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Seigneur Des Anneaux

Avant de s’offusquer ou de me faire remarquer, ‘Si t’as tellement détesté le premier, pourquoi avoir vu les deux autres ?’, j’offre une brève explication. J’ai fait la grave erreur d’amener mes nièces voir le premier et promettre de les amener voir les deux autres. Je classe ces trois films, qui sont pour moi d’un ennui total et d’un désintérêt absolu, selon le critère suivant : le temps écoulé entre le début du film et le premier regard posé sur ma montre. Pour le premier, The Fellowship of the Ring (La communauté de l’anneau), qui est selon moi le pire des trois, une fois qu’elles étaient bien installées, pop-corn, coke, mouchoirs, etc., il m’a fallu 40 minutes avant d’être ennuyée à mort. Je me suis proposée de ramener du coke et du pop-corn, mais les filles dans un moment d’altruisme ont refusé afin que je ne rate même pas une seconde de ce merveilleux film… Le deuxième, The Two Towers (Les deux tours), que je qualifie du moins plate de la trilogie, puisqu’il atteint presque le même niveau de médiocrité que n’importe quel autre film hollywoodien dénué d’intérêt, le jeu de la montre a commencé 1h10 minutes dans le film. Réaction identique à tout film plate moyen, sauf qu’avec celui-ci c’est long et pénible pour un autre deux heures et non un bref et concis 40 minutes. Finalement, avec le troisième, The Return of the King (Le retour du roi), on a un retour aux sources puisque ma patience était à bout après 45 minutes. Maintenant, j’aimerais expliquer ce qui fait que je qualifie cette expérience de la plus insignifiante de ma vie. Tout d’abord, des personnages imaginaires, des lutins, des sorcières, des magiciens, des vieux sages, des araignées géantes, des immortels, des monstres, etc., j’en ai rien à cirer. J’apprécie énormément la fiction, mais entre cette dernière et le fantastique, il y a des années lumières. Je sais, je sais. Les goûts c’est personnel. Mais entendre le monde parler de ces films comme étant la révélation du siècle, j’ai tout le droit de m’indigner.

J. R. Tolkien, je suis certaine que c’était quelqu’un de bien, qui ne se doutait pas de l’ampleur que ses récits allaient prendre. Il devait simplement, pour quelconque raison, avoir d’ÉNORMES excès de temps libre. Du temps libre comme personne ne peut concevoir. Il était peut être aristocrate ou fonctionnaire. Peu importe, il avait tout le temps pour s’inventer des mondes avec des personnages de différentes espèces, des créatures schizophrènes, des immortels parlant une langue différente. Mais pas une langue existante ! Non. M. Tolkien a pris le temps d’inventer une langue pour ces personnages. Il a écrit un énorme récit qui, j’en suis certaine sans l’avoir jamais lu, comportait des descriptions à n’en plus finir. Si Zola peut s’étaler sur 150 pages pour décrire un magasin à rayons, Tolkien lui pourrait sans doute en occuper 500 sur le sujet… Pourquoi est-ce que Zola est l’écrivain préféré des aveugles, qui avouent l’apprécier pour ses descriptions exhaustives, et non Tolkien ? Il faut comprendre les nuances entre description exhaustive et alourdissement inutile.

Pour ce qui est de l’adaptation cinématographique de Peter Jackson, elle n’a presque aucun mérite artistique. Il est bien évident qu’un récit qui a plu à autant de personnes doit être retransmis de façon juste et fiable, mais les choses que l’on se permet sur papier, on ne peut se permettre sur pellicule. Un film, à la base, doit être captivant et divertissant. Après la première demi heure, on doit au minimum s’intéresser au reste du film, sans être initié à l’histoire. C’est en effet le défi de tout réalisateur. Si le premier permet de deviner le déroulement de l’histoire, sans avoir lu le roman, le réalisateur n’a pas bien fait son travail. Ou peut être s’est-il basé trop fidèlement sur un livre qui laissait deviner son dénouement dès le début ?

Je n’enlève rien au réalisateur côté effort et travail ; il est évident que filmer les scènes de guerre interminables avec autant de détails a nécessité une énorme planification, une orchestration hors paire, mais elles ont aussi occupé un bon quatre heures des onze. Est-ce que c’était absolument impératif de montrer des marches en forêt à n’en plus finir, lors desquelles il ne se passe absolument rien le trois quart du temps à part peut être boire de l’eau, manger du pain, chercher un refuge et s’inquiéter sur son sort ? Et que dire de la conclusion du film : même des adeptes du Seigneur des Anneaux m’ont avoué que la fin aurait pu être écourtée d’une demi heure sans rien enlever à l’histoire. Je pense ici à la scène culminante de la trilogie où Frodo se départit ENFIN de l’anneau.

Je ne suis pas seule à penser de cette manière mais comme la plupart des gens qui n’apprécient pas le genre, je ne serai tout simplement pas aller voir ces films et utiliser ce temps perdu à tout jamais à d’autres fins. À la rigueur, faire le ménage, des devoirs, aller au dentiste… N’importe quoi aurait été mieux.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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