Logo Le Polyscope
De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.

Cet été sur la scène montréalaise

Les étés à Montréal sont toujours intéressants : festival de ci, festival de ça, musique, films, humour, macramé etc. Tout le monde est servi. Cependant, il est de ces personnes qui aiment bien observer deux gars assis se pogner la tête de manière intensive pendant 5 heures. Qu’importe si nos deux protagonistes bougeront le bras une fois aux trois minutes pour tasser un bout de bois sur une distance de 10 centimètres, on apprécie le spectacle. Vous avez deviné, je parle d’échecs. C’est ce que je m’évertuerais à faire dans cette chronique, à moins que mon ordinausaure de portable me lâche subitement au cours de l’année.

Regarder une partie d’échecs ‘live’, quoiqu’on en dise, reste un plaisir pour l’amateur d’échecs averti. Je dis averti, parce que, diantre, il faut quand même être au courant qu’il y a des tournois majeurs à Montréal, si on veut se rendre sur place pour apprécier le spectacle. Comme les médias traditionnels ne vous ont pas trop averti de tout ça, il ne me reste qu’à vous faire un compte-rendu de ce qui s’est passé de bon cet été dans les grands tournois.

Premièrement, il y avait le traditionnel championnat ouvert du Québec (COQ pour les intimes) du 14 au 21 juillet. Cette année, le tournoi incorporait le championnat du Canada. Donc, si on résume, on assistait au championnat ouvert d’échecs du Québec et du Canada, le tout en seul tournoi ! Non mais, n’est-ce pas magnifique : deux championnat pour le prix d’un ! C’est ce que Pascal Charbonneau et Jean-Marc Degraeve (France) ont du se dire, après coup. Ils ont terminé à égalité en tête. Pour Jean-Marc Degraeve, c’était un bon départ en ce qui concerne sa visite en terre canadienne. Pour Pascal Charbonneau, cette victoire venait renforcir sa position sur la scène canadienne. On se rappellera que le jeune homme de 18 ans avait gagné le championnat fermé du Canada (attention, ici on parle d’un championnat fermé qui, par opposition au championnat ouvert, est réservé aux citoyens canadiens). Bref, Charbonneau vient de réussir quelque chose que l’on avait pas vu depuis longtemps : un joueur qui gagne les championnats ouverts et fermés de son pays, la même année. Tout cela lui vaudra une place bien méritée sur l’équipe canadienne aux prochaines olympiades (à Bled, un bled perdu en Slovénie) ainsi qu’une participation au prochain cycle du championnat du monde (dont nous reparlerons, à moins que vous insistiez pour qu’il en soit autrement. Personnellement, ça me laisse indifférent vous savez, je suis à votre service après tout. Mais je sens que vous avez envie qu’on jase d’échecs, alors je mets fin à cette parenthèse qui s’éternise et je reviens à nos moutons).

Par la suite, du 25 juillet au 5 août, nous eûmes droit au plus fort tournoi fermé de l’année en Amérique du nord. Heu-hum, toussotements et polissage d’ongles sur mon col de chemise à carreaux, il y de quoi être fier. Le 2020 University était l’hôte du Tournoi international de Montréal, qui en était à sa troisième édition. La sélection de joueurs de cette année, mélange de jeunes étoiles montantes canadiennes et de grand-maîtres chevronnés venus d’Europe, a donné lieu à des parties tout ce qu’il y a de plus palpitantes. Je vous présente d’ailleurs quelques positions tirées des parties de ce tournoi. Malheureusement pour ma fibre canadienne (et je ne vous dit pas quel effet elle me fait cette fibre), la logique inhérente à ce genre d’évènement a été respectée. C’est donc dire que les joueurs canadiens se sont fait botter le derrière plus souvent qu’a leur tour par les très expérimentés joueurs européens. Les Barsov, Degraeve, Factnick et Rosentalis sont venus nous montrer comment est-ce que c’est qu’on pousse le bois dans les vieux pays. Nous les en remercions, évidemment. Degraeve a gagné le tournoi haut la main, avec 6 victoires, 5 parties nulles et aucune défaite. Les seuls vedettes locales qui s’en tirent avec distinction sont Pascal Charbonneau (encore lui !), qui a été le meilleur joueur canadien du tournoi, ainsi que Sylvain Barbeau, qui a réalisé une deuxième norme de maître international. On lui souhaite la troisième (et le titre qui vient avec) pour bientôt ! Vous pouvez aller consulter le site internet du tournoi à l’adresse suivante : www.fqechecs.qc.ca/tim3. N’essayez pas de double-cliquer avec votre crayon sur le lien que je vous fourni ici, le Polyscope est en papier : p-a-p-i-e-r. Non mais.

Aller, on reparle de ce qu’il advient du championnat du monde la semaine prochaine. En attendant, n’oubliez pas d’aller à vos cours et, s’il vous reste du temps pour jouer aux échecs, contactez-moi par courriel. Je connais certaines personnes qui se réunissent à chaque semaine pour s’adonner au jeu des rois en toute fraternité…

Articles similaires

Fischer-Spassky 1972

4 octobre 2002

Cette semaine, un peu d'histoire ! J'aime bien l'histoire des échecs et je n'écris pourtant pas souvent sur ce thème. Je commencerai donc avec le moment historique des moments historiques aux échecs : le match qu'ont joué Bobby Fischer et Boris Spassky à Reykjavik (Islande) en 1972. Pour vous mettre dans le bain, il serait utile d'effectuer un petit rappel sur quelques évènements qui ont précédé ce match. Premièrement, comment passer outre les 20...

Sur des chapeaux de roues

14 janvier 2003

Hé oui, l'année 2003, sur la scènes échiquéenne, démarre sur des chapeaux de roues. Pendant que j'envisageais sérieusement de n'avoir fichtrement rien à dire de nos valeureux joueurs québécois en ce début d'année, voilà-t-il pas que Éric Lawson s'est mis à chauffer les oreilles des grands-maîtres et maîtres internationaux au tournoi de Hastings. Inscrit dans la section 'challenger' (2e section), ce jeune joueur ma foi, très prometteur s'est payé le luxe de battre un...

La revanche des tronches ?

11 octobre 2002

J'ai mis un point d'interrogation à mon titre parce que je me demande sérieusement c'est qui la tronche dans cette histoire : le gars qui passe dix heures par jour à jouer aux échecs ou alors le gars qui passe dix heures par jour devant un ordinateur à pitonner un programme qui jouera aux échecs ? Bon, j'imagine que les deux sont des tronches, à différents niveaux. Reste que ces deux types de tronches...




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

Dans la même catégorie

Fashion sheep

15 janvier 2010

On considère qu’il y a un mouvement ou une vague lorsque 20 % d’une population adopte quelque chose. Étonnant, mais surtout intéressant. Par exemple, les téléphones cellulaires : à partir du moment où 20 % de la population s’était munie d’un cellulaire il y a une quinzaine d’année, c’était fini, tout le monde allait suivre la vague et maintenant c’est devenu une norme. C’est ce qui se passe avec les sites comme face de twit ou bien...

Petit Lexique à l’usage des moyennes personnes

30 septembre 2002

L'année 2002/2003 débute et l'école accueille encore une fois un lot impressionnant d'étudiants étrangers venants des quatre coins du monde. Ces nouveaux arrivants auront à s'acclimater au mode de vie et à la mentalité locale pour connaître une expérience heureuse et enrichissante. Dans cette perspective, quoi de mieux pour comprendre et se mêler à la population autochtone que d'apprendre et d'utiliser ses propres jurons ( sacres !). Il faut dire que ces derniers...

Voter chaos – Chronique d’un sauvage au 21e siècle

23 octobre 2009

Ah oui, petite note à ceux qui découvrent pour la première fois la Chronique Barbare du Polyscope. Ici, tout est évalué selon son niveau de barbarisme, de son potentiel de destruction à grande échelle et des chances qu’un individu aléatoire qualifie le concept en question de métal. À titre d’exemple, la barbe c’est bien, la moustache molle c’est mal et dompter un ours, c’est carrément thrastructif (synonyme « d’excellence »). La politique municipale, c’est un peu...