Logo Le Polyscope
De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.

Martin Dupuis

Diplômé de 2000 en génie électrique, Martin Dupuis a commencé sa carrière en représentation technique un peu par hasard. Ancien impliqué de Allo-Poly, ayant d’ailleurs participé au Spécial 125 ans de Polytechnique, il vend des solutions intégrées pour l’Est du Canada de la compagnie japonaise Anritsu, spécialisée en technologies de télécommunications.

Expliquez-moi votre cheminement depuis Polytechnique.

J’ai commencé dans une compagnie en représentation technique, MMWave Technology. Lors de mon embauche, la compagnie a suivi la grande expansion que l’on a connue dans l’univers des télécommunications ; employant une cinquantaine d’employés alors, elle compte aujourd’hui une vingtaine d’employés. La compagnie comprenait deux sections : une section composantes, fournissant les composantes d’équipements aux compagnies telles Nortel et Harris, et une autre section s’occupant des tests et mesures et rejoignant les équipements en R&D, en installation et en maintenance.

J’étais employé dans la seconde division où je représentais la compagnie Anritsu Electronics, le pendant japonais de la compagnie Agilent Technology, division de Hewlett Packard.

Après trois ans et demi chez MMWave, le contrat avec la compagnie Anritsu arrivant à échéance, Anritsu a choisi d’installer un bureau de ventes à Montréal. J’ai alors eu la possibilité d’être transféré chez Anritsu, ce que j’ai fait en août dernier.

Mon rôle est de m’assurer que les entreprises connaissent bien les solutions offertes par Anritsu ; je m’assure que l’entreprise connaisse bien les produits et leurs fonctionnalités afin de trouver des solutions complètes à leurs problèmes. Il s’agit de vendre des solutions, plus que de vendre des produits. Depuis la fin de mes études, j’ai d’abord travaillé en radio micro-ondes et en téléphonie cellulaire jusqu’en 1999-2000, où j’ai eu la possibilité d’aller en fibres optiques et transmission. Avec l’effondrement du marché en 2001, j’ai réalisé que j’avais fait un mauvais choix, et en 2003, je suis retourné en radiofréquence. Aujourd’hui, je travaille dans les deux secteurs. Mon travail consiste à passer le savoir, depuis le chercheur universitaire travaillant en R&D jusqu’au technicien qui s’occupera de la maintenance des appareils, en passant par la production. Il me faut être au courant des technologies et de leur évolution et savoir parler dans le même langage que tous ces gens pour bien transmettre mes connaissances.

Quels sont les avantages à être un ingénieur dans le domaine de la représentation technique ?

Le fait d’être ingénieur offre la flexibilité d’être capable d’apprendre, d’être capable d’apprendre rapidement le fonctionnement d’un nouvel appareil par exemple. Il m’arrive de recevoir un appareil le matin, d’avoir 2 heures pour l’apprendre et préparer une présentation au client en par la suite. Aussi, le passage par Polytechnique amène une crédibilité au niveau de mon bagage technique. D’ailleurs, en raison du bagage technique et des qualités de vulgarisateur technique, l’industrie demande de plus en plus que le travail de représentant technique soit assuré par un ingénieur.

Avez-vous eu à suivre de la formation continue ?

Je dirais que, de mes expériences à Polytechnique, une fois gradué, j’ai eu le bon profil au bon moment dans ce domaine, en ce sens que j’avais acquis de l’expérience au niveau de la communication. Lors de mon bac, j’ai participé à une mission croisée France-HEC-Poly, de concert avec un cours en Innovation Technologique donnée par Jozée Lapierre ; la mission avait pour objectif l’étude de l’implantation d’un produit en collaboration avec l’Office Franco-Québécois de la Jeunesse. J’ai réussi à obtenir une vingtaine de rendez-vous en 2 semaines en France et ce fut une bonne expérience pour apprendre à se faire des contacts.

Aussi, à la fin de mon bac, dans le courant de la folie des « dot-coms », avec quelques amis de Poly-TV, nous avons voulu partir notre entreprise de solutions Internet, couvrant le contenu et le contenant des sites, mais après un an d’activités, la compagnie n’a pas marché. J’ai quand même développé des compétences en rédaction de plan d’affaires et en communication qui me servent dans mon travail aujourd’hui.

Pour ce qui est des connaissances techniques, je dois constamment me tenir au courant des nouveautés en télécommunications. Les 9 premiers mois où j’étais chez MMWave, j’allais en formation une semaine par mois chez les différents partenaires pour apprendre sur les produits, ce qui m’a été très utile. Avec l’effondrement des télécommunications, la formation s’est fait de plus en plus rare, mais la technologie continuant à évoluer constamment, je me suis doté d’une librairie technique pour me tenir au courant des technologies nouvelles. Les technologies de l’avenir, dans la transmission de données sans fil par exemple, sont très intéressantes.

Qu’est-ce qui a été le plus difficile dans le travail au départ ?

Au départ, MMWave recherchait un représentant technique possédant 5 années d’expérience et, n’en trouvant pas, j’ai été engagé. Cependant, n’ayant pas l’expérience, j’ai eu à apprendre le poste très rapidement. L’avènement d’Internet a aussi eu un impact sur mon travail, surtout avec la venue de e-bay ; je vendais toujours des solutions aux clients, mais lorsque ces derniers arrivaient à l’achat des produits, ils préféraient opter pour le même équipement, vendu 10000 ou 15000$ sur E-bay plutôt qu’un demi-million. D’un côté, j’ai la satisfaction du devoir accompli puisque le client a opté pour ma solution, mais étant jugé au résultat, le travail est plus difficile. Il faut dire que mon patron est situé à Ottawa et que je travaille seul la plupart du temps.

Vous disiez qu’Anritsu est une compagnie japonaise ?

Anritsu est une compagnie de la plus pure tradition japonaise avec beaucoup de ramifications ; chaque compagnie a des intérêts dans les autres corporations. Par exemple, Anristsu pourrait avoir des intérêts dans la compagnie Fujitsu, compagnie sœur de Mitsubishi, etc.

Compagnie centenaire, elle est perçue comme étant leader dans son domaine, à l’avant-garde de l’innovation ; elle a d’ailleurs un taux de pénétration de 75-80% au Japon.

Dans les années 1980, Anritsu a racheté la compagnie nord-américaine Wiltron, spécialisée dans le domaine micro-ondes. L’expertise en fibres optiques d’Anritsu s’est bien jumelée à celle de Wiltron. La compagnie Anritsu est aujourd’hui présente dans 85 pays et compte 20 employés au Canada.

Êtes-vous amené à voyager dans le cadre de votre travail ?

J’ai fait le tour des États-Unis par mon travail et dans le cadre de mes études, j’ai effectué un été au Mexique pour y apprendre l’espagnol.

J’ai toujours voulu travailler au niveau international et éventuellement, j’aimerais le faire. Anritsu étant basé au Japon, j’ai un projet à court ou moyen terme d’aller y travailler ; il me faut d’abord apprendre le japonais ! Anritsu a d’ailleurs un projet de globalisation visant à intégrer les pratiques nord-américaines au Japon.

Quels conseils donneriez-vous aux étudiants voulant œuvrer dans le domaine ?

Il ne faut pas avoir peur de prendre des risques et rester ouvert aux opportunités qui peuvent survenir.

Mots-clés : B. Ing. ? (13)

Articles similaires

Neila Ben Ayed

7 novembre 2003

Tuniso-Canadienne, Neila Ben Ayed suit un parcours pour le moins surprenant ; après avoir terminé un bac en design industriel à la Faculté d'aménagement de l'Université de Montréal, elle complète une maîtrise en ergonomie au département de mathématiques et génie industriel de Polytechnique, pour ensuite entamer un doctorat à la Faculté d'aménagement de l'U de M. Parallèlement à ses études, elle est une artiste peintre de grand talent qui expose ses toiles de plus...

Mathieu Cloutier

31 octobre 2003

Mathieu Cloutier, ancien rédacteur en chef du Polyscope, a obtenu son baccalauréat en génie chimique en 2002. Il a par la suite effectué une maîtrise en modélisation (en se servant de Matlab comme principal outil de travail) et il effectue présentement un doctorat en génie chimique à Polytechnique. Il se qualifie lui-même d'hyperactif cérébral, ou encore, de superman de la résolution de problèmes. Plus précisément, son doctorat porte sur l' « Étude sur l'utilisation...

Christian F. Arsenault

13 février 2004

Christian F. Arsenault, diplômé en 1993, est le plus jeune représentant de l'Ordre des Ingénieurs du Québec ; il y occupe les postes de VP aux finances et trésorier. Outre l'implication qui prend une place considérable dans son quotidien, il agit à titre de Vice-président conseiller en placements chez Demers Conseil inc. Je crois savoir que vous êtes très impliqué dans l'Ordre des Ingénieurs du Québec ? En fait, je suis VP aux finances...




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

Dans la même catégorie

Les Carabins écrasés

31 octobre 2003

Dimanche dernier, par une journée à passer devant la télé, nous nous sommes déplacés dans le merveilleux village de Québec pour assister à la dernière partie des Carabins de la saison régulière. Nous savions tous que ce ne serait pas un match facile pour les Bleus. Bien qu'avant la rencontre, les deux équipes présentaient une fiche identique de six victoires et d'aucune défaite, ce n'était pas deux équipes égales qui allaient s'affronter. L'entraîneur-chef Jacques...

Architecture

21 novembre 2003

L'architecture m'est comparable à l'ingénierie dans la mesure où elle sublime son coté simplement « design » en atteignant les portes de l'art. Eu égard à la complémentarité de ces deux professions à priori scientifiques, il peut s'avérer très instructif de fréquenter de temps à autre notre Centre Canadien d'Architecture montréalais ; à moins que l'on n'y aille par pure curiosité envers l'esthétisme des œuvres présentées, comme moi-même. Décidément, en parallèle avec les Années...

M. Papineau

9 janvier 2004

Pour ceux d'entre vous qui ne le savent pas encore, Robert L. Papineau est Directeur général de Poly depuis le 1er juin 2002. Il occupait cette même fonction précédemment à l'ÉTS depuis 1988. Il a donc été Directeur Général pendant près de 16 ans, il faut le faire ! Robert Papineau est aussi un ingénieur mécanique, diplômé de Sherbrooke, où il a effectué un baccalauréat et une maîtrise. À la fin de ses études,...