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Intermittent de la page 2

Ciel, mes REER !

Dans un article pernicieusement alarmiste, le journal La Presse s’inquiète du fait que les jeunes ne placent pas assez tôt leur argent dans les régimes de retraite. Et lorsqu’ils daignent y penser, ce n’est pas parce qu’ils se préoccupent de leurs vieux jours, « c’est pour économiser de l’impôt ! ». Pourtant, il est bien révolu le temps de l’État-Providence. Aujourd’hui, c’est l’État-Qui-Te Dit-De-Serrer-Ta-Ceinture-Et- De-fermer-Ta-Grande-Gueule dès la vingtaine si tu veux espérer au mieux, te permettre une pension dans une maison de retraite du boulevard Taschereau et garder assez d’argent pour payer ta soupe Campbell quotidienne et ton Bingo hebdomadaire.

C’est l’air du temps, le refrain ressassé sans cesse et en choeur par les PIMP (Penseurs- Industriels-Médias-Politiciens) du déficit zéro, de la baisse des salaires, des licenciements massifs et du sabrage compulsif dans les programmes sociaux. Il est de notoriété publique que la dette est accablante et que la conjoncture n’est pas favorable même si cela fait trente ans que la situation n’est que conjoncturelle. Et c’est en partie parce qu’il faut extirper de la cervelle de ces jeunes toute pensée subversive, toute tentative de remise en cause de l’ordre actuel qu’on les encourage à posséder chacun sa petite cassette d’or, aussi misérable le pécule amassé soit-il. Ces petits Harpagons pourront ainsi compter avidement leurs sous noirs et veiller à ce qu’aucun élément perturbateur ne vienne troubler leurs opérations comptables ni celles de leurs maîtres. Peut-être même s’y reprendront-ils à deux fois lors du prochain référendum avant de penser à cocher la case du Oui. Je veux bien, mais qui les payera, nos pensions, Monsieur ?

Causons cul, mais pour le bon motif

Consternation dans le monde feutré de l’échangisme. D’après La Presse, les promoteurs du club échangiste « Le Mystic », d’Ascot Corner, reculent devant les pressions des milieux conservateurs. Aucune relation sexuelle ne sera tolérée sur place et les clubs n’en seront finalement plus que de rencontres.

Pourtant, l’histoire de la politique canadienne est jalonnée de cas d’échangismes décadents. Belinda se permit, sans gêne aucune, de larguer son parti, et son petit ami planteur de patates en prime, pour se jeter dans les bras du croquant Martin. (Elle n’est même pas revenue, la sal…). Et Jean Lapierre qui brûla la politesse aux bloquistes pour aller vanter les nouvelles lois lubrificatrices et solubles dans l’eau du même Martin, et qui se défendit par la suite, des reproches de Duceppe en le traitant d’hydrophobe naziste. Jean Charest, sans vergogne, adressa un bras d’honneur à ses mentors pour joindre les rangs des libéraux provinciaux et il s’émancipa plus tard dans des discours aux intonations intellectuellement masturbatoires lors d’assemblées où vieillards chenus et jeunes arrivistes se mordaient queues et se renifl aient les touffes tout en se prenant au sérieux. Et que dire de Lucien Bouchard qui changea légèrement la teinte du bleu de son mascara pour fonder le Bloc Québecois et qui publia, une décennie plus tard, le manifeste du tâcheron lucide duquel nous tirâmes cette phrase, inspirée d’un proverbe américain : « Pour toi le pauvre, life is a bitch…and then you die ».

Mais nous savons bien que changer de convictions politiques par opportunisme n’est pas plus indécent qu’interdire la fabrication de médicaments génériques, que de licencier dix milles employés pour délocaliser ou d’emprisonner sans preuves des personnes présumées terroristes. Alors qu’un couple qui veut passer un peu de bon temps en jouant à touche-pipi avec d’autres personnes consentantes dans un endroit qui est fait pour ça et sans nuire à personne, c’est totalement immoral.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.