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Journée mondiale conte le Sida

Un génocide avéré a gagné la surface de la planète, un génocide comme l’histoire n’en a jamais connu. Cette affirmation est forte, et d’autant plus forte aujourd’hui, quand on considère d’un oeil un tant soit peu attentif la situation mondiale du VIH/SIDA.

Chiffres : 42 millions de personnes atteintes du virus du SIDA, dont 29 en Afrique sub-saharienne. Il y a de quoi paniquer, surtout quand on constate d’une part la très forte vitesse de propagation de ce que l’on qualifie aujourd’hui de pandémie, et d’autre part l’inaccessiblité des soins, des soins pourtant existants et disponibles. Le problème est que la loi de l’argent a décidé du sort de la planète. La sacro-sainte intouchabilité des brevets impose le diktat du dollar et sacrifie la vie de millions de personnes. N’ayant pas la force monétaire nécessaire, le continent africain et une grande partie de l’Asie sont comdamnés à prendre leur mal en patience. Le prix des soins est simplement inabordable.

Notons que dans le cas des antirétroviraux, la proportion de ce que coûte un brevet sur le prix marchand des médicaments est facilement supérieur à 80%. Situation d’autant plus absurde que les seules arguments avancés pour défendre le droits des brevets, arguments classiques, sont l’avancement des sciences d’une part, et le financement de la recherche et développement (R&D). Les défenseurs de ces droits vont même jusqu’à prétendre que 70% du prix des produits vont pour financer la recherche et le développement…. Ce sont là des propositions bien difficiles à valider, pour différentes raisons.

D’abord, il suffit de considérer la situation factuelle du marché des produits pharmaceutiques. Une très forte concurrence impose aux compagnies d’investir d’énormes fonds pour le marketing et la publicité. En Amérique du Nord plus qu’ailleurs, les compagnies pharmaceutiques disposent de véritables légionnaires, des personnages mystérieux, appelés vendeurs, qui font du contact personnalisé avec les professionnels de la santé. Vous êtes sportifs, aimez le football, on ne manquera pas de vous envoyer un personnage bien musclé, qui connaît son historique des Alouettes par coeur. Vous êtes un peu macho, aimez les belles femmes, on vous enverra une belle demoiselle bien roulée, qui vous fera les yeux doux pour vous pousser à prescrire deux comprimés de la bonne firme.

Certes, il y a beaucoup de vérité quand on dit que les brevets permettent la libre circulation de l’information et la divulgation des découvertes scientifiques, et le monde pharmaceutique n’est pas à exclure. Mais ce que l’on néglige dans cette vision des choses, c’est toute la machine économique qui est derrière, et qui fait que sur le prix d’un produit, environ 70% part en marketing.

S’il ne s’agissait que de cure-rhume ou de pillules énergisantes, il n’y aurait rien à rajouter. Mais dans le cas déclicat du SIDA, dans un monde globalisé, le luxe de faire payer par les victimes le fonctionnement d’un système pourri est un luxe criminel. Certains pays, appuyés par des organisations comme Médecins Sans Frontière (MSF) se sont levés contre cette situation inique. Violant le droit des brevets, l’Afrique du Sud par exemple (pays où meurt aujourd’hui de 600 à 1000 personnes par jour du SIDA) déclarait il y a quelques années qu’elles ne pouvaient continuer à respecter ces droits et préférait soigner les personnes malades au détriment des droits impayés.

Il devient clair, et le cas de l’Afrique du Sud est un exemple criard, que cette situation ne peut plus durer. Il est critique pour nous comme pour les acteurs de cette industrie de poser clairement la question de la politique qui doit prévaloir dans la distrubution et la « commercialisation » des médicaments à l’échelle planétaire. L’exemple de la pelliciline avec Pasteur reflète bien l’idée qu’une invention ou découverte majeure qui a un impact direct sur la survie des hommes et des femmes à travers toutes les nations peut s’avérer être un outil de réussite, et non pas un vulgaire moyen d’enrichissement. La problématique est de mieux en mieux appréciée sur la sphère politique et l’opinion publique est de plus en plus sensibilisée à la question. Il n’en demeure pas moins qu’il est primordial, aujourd’hui comme demain, d’informer et de demeurer à l’affût de cette question fort sensible. L’objectif du journal, en offrant un petit dossier sur le sujet, était de permettre à tous et chacun d’avoir un aperçu de la situation. Le 1er décembre, journée mondiale du SIDA, nous ne resterons pas indifférents. Vous trouverez nos articles sur le sujet en pages 6 et 7. Bonne fin de session à tous et à toutes.

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*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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