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Neila Ben Ayed

Tuniso-Canadienne, Neila Ben Ayed suit un parcours pour le moins surprenant ; après avoir terminé un bac en design industriel à la Faculté d’aménagement de l’Université de Montréal, elle complète une maîtrise en ergonomie au département de mathématiques et génie industriel de Polytechnique, pour ensuite entamer un doctorat à la Faculté d’aménagement de l’U de M. Parallèlement à ses études, elle est une artiste peintre de grand talent qui expose ses toiles de plus en plus depuis qu’elle a remporté le concours international d’affiche du festival Vues d’Afrique 2003 de Montréal.

Il s’agit d’un cheminement intéressant. Pourquoi avoir fait une maîtrise en ergonomie ?

Après le bac en design industriel, j’ai décidé de faire une maîtrise en ergonomie avec Robert Gilbert car il faut tenir compte de l’ergonomie en design industriel. On n’en tient pas suffisamment compte en design industriel, mais il s’agit d’une dimension importante de notre travail. L’ergonomie prend en considération l’étude du travail en conception de poste de travail.

Vous avez aussi enseigné…

En effet, durant ma thèse, de façon ponctuelle, j’avais des charges de cours. Pendant ma maîtrise, j’ai commencé par faire de la correction d’examens et éventuellement, on m’a offert des charges de cours pendant quelques sessions.

Vous complétez maintenant un doctorat en aménagement. Quel en est le sujet ?

Mon doctorat a pour objectif de comprendre les implications psychologiques et sociologiques des aménagements alternatifs sur les télétravailleurs. De plus en plus, les entreprises offrent la possibilité du télé-travail à leurs employés, ce qui réduit l’espace-bureau nécessaire à l’entreprise. Ces entreprises, pour réduire les coûts des locaux, vont réduire l’espace-bureau en n’allouant pas de postes de travail fixes aux employés. Ceci entraîne le phénomène des aménagements alternatifs où les bureaux sont partagés entre les employés : à certains endroits, les travailleurs « louent » un bureau à la journée à leur travail, ou encore, ils s’installent là où il y a de l’espace.

L’objectif de ma recherche est de comprendre le rôle de l’aménagement dans le changement de la culture organisationnelle, puisque ces changements d’aménagement engendrent des changements de mentalités. La question posée dans mon doctorat est de savoir quelles sont les caractéristiques (de l’aménagement, organisationnelles et personnelles) qui font des aménagements alternatifs, des aménagementsà succès ou à insuccès.

Quand prévoyez-vous terminer le doctorat ?

Je devrais compléter mon doctorat d’ici un an ; je vais bientôt débuter les études de cas en France, dans un bureau de consultation et à Montréal, chez HP et à la Banque de Montréal.

La peinture occupe aussi une grande place dans votre vie.

En avril dernier, j’ai remporté le 1er prix au concours d’affiche du Festival Vues d’Afrique, festival connu pour les films qui y sont projetés. Ma toile a donc été affichée partout à Montréal en avril et mai dernier lors du Festival (Voir document joint). Par la suite, les expositions de mes toiles ont commencé, au Canada et en Tunisie. J’ai aussi vendu plusieurs toiles dans le Vieux-Montréal et sur Saint-Denis.

Je suis aussi membre professionnelle du Cercle des Artistes Peintres et Sculpteurs du Québec. France, Tunisie, Canada, c’est un rythme de vie intéressant !

Je suis habituée de voyager ; d’ailleurs, ma dernière toile s’intitule « Décalage horaire ». Je passe facilement d’une identité à l’autre : de québécoise, où je vis, à tunisienne, où je suis née. Je passe aussi d’une identité à l’autre dans ce que je fais : d’artiste-peintre à chercheuse ; j’apprends à trouver un équilibre entre la peinture et la recherche. Tes toiles sont très joyeuses, très colorées… Mes toiles montrent la femme nord-africaine d’aujourd’hui et mettent l’accent sur son rire. J’exprime les images comme je les sens ; les personnages que je peins incarnent ma vision de la femme forte, créative et libre. (Pour voir ces oeuvres, allez visiter le www.neila-benayed.ca).

Avez-vous l’intention de vous consacrer à la peinture ?

J’ai toujours peint et j’expose de plus en plus mes toiles. Beaucoup de gens me demandent pourquoi je continue la recherche compte tenu de la place grandissante de la peinture dans ma vie, mais la recherche est une partie importante de ma vie. Pour l’instant, j’ai pour objectif personnel de terminer mon doctorat, je verrai ensuite.

Côté artistique, il est très difficile de percer en peinture ; c’est difficile de faire sa place dans les galeries. Aujourd’hui, je vois le fruit de mon travail artistique.

Quel conseil donneriez-vous aux étudiants qui voudraient suivre vos traces ?

Il faut oser changer de cheminement. L’être humain n’aime pas le changement, c’est bien connu, mais il faut oser et travailler très fort pour se faire remarquer. Il est important de suivre sa passion ; dans mon cas, le défi est de trouver le temps nécessaire pour garder un équilibre entre la peinture et la recherche.

Bonne chance pour la suite !

Mots-clés : B. Ing. ? (13)

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