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Léo Scharry

Le 18 septembre dernier, Léo Scharry a reçu le Prix Mérite de l’ADP, qui en était à sa 25e édition cette année. Ce prix reconnaît la carrière exceptionnelle et les qualités humaines d’un diplômé de Polytechnique. La cérémonie s’est déroulée à l’hôtel Reine-Élizabeth, en matinée, devant quelque 300 personnes dont le maire de Montréal, M. Gérald Tremblay. Il a démarré son entreprise en début de carrière, ce qui lui a permis de travailler à de nombreux travaux d’éclairage, dont l’éclairage de l’autoroute 15 et les travaux effectués pour accueillir les Jeux Olympiques de 1976. Diplômé de Polytechnique en 1946, il a aussi suivi un MBA en 1983 (alors âgé de 63 ans) et une maîtrise en communication interpersonnelle à 1988.

Q. Qu’est-ce que cela vous fait de recevoir le Prix Mérite de l’ADP ?

Je ne m’y attendais pas du tout. Je me suis senti très ému qu’on m’ait choisi pour fêter le 25e anniversaire du Prix Mérite. Ce prix clôture ma carrière de belle façon. Je pense aussi au cheminement que j’ai fait pour en arriver là aujourd’hui et j’en suis fier.

Q. Comment ont été vos années d’études à Polytechnique ?

Avant de rentrer à Polytechnique, je voulais étudier en médecine, mais j’ai été refusé car je n’avais pas suivi le cours classique. J’ai commencé à étudier à Polytechnique et j’ai été bloqué en 1ère année, comme plusieurs autres, dont Camille Dagenais. Étant pauvre à l’époque, je suis allé travailler 1 an sur un chantier pour un barrage hydro-électrique au Lac Saint-Jean. Je suis retourné à Polytechnique, où j’ai obtenu mon diplôme en 1946. À l’époque, il y avait pénurie d’ingénieurs et les offres d’emploi pleuvaient. Après la Seconde Guerre Mondiale, il y avait beaucoup de chantiers au Québec ; des chantiers hydro-électriques et de génie civil, comme la réalisation du Métropolitain.

Q. Quel a été votre plus belle expérience en carrière ?

Dans les années 50, j’étais intéressé par la politique : on m’a demandé d’organiser la campagne électorale d’un candidat, François Cloutier, un docteur qui travaillait à la radio. J’ai été le premier à organiser une élection en suivant une méthodologie, avec un organigramme et des descriptions de tâches avec les responsabilités des intervenants. Le candidat aux élections se présentait contre nul autre que Jacques Parizeau ; nous avons perdu les élections (nous avions obtenu 800 voix sur 42000), mais l’expérience a été très enrichissante.

Q. Vous avez réalisé le projet d’éclairage lors des travaux pour accueillir les Jeux Olympiques en 1976. Comment cela s’est-il passé ?

Un samedi matin, je reçois un appel du maire Jean Drapeau, qui me demande si je peux passer car il a une question à nous poser à mon associé et moi. Il nous demande : « Êtes-vous bien occupés en ce moment ? ». Je lui réponds que nous, les ingénieurs-conseils, les architectes, sommes très flexibles. Quand on reçoit un travail, il y toujours moyen de le réaliser. À ce moment-là, nous ne savions pas trop ce qu’il allait nous demander. C’est alors qu’il nous a offert de réaliser tous les travaux d’éclairage en vue des Jeux Olympiques. Nous avons accepté bien sûr.

Q. Qu’est-ce qui a été le plus dur dans ce projet ?

Le problème principal était l’urgence du projet : en 1 an et quelques mois, il fallait que tout soit réalisé. Étant donné l’immensité du chantier, la coordination entre les intervenants sur le projet était capitale, ce que la Ville a vite réalisé. Pour régler le problème, la Ville a acheté et remis à neuf l’ancien Hôtel Viger, où elle a logé au 5e étage tous les ingénieurs-conseils, architectes, entrepreneurs qui travaillaient au projet. Pendant 1 an et 4 mois, je travaillais 7 jours sur 7, toute la journée. C’était un défi exigeant, que je n’aie pas refusé.

Q. Vous vous êtes aussi toujours impliqué dans votre carrière.

J’ai toujours trouvé important de m’impliquer au sein de la collectivité ; j’en ai toujours éprouvé beaucoup de satisfaction et j’ai rencontré beaucoup de gens intéressants. Je me suis toujours impliqué à Polytechnique, dont je suis très proche, mais également dans divers organismes sur l’Île de Montréal. Je me suis impliqué activement auprès des Petits frères des pauvres à Montréal, comme membre du conseil d’administration et aussi à la Popote roulante Berthiaume du Tremblay où on livrait des plats aux personnes âgées. Je me suis aussi impliqué auprès de l’Association pour aide des jeunes toxicomanes et pour l’Association sclérose en plaques de Montréal. L’implication active a toujours fait partie de ma vie.

Q. Quelle a été votre expérience récemment avec Poly-Monde ?

L’an dernier, Roger Blais m’a approché pour me demander si je voulais faire partie de l’équipe de Poly-Monde à titre d’accompagnateur. Étant un grand voyageur, j’ai bien sûr accepté car je n’avais jamais visité la Scandinavie ; j’ai visité dans ma vie 74 pays différents et par cette expérience, j’en ai visité trois de plus, soit Lettonie, le pays basque et la Scandinavie. Le tout s’est très bien déroulé, mais pour visiter 3 pays en 3 semaines, il fallait que ça aille vite. Camille Dagenais et moi-même avons d’ailleurs versé une contribution à Poly-Monde, sous forme de bourses aux étudiants.

Q. Quel conseil donneriez-vous aux étudiants voulant suivre vos traces ?

Dans ma vie, j’ai toujours été débrouillard et j’en ai arraché pour réussir. J’ai réalisé que, dans la vie, il n’y a rien comme la nécessité pour faire jaillir de vous des idées créatrices et des solutions à vos problèmes. Je dirais donc aux jeunes de persévérer, de travailler dur.

Félicitations pour votre carrière.

Mots-clés : B. Ing. ? (13)

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