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Architecture

L’architecture m’est comparable à l’ingénierie dans la mesure où elle sublime son coté simplement « design » en atteignant les portes de l’art. Eu égard à la complémentarité de ces deux professions à priori scientifiques, il peut s’avérer très instructif de fréquenter de temps à autre notre Centre Canadien d’Architecture montréalais ; à moins que l’on n’y aille par pure curiosité envers l’esthétisme des œuvres présentées, comme moi-même.

Décidément, en parallèle avec les Années 60 au Musée des Beaux-Arts, ce sont les années 70 à l’honneur au CCA, au sein d’une exposition consacrée à quatre architectes dissemblables mais tous provocateurs pour leur époque : Cedric Price, Aldo Rossi, James Stirling et Gordon Matta-Clark. Price (1934-2003) privilégiait l’aspect pratique d’un bâtiment. Opposé aux monuments et constructions à fonctions prédéfinies, il fit le design de grands centres dont la structure versatile pouvait être adaptée au gré de leur utilisation. Ce point de vue avait donc de quoi déstabiliser, considérant qu’à l’inverse l’architecture fut toujours considérée dépendante de l’objectif précis du bâtiment (école, supermarché, salle de concerts, etc.). La maquette du Fun Palace londonien (1961-1972) de Price témoigne de cette vision affranchie des contraintes de l’objectif : lignes épurées, structure métallique coulissante, espaces aérés… Le Centre Pompidou de Paris s’en est d’ailleurs fortement inspiré, mais curieusement il n’est exploité qu’en tant que Centre d’Art. Quant à l’italien Rossi (1931-1997), il critiquait la surprofessionnalisation de l’architecture et entreprit de définir un vocabulaire architectural de base (le cône, la cheminée, le passage) tout en fondant le mouvement néorationnaliste dans la foulée. Son enseignement trouve un écho dans les pratiques en urbanisme des années 70 et 80. Le Corbusier influença Stirling (1926-1992), un britannique dont l’imagination fusionna des éléments d’histoire architecturale avec le modernisme du célèbre architecte suisse. Les photos de la Neue Staatsgalerie de Stuttgart révèlent un musée tout en courbures, gigantesque œuvre d’art en soi. Le dernier mais non le moindre des quatre architectes est le flamboyant américain Matta-Clark (1943-1978), à la fois photographe et cinéaste, formé au près de Le Corbusier. Il prit plaisir à sculpter du neuf à partir de l’environnement préexistant, en découpant par exemple des portions d’édifices citadins en abandon ou en recyclant des déchets pour la construction. Au printemps 2004, le CCA construira d’ailleurs un Mur de Déchets à l’extérieur du bâtiment selon les plans de Matta-Clark.

Voilà donc une exposition à découvrir, même s’il est regrettable qu’à nos yeux, vulgaires étudiants de Poly, il soit difficile d’apprécier à leur juste valeur les quelques 450 œuvres réunies par le CCA. Malgré notre cours de dessin technique, les plans architecturaux nous sont encore trop peu révélateurs ; mieux vaut tourner notre attention vers les photographies, maquettes et aussi films exposés. Cependant, si je me permet de vous faire une confidence, c’est l’architecture intrinsèque au CCA qui m’a enchantée : classé monument historique, le bâtiment est l’une des rares résidences montréalaises du XIXème siècle accessible aux visiteurs ; son chaleureux jardin d’hiver en acajou, avec plancher de granit et vitraux colorés, vaut à lui seul le détour.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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