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Une vérité inexpliquée ?

L’Europe vire à droite. Quelle belle vérité quand on le voit de loin : C’est vrai, la France conserve un président gaulliste mais manque de justesse d’élire un candidat d’extrême droite. Le candidat  »de gauche » allemand passe de justesse alors qu’il était très largement majoritaire il n’y a pas si longtemps… En Autriche, nous voyons une résistive ascension de monsieur Haider. En Italie, l’ascension est celle de Monsieur Berlusconi, magna de la presse, grand facteur économique à lui seul, allié d’un parti à la droite de la droite et dernièrement chef du gouvernement italien (au fait, avez-vous vu les premiers épisodes de Bunker, le cirque ? Non, et bien tant pis pour vous…).

Je vais tenter de dédouaner mon pays, que les autres se débrouillent seuls… Voilà donc une description des présidentielles françaises 2002 selon mon point de vue. Bon, remettons-nous dans le contexte, cela semble nécessaire pour expliquer les résultats. Nous sommes dans le passé, dans ces années obscures du 21 mai 2002, jour du premier tour. Nous ne sommes pas en Amérique du Nord mais en France, nous avons donc 16 candidats éligibles à la présidence. Les programmes électoraux sont cependant relativement les mêmes (la majorité des votants considèrent que ceux des deux favoris, M Jospin et M Chirac, sont identiques. Le premier étant de gauche et le deuxième de droite). Nous ne sommes pas entourés par une population très intéressée par la vie politique (29 000 000 votes dont 1 000 000 blancs pour 45 000 000 d’ayant droits). Les hommes politiques et la population se mélangent de moins en moins et font penser à l’eau et l’huile (notez que l’on sépare inconsciemment les politiques et les gens normaux). Nous ne sommes pas dans une époque de sainteté et sortons d’une série de scandales politico financiers (même notre vénérable président fut soupçonné mais non accusé étant donné son poste que notre constitution rend intouchable).

Nous ne sommes donc pas grand-chose et cela fait beaucoup à retenir… Au résultat du premier tour, les deux candidats élus sont messieurs Chirac et Le Pen.  »Hein ? Kesski raconte ? » dira le lecteur attentif (Par conséquent je note que vous ne l’êtes pas, reprenez-vous…). En effet, je vous écris que deux candidats ont les mêmes programmes, que l’un des deux est fortement soupçonné d’être un escroc mais que les français votent pour le deuxième. Qu’ouis-je ? Les français aimeraient-ils les voleurs tout en étant xénophobes ? Je pense que non. Je pense en fait que l’on entend plus facilement 3 personnes qui gueulent comme des sourds que 300 qui gueulent comme des muets… Je pense que cette année, la majorité des votes pour la présidentielle fut contestataire. Beaucoup pensaient que les politiques s’uniformisaient vers une norme inconnue du quidam moyen. Pour créer une tendance inverse et exprimer leur désaccord, ils ont voté extrême (gauche et droite) à environ 35% des votes exprimés. La défaite de Jospin pourrait donc venir du fait que ses électeurs, considérant que le premier tour est acquis, étaient partis voir ailleurs si la rose du matin avait éclose. Pendant ce temps, ceux qui n’avaient aucune chance de gagner ont tout fait pour avoir les scores les moins misérables possible (la France rembourse les frais de campagne aux candidats qui ont eu un score supérieur à 5% au premier tour). Du coup, nous avons eu un discours politique de sourd-muet, la majorité a manqué d’être minoritaire et seul le passage de M. Le Pen a permis à la population de moins s’éloigner de la vie poil aux tiques. Ainsi l’histoire se termine bien et les petits enfants français ont pu aller se coucher. Seul M. Jospin, de son socle de premier ministre, n’a pas trouvé la morale intéressante et s’est retiré de toute activité politique. Comme quoi, non, ce n’est pas un mythe, la conscience professionnelle existe encore dans ce milieu.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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