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Ô eau

Par Khadija Dhouib

Selon les Nations Unies, une crise mondiale de l’eau se profile. D’ici 20 ans, la planète perdra 30% de ses réserves d’eau actuelles. Déjà la situation est critique. Environ une personne sur six n’a pas accès à de l’eau en quantité suffisante et une personne sur trois n’a pas accès à un système d’assainissement de l’eau.

L’inertie des gouvernements aggrave le problème. Il faudrait près de 19 milliards d’investissement aujourd’hui pour empêcher cette crise. Il n’y a que 7 milliards qui ont été mis sur la table. Un bilan négatif de 12 milliards !

La crise est imminente et la population mondiale n’est pas suffisamment mobilisée. Au Canada nous possédons près du cinquième de la réserve mondiale d’eau douce. Et même si, de prime abord, nous ne nous sentons pas concernés par cette crise, nous le devons. La population canadienne doit être informée et mobilisée autour de la question de l’eau. Nous devons comprendre notre rôle en tant que pays riche de cette ressource vitale. Nous devons adopter un comportement conséquent et arrêter de croire naïvement que l’eau est une ressource inépuisable.

Activité dans les écoles secondaires

C’est un peu pour faire notre part, que l’organisation d’ « Ingénieurs Sans Frontières-Canada » propose une activité de sensibilisation aux écoles secondaires du Canada.

L’atelier « Eau pour le monde » est une activité interactive qui cible la population estudiantine canadienne de 14 à 18 ans.

Le Chapitre de Polytechnique a déjà rejoint 150 élèves francophones et planifie d’en rencontrer 200 autres d’ici la fin de la session. L’activité enthousiasme les étudiants autant que les bénévoles de Poly. Même les professeurs hôtes sont vite emballés et passent le mot à leurs confrères !

Le cœur de l’atelier est la construction d’un filtre à eau. La classe est divisée en six équipes représentant six pays différents. Le but est de construire le meilleur filtre. Chaque pays a un certain montant d’argent pour acheter le matériel nécessaire et une feuille d’instruction pour construire le filtre. Le montant d’argent varie d’un pays à l’autre proportionnellement au PIB du pays. Et la feuille d’instruction est plus ou moins lisible selon le taux d’alphabétisation du pays.

L’activité a un impact certain sur les étudiants. Car il ne s’agit pas d’une simple présentation qui alarme sur la situation mondiale ou qui véhicule de belles idées d’entraide. C’est encore mieux. Car les étudiants vivent l’injustice. Ils n’ont que 40 minutes et 20 dollars pour construire un filtre (il leur faut 10 fois ce montant en Éthiopie). Ils doivent donc se débrouiller, demander de l’aide aux pays riches, sacrifier un peu de l’efficacité du filtre, etc… Parce que l’injustice est vécue, elle n’est jamais oubliée…

Vision Globale

Nous essayons d’induire chez les étudiants une vision globale du problème. Si 800 millions de gens sur cette planète souffrent de malnutrition et que la moitié de la population mondiale vit avec moins de 2 dollars par jour, c’est parce que ces populations n’ont pas toutes accès à une eau de qualité.

La qualité de l’eau a un impact sur l’hygiène et donc sur la santé maternelle et sur la mortalité infantile. La diarrhée, la maladie associée à l’eau, fait plus de ravages que le sida et le cancer réunis !

L’accès à l’eau libère les petites filles de la corvée de parcourir des kilomètres pour aller chercher l’eau. Elles peuvent ainsi aller à l’école. L’accès à l’eau permet donc la promotion de l’égalité des sexes.

Les liens sont nombreux et on essaie de faire comprendre aux étudiants que l’eau est à la base de la vie. Ne pas y avoir accès c’est être condamné.

Nous essayons d’expliquer aux étudiants, que même si le fait de laisser couler le robinet pendant qu’on brosse nos dents n’a pas un lien direct sur l’accès à l’eau du Cameroun, un lien indirect existe. Laisser couler l’eau est nier tout le problème et se désolidariser des populations moins bien nanties. Laisser couler le robinet est aussi perpétuer la fausse idée que l’eau est inépuisable.

En tant que citoyens de nations riches, on ne peut rêver d’entraides internationales si on ne modifie pas notre comportement à l’échelle personnelle. En tant que citoyen de cette planète, il faut revoir nos priorités. Pour finir, les 12 milliards qui manquent pour éviter la crise imminente de l’eau, représentent le montant d’argent que les Nords-Américains investissent dans la consommation de la crème glacée !




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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