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On en est où?

Faisons dans le décousu. Partons sur un patchwork inspiré de l’actualité, un retour sur l’actualité en fait. Plusieurs éléments alimentent une réflexion qui questionne les récentes évolutions de la situation fort inconfortable que nous vivons aujourd’hui.

Étudiants, nous demeurons à l’affût de ce qui se dira le lundi 15 septembre, date butoir imposée par la FEUQ et la FECQ au gouvernement Charest pour dévoiler les cartes de son jeu politique, et l’amener au vote d’une loi cadre garantissant le gel définitif des frais de scolarité. Inquiétées par la mise sur pied d’une commission parlementaire sur le financement des universités, les deux fédérations menacent de lancer un mouvement de très grande envergure, un événement historique. Le terme exact, celui du président de la FEUQ, Nicolas Brisson, étant en fait « la plus grande compagne du mouvement étudiant ».

Il y a en effet de bonnes raisons de s’inquiéter. Le gouvernement Charest semble lancé sur une voie dangereuse, dont le principe premier est de réduire les budgets, d’amoindrir les aides financières, de sabrer là où cela semble à la fois possible et lucratif, tout ça dans la perspective de réunir les sommes nécessaires à une baisse d’impôt miraculeusement salutaire. Et ce sans négliger le secteur de la santé. Car, rappelons-le, avant toute priorité, la santé reste pour l’électorat québécois la première de toutes les priorités.

Avec une population vieilissante, une médecine de plus en plus coûteuse, une main-d’oeuvre réduite et une concurrence canadienne et étatsunienne féroces, on peut imaginer quels défis affrontent quelque gouvernement qui prenne les rennes du Québec et désire résoudre les problématiques posées par la santé. La question des listes d’attentes n’est à ce sujet que le symptôme de cette problématique, et les maux du système sont d’une complexité bien supérieure.

La sortie spectaculaire de la FEUQ a créé un remue-ménage sur la scène publique. Plusieurs débats ont en fait écho dans la presse et les médias. D’aucuns ont jugé les inquiétudes des deux fédérations précoces, quand le ministre de l’éducation, Pierre Reid, les disait injustifiées. M. Reid a d’ailleurs affirmé que les engagements pris par le parti libéral sont fermes et que la commission parlementaire n’y changerait rien.

Il est pourtant de notoriété publique que le gouvernement Charest entend mener à terme sa politique de régime minceur. Si l’éducation post-secondaire n’a pas vraiment été la cible directe des mesures prises par le gouvernement (sauf peut-être dans le cas des prêts pour l’achat d’ordinateur), la recherche universitaire, elle, n’a pas été épargnée. Ainsi, la plupart des subventions provinciales à la recherche universitaire a été revue à la baisse, généralement une baisse de 11%. On a même vu une baisse spectaculaire de 100%, induisant la fermuture d’un centre de recherche très proche de l’École Polytechnique.

Bien sûr, on ne peut pas compter sur le site de l’École Polytechnique pour apprendre un tel événement. On préfère n’y faire mention que des belles perspectives et de ce qui peut redorer le blason polytechnicien : l’inauguration d’une salle de conférence BS QIT FER et TITANE, par exemple.

Le CERCA, CEntre de Recherche en Calcul Appliqué, une initiative commune à l’École Polytechnique et de l’Université de Montréal, met la clé sous la porte. Un centre multidisciplinaire où on faisait principalement de la simulation numérique et de la modélisation informatique. Une fermeture ? Un beau gâchis, surtout quand on considère les sommes incomparables, l’argent des contribuables bien sûr, qui ont été investies dans du matériel informatique de pointe pour le centre. On en fera de beaux confettis de carnaval dans quelques jours, en priant pour des jours meilleurs sous les tendres bienfaits d’une imposition amoindrie pour les contribuables.

Fait paradoxal pourtant, le CERCA a abrité un travail mené par une équipe de recherche de l’École Polytechnique qui consistait à offrir aux médecins un outil de simulations chirurgicales en réalité virtuelle. Paradoxal, en effet, quand on mesure l’importance déclarée que donne le gouvernement Charest au secteur de la santé. Car ce n’est pas tout de sabrer là où il est possible et lucratif à la fois, il faut considérer la dynamique des différents constituants de la machine étatique et de ses constituants institutionnels, mesurer les impacts, réfléchir à long terme également.

En attendant, l’étudiant entend mener quelques incursions dans un quotidien devenu vague et obscur. À quelques jours de la date butoir, nul n’est en mesure de dire ce que fera le gouvernement Charest pour répondre à l’impératif que lui assignent les deux fédérations, et quelque part, ses propres prérogatives. Aussi, la FEUQ et la FECQ semblent en attente, prêtes à tenir l’engagement de ne pas se contenter d’aller dans les rues (sic), sans qu’on sache pour autant comment elles espèrent mobiliser quelque 125 mille étudiants, ni ce qu’elles comptent faire exactement.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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