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Chamboulement bénéfique à l’OSM

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L’arrivée très médiatisée du prestigieux chef d’orchestre Kent Nagano il y a deux semaines fut accueillie avec d’autant plus d’enthousiasme que l’attente d’un nouveau directeur musical pour l’Orchestre symphonique de Montréal avait été longue suite au départ précipité de Charles Dutoit en 2002. De nationalité américaine bien que de parents japonais, M. Nagano est l’incarnation de l’artiste cosmopolite ; partagé entre sa direction artistique du Deutsches Symphonie-Orchester de Berlin et la direction musicale de l’Opéra de Los Angeles, il deviendra chef principal de l’Opéra d’État de Bavière en 2006, année de son entrée en fonction officielle à Montréal aussi. La question qui brûle toutes les langues concerne évidemment la première date d’un concert sous sa supervision, et nul besoin d’être devin pour prédire que cet évènement sera fort couru…

Entre-temps, ce n’est pas l’inactivité qui guette notre orchestre symphonique. Ces temps-ci l’OSM accueillera, entre-autres, la pianiste Angela Hewitt et le chef d’orchestre Asher Fisch pour jouer Beethoven les 17 et 19 mars prochains. Les 16 et 17 avril, Sylvain Cossette sera l’invité de l’orchestre à l’occasion d’un week-end pop, puis les 4 et 5 mai le pianiste Louis Lortie jouera Prokofiev.

J’ai d’ailleurs profité de ma petite semaine de vacances oisives et désoeuvrées (mais oui, bien sûr…) pour assister à l’un des Grands Concerts, intitulé L’âme russe. Étonnamment, une création récente du canadien John Estacio, Il faut danser la vie, était jouée en première et ouvrait la soirée. Compositeur en résidence aux orchestres d’Edmonton et de Calgary, Monsieur Estacio a remporté de nombreux prix pour ses œuvres et fut aussi en nomination aux Juno pour Test Run. Il faut danser la vie est une composition sur un fond de mélodie légère introduite par la flûte, mais l’œuvre se mue en un mystérieux ensemble d’instruments à cordes qui en perdant de son harmonie tend vers la discordance, parachevée par l’entrée en jeu des cuivres. Submergé par le duel violons-trompettes, le mélomane est emporté dans la puissance dégagée par l’interprétation musicale, pour enfin reprendre ses esprits avec le retour de la mélodie initiale. Il n’en reste pas moins que le public peut légitimement se demander le rapport entre le thème russe et l’ontarien Estacio.

L’explication réside peut-être dans ces cassures de rythme qui se retrouvent dans le Concerto pour piano no 4 de Rachmaninov. Le lyrisme romantique s’entrecroise avec les passages tempétueux aux accents modernes – il est d’ailleurs à noter que Rachmaninov, russe né en 1873, est décédé en 1943 à Beverly Hills. L’intérêt particulier de l’œuvre est d’observer le pianiste Stephen Hough (un habitué des grands orchestres, partagé entre New York et Londres) se démener pour interpréter des cascades de notes passionnées en dialoguant avec l’orchestre. Ce dernier était dirigé par le maestro et premier chef invité de l’OSM, Jacques Lacombe, fraîchement revenu du Metropolitan Opera de New York où il faisait ses débuts en janvier.

La soirée s’achève aux airs de la 7ème symphonie de Prokofiev, l’œuvre la plus harmonieuse des trois. Le rythme d’une valse puis les staccato du glockenspiel (carillon) accompagnant le hautbois instaurent une ambiance de liberté et de gaieté. Il n’y avait rien de tel pour se changer les idées entre deux semaines d’intras !




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.
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