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De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.

Christian Roy

Diplômé en 1982, Christian Roy fait parti des ingénieurs qui ont commencé à travailler au niveau technique pour ensuite évoluer vers des postes en gestion, au sein de la compagnie Bell Canada. Voici le cheminement de sa carrière chez Bell Canada.

Racontez-moi votre cheminement depuis Polytechnique.

Pendant mes années d’études à Polytechnique, j’ai effectué deux stages industriels chez Bell Canada durant l’été ; j’y travaillais à titre de technicien. Lorsque j’ai gradué en mai 1982, j’ai commencé à y travailler à temps plein, au poste de directeur de l’approvisionnement des équipements de centraux. C’était à l’époque où le numérique arrivait, où il fallait remplacer les commutateurs analogiques par la technologie composée principalement de composantes numériques.

En 1984, je suis retourné aux études pendant 2 ans à l’Institut National de la Recherche Scientifique (INRS) à Montréal, où j’ai effectué ma maîtrise en télécommunications.

En 1986, j’ai été affecté au développement technologique ; il s’agit de l’équipe qui évalue les nouveaux produits et effectue les recommandations quant au déploiement de produits sur le réseau. J’ai ensuite été promu à la planification du réseau, qui consistait en des études appliquées pour déterminer où il fallait déployer et quelle était la rentabilité d’un projet de remplacement.

J’ai donc eu un cheminement d’abord technique, pour ensuite me diriger dans des postes de gestion. Dans les années 1990, je me suis donc orienté dans des postes de gestion ; j’ai travaillé au niveau des opérations de l’entreprise. Il s’agissait de gestion, mais aussi de génie industriel, puisqu’il s’agissait d’optimisation des ressources : comment calculer le temps moyen, comment optimiser la force de travail en fonction de la variation des volumes, comment mécaniser les fonctions les plus répétitrices.

En 1994, j’ai travaillé avec une équipe de marketing pour analyser la rencontre entre l’univers des câblodistributeurs et celui des compagnies de téléphones. Vidéotron faisait à l’époque des essais en télévision interactive et Bell faisait des tests pour se lancer en câblodistribution ; en raison des modèles économiques de l’époque, ce n’était pas encore économique d’aller en télévision interactive et en même temps, Internet a commencé.

J’ai eu la chance de travailler avec l’équipe qui s’occupait du lancement de Sympatico et avec les premiers essais de technologie d’accès à Internet haute vitesse.

En 1998, j’ai été promu au poste de directeur général à la gestion du réseau et en maintenance des centraux pour l’ensemble du Québec ; je m’occupais d’une équipe d’environ 900 techniciens. Il s’agissait d’un poste centralisé de surveillance du réseau qui surveillait l’évolution du réseau, les pannes, les problèmes de pouvoir, etc. J’ai commencé en janvier 1998 et il y a eu la crise du verglas. Commencer un nouveau poste avec une équipe qu’on ne connaît pas beaucoup, en mode de crise a été tout un défi et une expérience particulièrement intéressante.

En 2001, j’ai été promu vice-président – approvisionnement du réseau. Il s’agit du groupe d’ingénierie composé de quelque 3000 employés qui effectue la gestion de capacité du réseau, pour déterminer quand nous sommes arrivés à saturation et qui effectue l’installation d’équipements de télécommunications.

Il y a quelques semaines, j’ai changé de poste et je m’occuperai du service des techniciens, des camions sur la route, du service de maintenance des câbles. Il s’agit d’une équipe de 5000 techniciens et de 400 directeurs.

On entend souvent parler de personnes qui changent continuellement d’entreprise dans leur carrière. Quel est l’avantage que vous avez vécu à rester dans la même entreprise ?

Je dirai que ça varie selon les secteurs. Dans mon cas, les télécommunications ont connu une grande évolution dans les 20 dernières années, qui m’ont permis d’évoluer également.

Dans les années 1980, c’étaient les premières années où le téléphone allait appartenir au client, avant, il était loué. Je suis donc entré chez Bell au moment où l’entreprise passait d’un monopole à une entreprise qui connaissait une forte concurrence avec une avancée technologique phénoménale. La numérisation a changé la téléphonie ; ensuite, le transport de données a explosé ; Bell s’est métamorphosé avec les années, maintenant, Internet occupe environ 70% du trafic. Étant dans une entreprise qui évoluait ainsi et de l’envergure de Bell, j’ai eu l’opportunité de découvrir de nouvelles facettes de l’entreprise, de passer de postes techniques à des postes plus administratifs. En regardant ce qui s’en vient, on voit beaucoup de défis à relever, de changements qui arrivent et j’ai hâte de les vivre ces changements.

De beaux défis donc…

Oui, c’est d’ailleurs pourquoi je suis toujours chez Bell ; Bell m’a permis d’évoluer et j’ai toujours eu du plaisir à y travailler.

Vous disiez avoir effectué une maîtrise. Outre cette maîtrise, quelle importance accordez-vous à la formation continue ?

J’ai effectué quelques cours en gestion pour compléter ma formation d’ingénieur. J’ai suivi la formation CIREM, offerte par les HEC, qui consistait en une formation intensive de 5 semaines en gestion. J’ai aussi participé à une formation en finances et en marketing en Ontario et suivi des cours en finances à Harvard.

Aussi, pour suivre le développement rapide des technologies des télécommunications, j’ai assisté à de nombreux séminaires et cours sur les nouvelles technologies telles que réseaux locaux, réseaux large bande, protocole IP, etc. Bell encourage beaucoup la formation continue, pour ceux qui veulent le faire.

Vous êtes aussi membre de l’Association des Diplômés de Polytechnique ?

À un moment dans ma carrière, j’ai voulu redonner du temps à Polytechnique et avoir un réseau de contacts vivant. Je suis donc entré sur le conseil d’administration de l’ADP ; on m’a ensuite demandé d’être sur le comité exécutif et maintenant, on travaille sur le rôle de l’ADP par rapport à Polytechnique et à la Fondation de Polytechnique.

Quels conseils donneriez-vous aux étudiants qui voudraient suivre vos traces ?

Il faut être actif, il faut s’intéresser à la compagnie, y avoir des contacts pour pouvoir y obtenir un emploi. Ensuite, il faut être actif dans sa gestion de carrière afin d’évoluer ; saisir les opportunités qui se présentent et suivre de la formation continue. L’important, c’est aussi de se respecter dans son travail et de maintenir un équilibre entre le travail et le reste.

Mots-clés : B. Ing. ? (13)

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