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De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.

Mathieu Perreault

Journalisme et ingénierie, une alliance inhabituelle ? Pas pour Mathieu Perreault, diplômé de 1994 en génie chimique et journaliste pour le grand quotidien La Presse. Après avoir complété son bacc en 1994, il fait un stage pour La Presse et est ensuite engagé comme pigiste. Au même moment, il entame des cours de mise à niveau en philosophie afin de commencer une maîtrise dans cette discipline, qu’il suivra pendant un an. En 1997, il est engagé comme journaliste permanent.

Q. Qu’est-ce qui t’a poussé à faire du journalisme ?

Durant mes années à Polytechnique, j’étais collaborateur pour le Polyscope : j’écrivais des articles sur Polytechnique, j’ai fait quelques éditoriaux… En 1994, le marché de l’emploi en génie chimique était plutôt difficile, et j’avais le goût de faire autre chose. J’ai entendu parler des stages offerts par la Presse en journalisme et ils m’ont pris pour 6 mois. Au début, j’écrivais des articles sur l’environnement, j’avais d’ailleurs écrit mon PFE sur le sujet.

Q. Quelle est la partie difficile du métier de journaliste ?

En commençant, c’est l’incertitude par rapport au travail. Surtout en 1994, où le marché de l’emploi était particulièrement difficile, le fait de travailler comme pigiste ou surnuméraire amène un stress au niveau de la sécurité de l’emploi. Je faisais beaucoup de petits contrats. Je me suis cependant accroché et j’ai travaillé dur au début, avant d’être engagé en 1997.

Q. En journalisme, on peut être critiquer sur ce que l’on écrit. Comment prends-tu les critiques ?

Je me remettais en question et je doutais de mes articles. Évidemment, avec les années, j’ai beaucoup gagné de confiance en moi de ce côté. En journalisme, on est évalué tous les jours dans nos articles. Ça a ses avantages et ses inconvénients : je suis stressé à tous les jours par rapport à ce que j’écris, mais en même temps, je suis récompensé tous les jours. Ce n’est pas comme en génie où l’on travaille sans avoir de feed-back sur ce que l’on fait de façon régulière.

Q. Parlant du génie, en quoi ta formation en génie t’aide dans ton travail ?

Mon travail, lors de la rédaction d’un article, est de trouver l’information, contacter les bonnes ressources, trouver l’expert dans un domaine, le tout, en suivant une méthodologie. La rigueur méthodologique me sert tous les jours dans mon travail : je me sers d’un algorithme pour décomposer un sujet en sous questions.

Q. As-tu déjà eu des difficultés à interviewer des hommes politiques ? (Suite au documentaire diffusé cette semaine sur Bernard Landry pendant sa campagne électorale.)

Non, pas vraiment. Pour les journalistes et les politiciens, c’est une « game » très excitante. Les politiciens que j’ai interviewés avaient des choses intéressantes à dire et les entrevues se sont bien passées. Je n’ai pas eu à courir après un politicien. Quand je veux faire une entrevue, étant à La Presse, on me retourne mes appels et ça se passe bien.

Q. Qu’est-ce que tu préfères dans ton métier de journaliste ?

La légitimité procurée par le titre de journaliste : j’ai le droit de poser des questions à n’importe qui pour trouver des réponses en étant journaliste de La Presse. J’aime aussi le sentiment que j’éprouve quand un article « débloque ». Quand je sais ce que je vais écrire.

Q. Quels sont les conditions de travail dans ton domaine ?

Pour écrire des articles, je fais des recherches, de la lecture, je passe des entrevues ; ce que je peux faire n’importe où. Il m’arrive de travailler de la maison. J’ai un horaire de travail sur 4 jours et un horaire très flexible.

Q. À tes débuts, t’imposait-on des sujets d’article ?

Non, j’ai toujours eu beaucoup de latitude dans le choix des articles. J’ai beaucoup écrit sur la recherche, les biotechnologies.

Q. Quelle formation supplémentaire devrait suivre un étudiant qui veut faire du journalisme ?

Plusieurs formations sont intéressantes : il existe des certificats de journalisme à Concordia, des cours du soir à l’Université de Montréal. On peut aussi aller en sciences politiques ou encore en littérature. Mais une formation supplémentaire n’est pas obligatoire. Pour ceux qui veulent devenir journalistes scientifiques, il y a beaucoup de débouchés au Québec, dans des revues comme Québec Sciences par exemple.

Mots-clés : B. Ing. ? (13)

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*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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