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De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.

Marc Chartrand

Le jour, il travaille comme représentant pour l’usine d’assemblage de la compagnie SEW Eurodrive (spécialisée dans la fabrication et l’assemblage de réducteurs, de moto-réducteurs et de contrôles électroniques), plus spécifiquement, pour l’usine d’assemblage située à Lasalle. Le soir, il est auteur-compositeur-interprète (il a une quarantaine de chansons à son actif) et il a déjà eu l’occasion de donner quelques spectacles et de produire un album « En toute simplicité ». Un jeune ingénieur qui a su trouver un équilibre entre sa carrière professionnelle et sa passion pour la musique.

Pourquoi devenir représentant pour une compagnie de moto-réducteur (c’est-à-dire un moteur électique avec un réducteur de vitesse) ?

Parce que représentant, c’est être son propre boss, c’est rencontrer des gens, c’est de résoudre des problèmes, et surtout, c’est la chance de voir d’innombrables applications sur le marché. Le métier implique d’être sur la route, de chercher de nouveaux clients et de faire des soumissions. Au départ, j’étais timide et ça constituait un véritable défi pour moi de trouver de nouveaux clients. J’ai beaucoup appris par cela. J’ai d’ailleurs réussi puisque j’ai augmenté mon chiffre d’affaires de 400 000 à 1,5 million de dollars.

Que fait la compagnie SEW Eurodrive ?

La compagnie SEW Eurodrive est une compagnie internationale spécialisée dans la fabrication et l’assemblage de moo-réducteurs ; il y a des centres de fabrication de pièces en Allemagne, en France, au Brésil et aux Etats-Unis. À partir de la fonderie, la pièce est usinée dans des CNC (machines-outils à commande numérique). L’assemblage des moteurs se fait dans une cinquantaine de pays, dont le Canada, qui comprend l’usine de Lasalle, une autre à Vancouver et une autre à Bramalea (banlieue de Toronto), qui est également le bureau-chef canadien.

On retrouve des moto-réducteurs un peu partout : dès qu’il est question de fabrication, de machineries, de convoyeurs, on retrouve des moto-réducteurs. Surtout ici au Québec, car l’électricité ne coûte pas très cher. La gamme de puissance de nos moteurs est de ¼ Hp à 75 Hp.

Pour ceux qui s’intéressent à la conception de ce type de produits, elle s’effectue en Europe ; notre produit est allemand.

Les moteurs n’ont plus de secret pour toi ?

Je ne dirais pas ça. Les moteurs, c’est comme dans n’importe quel domaine, ça évolue. La compagnie ne fabrique pas que des moto-réducteurs ; on n’a qu’à penser aux composantes d’un contrôle électronique, c’est comme les ordinateurs, ça évolue sans cesse. Il y a de nouveaux produits qui arrivent chaque année et il me faut lire sur le sujet et assister à des formations afin de bien servir mes clients.

Tu es partisan de la formation continue ?

Absolument. Je trouvais qu’il y avait autrefois un manque au niveau de la formation sur les produits ici. J’ai dû me former seul, en lisant des livres techniques, en apprenant sur Internet. Je voulais en apprendre un peu plus à chaque semaine, pour ne pas perdre mes connaissances. Je crois que c’est important pour le travail qu’on fait. J’ai beaucoup poussé ici pour qu’il y ait de la formation sur les produits. Maintenant la mentalité a changé à ce niveau ; j’ai d’ailleurs, l’an dernier, préparé une formation d’une journée sur les moteurs. Pendant une semaine, j’ai donné la formation aux employés qui travaillent sur la ligne de production, au service à la clientèle et aux représentants.

J’ai aussi effectué un certificat en finances aux HEC. Je l’ai fait pour deux raisons : d’abord d’un point de vue personnel, parce que c’est toujours bien d’en savoir plus, mais aussi au point de vue de l’entreprise, parce que je fais affaire avec des clients de PME et de clients de grandes entreprises ; c’est important de connaître les réalités de l’un et l’autre au point de vue financier. Lorsqu’il s’agit de PME, je fais souvent affaire avec le propriétaire de la compagnie et le fait d’avoir fait ce certificat me permet de mieux comprendre certains de leurs défis.

As-tu des projets au niveau de ton travail ? (Il a fait l’orientation gestion de projets.)

Il y a quelques temps, j’avais un peu plus de temps à la job et j’ai pris l’initiative d’appeler les cégeps et les écoles professionelles pour leur présenter les produits que l’on fait ; j’ai ainsi rencontré les directeurs de département mécaniques et électroniques. Je leur ai préparé du matériel didactique qu’ils ont utilisé lors de leur préparation de programme. C’est un échange de service. Nous augmentons notre visibilité auprès des futurs techniciens et décideurs alors qu’ils recoivent de la documentation pertinente et à jour des produits qui se retrouvent sur le marché. En passant, je lance l’invitation aux étudiants qui voudraient visiter la compagnie, vous n’avez qu’à me contacter.

Comment ta formation à Polytechnique t’aide-t-elle dans ton travail ?

Polytechnique a été l’école de la vie professionnelle pour moi. La formation m’a permis d’acquérir une méthodologie, d’apprendre à bien planifier ce que je fais.

En sortant, je me suis dit que je pouvais faire n’importe quoi ; je me disais que je pourrais aller n’importe où avec mon diplôme de Poly. J’y ai appris que, quand on veut, on peut ; quand on travaille fort, on réussit ; en se creusant la tête sur un problème, on trouve toujours des solutions. J’ai surtout appris qu’on trouve toujours le moyen de se débrouiller. Si on parlait maintenant de ta passion pour la musique.

As-tu toujours fait de la musique ?

Lors de mes années à Polytechnique, j’ai participé à deux shows : une fois seul, une fois avec le band « Dévotion ». On a fait des spectacles en province. J’ai réalisé un album en 1993, pendant Poly. Quand j’ai commencé à travailler en 1995, le band s’est dissipé, moi je me suis concentré sur mon travail. Je continuais de composer. J’ai toujours composé de la musique car c’est pour moi comme une thérapie, où j’écris mes émotions, ce que je ressens. La musique, pour moi, a toujours été une échappatoire positive. J’ai écrit une quarantaine de chansons qui parlent de mes émotions, de ce que je ressens.

Ça coûte moins cher du psy…

(Rires) Oui, en effet. Il y a un an, j’ai eu envie de retourner sur scène, suite à des événements dramatiques dans ma vie personnelle. Sur scène, je trippe. C’est stressant avant le spectacle, mais une fois sur scène, c’est vraiment une expérience le fun.

Combien as-tu fait de spectacles cette année ?

Le 25 septembre, j’ai donné un spectacle à l’, muse-café ; j’étais seul sur scène, avec ma guitare. C’était un spectacle intime, sans prétention. Il y a un mois, j’ai aussi fait un spectacle au café Utopique. Mardi le 4 novembre prochain, je donnerai aussi un spectacle, avec 2 autres chansonniers, à la Butte Saint-Jacques dans le Vieux-Port de Montréal. J’espère aussi participer à des concours : Vue sur la relève et Ma première Place-des-Arts… j’attends des nouvelles d’ici décembre.

As-tu l’intention un jour de laisser tomber le génie et de te consacrer à la musique ?

Mon but, c’est d’avoir du fun dans la vie ; je vais faire de la scène tant que je vais avoir du plaisir à le faire. Aussi, j’aime mon travail. Je ne pense pas que je pourrais laisser tomber l’ingénierie. Si jamais je réussissais à vivre de ma musique, j’irais dans un pays en voie de développement y apporter mon aide, mes connaissances. Je ferais des projets humanitaires. Je continuerais toujours de trouver des solutions.

Mot de la fin?

Si jamais y’a des musiciens à Poly qui sont intéressés à faire de la scène, contactez-moi. Que vous soyez bon à la guitare, ou à n’importe quel autre instrument, je recherche des musiciens.

Merci pour cette entrevue.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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