances, soit des domaines qui m’ont toujours intéressés.

Au cégep, j’avais fait 2 inscriptions : une à Poly et une aux HEC ; j’ai choisi Poly, mais je travaille désormais dans le milieu de la finances. Je continue de suivre des formations reliées aux finances ici à l’interne de la compagnie.

Maintenant, je ne pratique plus le génie comme tel ; cela fait 8 ans que je travaille pour Demers Conseil inc., qui effectue de la gestion de portefeuilles pour les particuliers, dont les ingénieurs.

Quels sont les avantages de la formation en génie dans votre domaine ?

D’abord, on sait compter, donc on fait peu d’erreurs de calculs financiers. On sait aussi utiliser les logiciels informatiques.

La formation à Poly nous habitue aussi à travailler fort et on y apprend une méthodologie efficace.

Cependant, ce qui manque à notre formation, c’est le côté ventes et marketing, comme dans mon cas par exemple. On peut y remédier par de la formation continue et l’implication.

Je dirais que la formation de Polytechnique est une excellente base ; c’est un passeport, qui permet d’ouvrir bien des portes. Je n’ai d’ailleurs pas regretté d’avoir choisi Polytechnique plutôt que les HEC ; c’est même un avantage d’avoir fait mon génie dans le métier que j’exerce.

Quel conseil donneriez-vous aux étudiants qui voudraient suivre vos traces ?

Impliquez-vous, mais ne le faites pas au détriment de vos études. Essayez de garder un équilibre entre les deux. Aussi, impliquez-vous dans ce qui vous intéresse, sinon, ça ne sert à rien de le faire.

Pouvez-vous me dire quel est votre pire et votre meilleur souvenir de Polytechnique ?

Ma première année à Polytechnique a été forte en émotion ; bien sûr, le tronc commun demande beaucoup de travail, et j’ignore si c’est encore le cas aujourd’hui, mais il s’agissait de l’année d’épuration des étudiants. J’ai commencé mon bac en 1989, année de la tragédie du 6 décembre. Pour les étudiants qui y étaient, nous avons tous vécu un deuil en perdant des collègues, des amies. Chaque année, on a toujours des pensées pour les familles des victimes.

Mots-clés : B. Ing. ? (13)

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