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Moi non plus j’aime pas ta gueule

Tapi dans mes plus lointains retranchements, me voici confiné par le sort dans ce que j’appelais déjà jadis le lieu de prédilection du néo-névrotique agoraphobe boiteux, une colonne de 800 caractères où les instincts les plus oubliés par le genre humain ressurgissent dans une explosion de mots plus absurdes les uns que les autres, non plus pour la sauvegarde de l’espèce, mais bel et bien pour sauver sa gueule. Plongé dans l’anonymat le plus terre à terre d’une page 10 bien discrétos, je peux enfin sortir mon arsenal et m’en donner à coeur joie avec mon lance-crotte-de-nez en m’attaquant aux plus illustres comme aux plus judicieusement oubliés…

Ce sont cependant un peu les réflexes qui manquent. À force de donner dans le sérieux attention je suis baba cool éditorialiste en herbe oui bonjour je t’ai reconnu moi aussi ça va bien, mon côté un peu trop social, voire socialiste, a pris le dessus, et je suis un peu à manque d’idées.

J’ai donc pris une satanée résolution cet été. Je suis allé me ressourcer du côté d’Ibiza, histoire de voir si l’eau y était toujours aussi bleue et les filles toujours aussi nu… Les points sont pour des lettres manquantes. Il y a même un s qui manque…

J’y ai néanmoins trouvé une belle cible. Un super vacancier plutôt méga baraqué. Bon, il avait ses qualités, il était champion de karaté, je ne l’étais pas, il était entouré de jolies demoiselles, je ne l’étais pas. Il fallait donc trouver son point faible, un peu dans la façon dont le faisait Woody Allen dans Annie Hall lorsqu’il remettait à sa place un vrai salopard de chieur de première qui comble de tout postillonnait sur sa nuque. J’ai décidé de m’en prendre à son côté bronzé…

Que fait un homme de cette trempe sur une plage d’Ibiza ? Il brûle au soleil d’été l’argent qu’il a patiemment amassé durant une année de labeur.

Comment se fait-il qu’une personne puisse avoir suffisamment d’argent pour payer la traite aux autochtones, se soûler désespérément chaque soir, et débourser la somme astronomique que demandent les transporteurs aériens ? Il profite d’un ordre du monde facheusement injuste !

Oui, cet homme méga baraqué champion de karaté entouré de jolies demoiselles, et surtout bronzé ! était au fond un des innombrables – et donc nombreux – capitalistes véreux, un impérialiste en puissance, homme sans valeurs – sauf l’argent – et d’un égoïsme… Il faut en effet savoir qu’une personne sur trois dans le monde vit avec moins d’un dollar par jour ! Je vous épargne le cumul des souffrances de l’humanité car avec les intérêts cumulés, ce serait tout simplement un génocide !

L’Occident a en effet très mauvaise conscience. Pensez à la traite des noirs. Pensez à la colonisation – qui perdure, certains vous l’affirmeront mordicus ! Pensez à ce qu’on a fait aux Américains en les obligeants à être premiers consommateurs de cette ignoble infection pour l’estomac qu’est le Mc D… (je me dois ici de tronquer le nom de cette compagnie renommée dans des buts de respect de l’anonymat, je crains pour me fesses).

J’appelle donc ici tous les gens intéressés comme moi à former l’ultra moderne et novateur comité de l’école Polytechnique pour la défense de la pire des espèces animales qui vivent sur terre, CÉPDPEAVT, à venir me rejoindre. L’espoir fait vivre, et la connerie n’a pas fini de gagner du terrain…

Le sort des humains est tellement tragique, que rajouter ces quelques lignes sans signification aucune n’en rend que plus cruel un sort déjà pas à envier. Bien colonnement à vous.

Mots-clés : Colonne (8) kaka-kiri (1)

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*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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