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De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.

Les pertes se heurtent et se ressemblent

Glocalisation, mot divin tombé des cieux un soir de printemps où l’herbe était verte et humide, où des corps s’enlaçaient tendrement dans la clémence d’une brise vespérale, le coeur joyeux. Le geste de Dieu fut reçu avec ferveur et allégresse, par une jeunesse fleurie qui portait des guirlandes et dansait d’un pas léger.

La jeunesse, fier représentant dans nos civilisation occidentales modernes des problèmes de peau, est l’arme privilégiée de toute idéologie et par conséquent l’outil préféré de tous ceux qui veulent faire avancer toute idéologie, toute idéologie n’étant ici qu’un argument comme un autre pour faire avancer son pion sur l’échiquier difficile de l’histoire. Et un siècle de conneries n’a pas démenti cette assertion fort judicieuse qui éclaire d’une lumière châtiée les cadavres qui tapissent notre conscience (enfin, la vôtre, si je peux en ces lignes me permettre de me laver les mains).

Quand le siècle dernier (le XXe) aboutit à la grande crise de la maçonnerie qui fit chuter plus d’un mur, plus d’un tabou, et plus d’un régime, on criait à qui voulait prêter oreille pour l’entendre que le temps des idéologies était fini.

Mais le coeur a ses raisons que la raison ne comprend pas, et bien qu’on ait pu assister à un désintérêt complet de notre jeunesse pour la politique (désintérêt s’étendant parfois à l’ensemble de la population), préférant s’inquiéter du prix du pétrole ou du charbon -le souci étant ici de rouler dans un 4 x 4 ou faire un barbecue, s’entend, il n’est aucunement question de problématiques énergétiques majeures -, un renouveau salvateur, voire même un nouveau souffle idéologique vient donner du lustre à notre époque. Certes, le quidam moyen considère toujours qu’il est plus important de s’assurer un bon logement (condo à Laval), un bon job (vérificateur technique sur une chaîne de montage de pièces fabriquées en Chine), une situation familiale enviable (belle nana/beau cocu, des morveaux et un cabot), et tout le tralala. Et il n’y a pas de sotte ambition. Les plus humbles étant les plus communes. Ce qu’il y a à constater est surtout l’ambsence d’ambition politique, de vision politique, de grande idéologie derrière laquelle tous et chacun pourraient s’abriter, et dont les jeunes pourraient s’égosiller.

Nous avons cependant espoir, disions-nous un peu plus haut, l’espoir de voir dans la nouvelle relève l’avènement des jeunesses communistes des temps modernes, des (heu… oui oui).

Pour ces feux ardents, il faut une braise. Un propos. Quelque chose. Peu importe la teneur, l’épaisseur, la densité. Il n’importe que le porpos, et l’impression d’être démultiplié en le disant, de sentir la force du monde dans notre bouche, la puissance des mots dans l’esprit des auditeurs. Il faut la foule. Il faut la joie. Les danses et les guirlandes. Tout cela, oui, pour que jeunesse se fasse. Tout cela, oui, pour qu’un temps s’écoule, se tourne une page. Et que restera-t-il, une fois cette page tournée, ce temps passé ? Rien, sinon le désir ardent de revenir à la normalité, à la banalité, celle des soucis du prix de l’essence et de la qualité du charbon (pour son barbecue, s’entend). Ce sont là le mots glocalisation, vert, écologie, solidarité, dans la bouche de certains, certains parmi tant d’autres qui ont précédé. nouveaux hippies, des nouvelles vestes noires




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