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Tarification de l’eau

Par Guillaume Perron

Comme vous devez savoir, on peut très bien comparer le Québec à l’Arabie Saoudite en richesse. Sauf qu’au lieu d’être riche en pétrole, le Québec est riche en eau. Frederick Lasserre, professeur en géographie à l’Université Laval est venu jeudi passé nous éclaircir sur divers faits à propos de l’eau. Comme vous pouvez remarquer, le Canada constitue une demande urbaine intense en matière d’eau résidentielle. Les cinq grandes utilisations de l’eau au Canada sont réparties sous la forme suivante. Il est important dans un tel bilan de noter que même si la production de thermoélectricité qui regroupe 64% redistribue l’eau pratiquement immédiatement après l’avoir prise, celle-ci doit quand même être considérée car elle constitue une considérable quantité d’eau retranchée pendant un cours moment qui, en cas de grave canicule, peut constituer un problème.

Au Québec, il y a 43% de l’eau qui est destinée au secteur municipal. Ce secteur est divisé comme l’illustre le graphique. Un rapport a démontré en établissant un bilan sur 20 villes au Canada que Montréal était celle qui utilisait le plus d’eau par jour.

Malgré l’abondance d’eau au Québec, certains faits comme la récurrence des épisodes secs, le secteur domestique qui représente le principal utilisateur des eaux urbaines au Canada (52%) et le gaspillage dû aux coûts de production et de traitement d’eau déjà traitée ont donné l’idée de tarifier l’eau domestique afin de financer la production et de diminuer la demande. Prenons exemple sur Las Vegas qui a adopté une politique multiforme de réduction de la demande. À Las Vegas, certaines factures mensuelles peuvent grimper jusqu’à 250 US$/mois par maison individuelle, mais d’un autre côté, pour une famille raisonnable qui ne prend que 50 l/pers/jour, la facture est seulement de 5$. Cette ville exerce une tarification progressive (plus une personne consomme d’eau plus ça lui coûte cher) et va même encourager la réduction de la demande de manière fiscale. Par exemple, une famille peut obtenir des rabais sur sa facture si elle achète une toilette à faible débit ! Las Vegas détient même une police de l’eau qui fait appliquer la réglementation des usages de l’eau. Bien sûr, Water Authority a noté un effet très net des prix sur la consommation.

Revenons par chez nous. Ici, 100% des Canadiens payent des taxes sur l’eau. Selon les régions :

  • 55% payent selon une tarification non-incitative
  • 43% ont un tarif fixe inclus dans les taxes municipales
  • 12% ont une tarification volumétrique (décroissante ! !)
  • 45% payent selon une tarification incitative
  • 36% ont un tarif uniforme volumétrique
  • 9% ont une tarification volumétrique (croissante) De plus, un énorme manque de transparence face au trajet que prend l’eau une fois qu’elle est pompée rend les rapports biaisés. En effet, beaucoup de villes ne disposent même pas de compteurs (les statistiques s’effectuent alors par sondage). Aussi, certaines compagnies se branchent illégalement sur le réseau d’eau purifié et redistribuent une quantité effroyable de cette eau pour leur ventilation. De plus, il y a une incroyable quantité d’eau perdue par les tuyaux, ce qui est dû à une infrastructure désuète qui devrait être remplacée par une nouvelle.

Le temps est donc venu de prendre des décisions. Cependant, celles-ci doivent tenir compte de multiples facteurs. Par exemple, quel sera le coût des compteurs ? Doit-on ouvrir la porte à l’affermage ? Non, bien sûr… Quelle doit être la structure de prix suffisante pour être dissuasive ? Comment la légitimer si le problème est de nature fiscale (la production brute de l’eau coûte seulement 54 cents/m3) ? Comment convaincre le gouvernement que les tuyaux sont réellement désuets et qu’il serait primordial de payer pour renouveller complétement l’infrastructure et diminuer le gaspillage ? Nous sommes devant un beau gros problème de gestion de ressources et de finances publiques.

Avec le type de gouvernement que nous avons (si instable), la partie ne sera pas facile. Le comité environnement vous invite à réfléchir et à nous donner votre avis.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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