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Dur dur d’être un champion

Je vous entretenais du sujet très intéressant l’autre jour : plus rien n’est comme avant, même dans le monde des échecs. On en a eu la preuve au très traditionnel tournoi de Wiik ann Zee (j’ai d’ailleurs enfin appris comment on prononce ce nom : Vik-an-see. Sacrés européens, pas capable d’utiliser les lettres comme tout le monde.). Bref, disais-je, plus rien n’est comme avant. En deuxième ronde du susmentionné tournoi, on assista à un évènement triplement rarissime. Premièrement, Kramnik joue dans un tournoi avec des vrais humains et tout le tralala que ça implique. Deusio, il a perdu une partie en gaffant comme une mazette. Et, tiercement, le champion du monde FIDE a battu le vrai champion du monde. Ça en fait beaucoup à assimiler en à peine quelques lignes, hein ? Je vous laisse quelques secondes pour digérer ce surplus d’informations…

Cet évènement historique s’est produit dimanche passé. Confrontation au sommet en ce début de tournoi de début d’année. Kramnik et Ponomariov qui s’affrontent dans une partie à cadence lente. Un champion du monde qui se comporte de plus en plus en retraité contre un jeunot qui voudrait bien montrer à tous que le costume de champion FIDE n’est pas trop grand pour ses frêles épaules de 19 printemps. Et l’improbable de se produire, comme à chaque fois, quand on s’y attend le moins! Ponomariov met de la pression sur son adversaire (plus précisément sur la colonne ‘c’) jusqu’à ce que ce dernier craque et fasse une gaffe monumentale. Sauf que Kramnik est censé ne pas faire de gaffe, jamais. Il a déjà réussi à jouer 16 parties contre Kasparov sans que ce dernier puisse trouver à redire des tactiques de son adversaire. Un vrai roc, se plaisait-on à dire. Une version de Petrosian édulcorée de tout risque que ce soit, prétendaient certains. Mais tout cela, c’était en 2000, maintenant, les choses ont beaucoup changé. On pourrait même aller jusqu’à espérer que le prochain championnat du monde aura un quelconque élément d’imprévisibilité! Moi qui pensais que le cycle qui se met en place servirait seulement à produire un match retour Kramnik-Kasparov, sans qu’il n’en paraisse trop. Hé bien…

Pour ce qui est du reste du tournoi de Wiik ann Zee, vous pouvez aller le suivre en direct sur le web (www.corusgroup.com/coruschess). Le tournoi se termine le 26 janvier. Malgré l’absence du vieux pas gentil de Kasparov qui connaît tout les trucs, il y a pas mal de monde sympathique. À part nos deux champions, il y a Anand, Topalov, Polgar, Karpov et plusieurs autres gros canons. Kramnik s’est d’ailleurs remis de sa gaffe de deuxième ronde en battant avec style le vainqueur de l’an passée (Bareev). Je vous présente la position critique au diagramme 1, c’est digne d’une étude. Et il semble parti sur une lancée, puisqu’il a encore gagné mercredi (ronde 4). Bref, il n’est peut-être pas le pantouflard que l’on croit! Ponomariov, de son côté, aura beaucoup à faire pour le reste du tournoi puisqu’il est également en pourparlers avec la FIDE, qui ne semble pas trop contente de l’avoir comme champion. Pono pourrait profiter de la présence de Karpov à Wiik ann Zee pour lui demander quelques trucs pour être plus apprécié par les instances dirigeantes des échecs…

Pour les nouveaux qui viennent d’arriver ou pour ceux qui ont de réalisé que leur session ne sera pas trop difficile, je vous annonce qu’il y a un club d’échecs à Poly! Si vous voulez participer, n’hésitez pas à m’envoyer un courriel.

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*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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