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Le retour de la Z

Sauvée de la faillite par Renault, Nissan vit de durs moments de transition (compression et rationalisation). Assez rapidement, la firme française se rendit compte qu’elle se devait de donner du caractère aux produites nippons si elle voulait rendre son acquisition rentable. C’est alors que nous avons assisté à deux dévoilements coup sur coup de modèles possédant ce qui manquait horriblement chez Nissan : du tempérament. L’année dernière, la nouvelle Altima fut mise sur le marché ; il s’agit d’une magnifique berline sportive qui tranchait avec son « soporifique » prédécesseur. Cette année, Nissan frappe encore, en mettant sur le marché un superbe coupé qui reprend le nom de la célèbre lignée des « Z-cars ».

Historique

Dévoilée en 1969 sous les traits de la 240Z, la « Z » était, à ses débuts, un petit coupé sportif et économique qui était équipé d’un moteur 6 cylindres de 2.4 litres d’une puissance de 150 chevaux, le tout pour un prix de base d’environ 4000$ (1971). À titre de comparaison, à la même époque, une sportive comme la Porsche 911 coûtait 9500 $, tandis que la voiture du peuple, la Beetle (Super), se détaillait à environ 2200 $. Mais comme il arrive trop souvent dans le monde de l’automobile, le petit coupé économique pris du poids avec les années : chaque nouvelle génération de « Z » était plus puissante et plus dispendieuse que la précédente. La dernière génération de la « Z » fut celle dévoilée en 1990 : il s’agissait de la seconde version de la 300Z qui voulait maintenant faire compétition directement avec la 911. Le début des années quatre-vingt-dix vit l’explosion du segment des VSU ; cette folie entraîna la disparition de bolides comme la Toyota Supra, la Mazda RX-7 ou de la Dodge Stealth. Il en fut de même pour la « Z » qui tira se révérence du marché nord-américain en 1996.

La 350Z

La 350Z ne tente pas d’être une réédition de ses prédécesseurs : son style rappelle plus celui de l’Audi TT que celui de la 240Z d’antan. Sous le capos, nous retrouvons une version améliorée du V6 de 3.5 litres qui équipe déjà plusieurs modèles chez Nissan et chez Infiniti (Maxima, G35, QX4, Pathfinder, Altima, etc.). Les ingénieurs ont réussit à augmenter la puissance à 287 chevaux en revoyant le système d’admission et en installant un échappement moins restrictif. Elle partagera bientôt sa plate-forme avec le coupé G35 qui sera mis en vente dans quelque mois. En plus d’un moteur performant, la Z est équipée de roues de 18 pouces, de freins ventilés à l’avant et d’une transmission manuelle à six rapports. Malgré tout, l’équipe de design a réussi à créer une voiture qui demeure « relativement » accessible (45 000 $) ; pour mettre en perspective, une Porsche Boxster S, qui offre un niveau de performance comparable, se détaille à plus de 70 000 $.

L’arrivée de cette spectaculaire voiture est un coup de barre majeur donné par le nouveau propriétaire de Nissan. La compagnie française s’est lancée dans un programme d’envergure qui a pour objectif de redonner à Nissan une âme et une identité propre. Beaucoup d’experts ont associé la chute de Nissan à l’absence d’un modèle porte-étendard qui aurait pu créer une certaine excitation entourant la marque auprès des consommateurs car, au-delà de la fiabilité et de la qualité de conception, il y a la passion. C’est la passion qui fait vendre et qui permet même de pardonner certains problèmes que la voiture pourrait éventuellement avoir : nous n’avons qu’à penser à Volkswagen qui ne construit pas des modèles très fiables mais qui possède un attrait et un prestige que peu de compagnies possèdent. Espérons seulement que Nissan profitera du retour de la Z et verra sa cote d’amour remonter auprès du public.

Mots-clés : Chronique auto (18)

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