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Sport extrême

Tout le monde connaît la célèbre réplique de Miles dans « Cliffhanger » : « I like it extreme » en parlant des mauvaises conditions météos pour faire du base jump. Il semblerait que ces dernières années, le sport extrême soit à la mode. Les chiffres montrent que le sport extrême est surtout l’apanage des jeunes gens des classes aisées, le rapport est facile à faire. Le tennis c’est ennuyant, et kicker un ballon c’est top boring. Les sports traditionnels ne sont plus assez fun, il en faut plus. Aujourd’hui ce qui est full phat, c’est de prendre des risques, sentir l’euphorie, l’ivresse et l’exaltation du risque calculé, c’est de vivre des expériences grisantes. Personne ne désire une vie plate et en général je vous vois aller aux partys toutes les semaines, c’est ce que vous avez pour assouvir ce désir. Mais votre chant sera toujours : « I can’t get no satisfaction ».

Ces paroles ne sont pas une exagération, rien ne pourra satisfaire votre cœur. Alors pour d’autres, c’est escalade, free fall, surf, mountain bike, ski ou snowboard sur des pentes de psychopathe… C’est comme se tenir à côté d’un précipice. On pourrait être trois pas en arrière par mesure de prudence, mais non, on a besoin d’aller très près, et même de se pencher beaucoup pour voir en bas. Et même mieux, se mettre en équilibre sur un pied pour voir si on se fait peur un peu. Les histoires dans les journaux de mauvais sauts à l’élastique ou d’avalanches imprévues ne font qu.anoblir ceux qui pratiquent ces activités, comme des héros tombés au combat. Je ne vous parle même pas des films ou des clips dégantés… Ne me misunderstandez pas, si vous avez l’occasion, jetez-vous, je crois que c’est vraiment puissant et exaltant d’en avoir l’argent et la possibilité. Je ne connais rien de mieux que de me retrouver avec un GT sur un trail à Chocolate Mountain, France. S’il me faut vivre, alors ça sera avec intensité. Je veux aimer la vie à fond et la vivre avec passion.

Extérieurement certes, mais aussi j’ai besoin de relations authentiques et véritables avec les gens en vérité. Quand je considère celui qui a tant aimé le monde que son œuvre s’appelle la Passion, je me dis que c’est ça que je veux. On dit souvent que les bons conseillers sont les mauvais payeurs. C’est l’expression pour dire qu’il est facile de parler et de ne rien faire, mais lui, il a parlé et a payé l’addition. Et au lieu de MTV et des choses vides, il nous appelle. Il y a l’appel de la montagne, l’appel de la mer ou des grands glaciers, mais ces appels ne sont entendus que par peu de gens, hors du commun comme les explorateurs et les héros. Et on ne peut entendre ces appels que s’il y a un écho de la même nature en nous. Vous ne lisez pas ceci par hasard. Il y a des événements providentiels qui arrivent juste pour nous, que nous reconnaissons d’une façon, et personne d’autre. Mais la majorité d’entre nous n’a d’oreilles pour rien, sinon soi-même. Comment alors entendre ce que peu entendent et aller jusqu’au bout de ce qu’on a cru, comme l’explorateur au sommet du K2 ? Il faudrait d’abord reconnaître le tempérament qu’il y a au fond et changer de voie avant de pouvoir entendre la voix d’une autre nature. Mais il y a tellement d’autres intérêts, la voix de l’orgueil, du ressentiment et de l’obscénité. Et c’est une lâcheté que de commettre ce que vous détestez. Mais par amour extravagant, le seul vraiment passionné pour vous s’est donné, et nous invite dans sa maison. Comment répondrons-nous ? Je ne connais pas de défi plus extrême.

Mots-clés : Spiritus Sanctis (13)

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