Logo Le Polyscope
De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.
Publicité:

À tribord toute!

En ce début d’année 2006, le Canada n’est pas en reste, et à l’instar des plus grandes démocraties occidentales, veut se doter d’un gouvernement fasciste, un pur-sang. Cela est à son honneur, le pays du sirop d’érable, le plus meilleur en son genre, veut se refaire une santé dans la sobriété et le respect des institutions du mariage, qui ne tolèrent pas la sodomie, cela va sans dire.

On ne peut que lui souhaiter un prompt rétablissement, et une leçon de politique majeure, car qui trébuche avance, et il n’est de pire dépravation que la privation. Expérimentons tout, jusqu’à la pudibonderie malsaine et la sainte nitoucherie conservatrice. Qui sait, en 2050, les Canadiens auront peut-être appris ce que signifie que de voter.

que de constater qu’une léthargie effrayante frappe de plein fouet un pays comme celui-ci, population ventripotente qui sirote son coca diète en éructant gaiement devant des émissions télévisées abrutissantes, les Star Académie, Survivor et consort, véritables machineries de lobotomisation faites pour que les gens votent 10 000 fois pour un même gouvernement, et le remplacent après quelques mandats successifs par un ersatz pâle.

La question que l’on est en droit de se poser est : que se passera-t-il lorsqu’un gouvernement conservateur aura pris les rênes du pays ? La réponse est à peu près rien, sinon un méchant hennissement de la bête. Blanc bonnet ou bonnet blanc, conservateur ou libéral, la politique est pratiquée par l’un comme par l’autre de la même façon, et il serait illusoire de croire que nous aurions à en subir once de changement.

Les industriels se frottent déjà les mains. Les ténors de la finance jubilent devant tant de liberté. La population écoute avec intérêt les digressions creuses de journalistes supposés experts, et qui le sont en effet dès qu’il s’agit de désorienter le débat politique, de mettre au placard les vraies questions qu’un gouvernement est en devoir de traiter et sur lesquelles les citoyens doivent les questionner.

Mais il n’en est rien. Il sévit parmi nous un cynisme politique ter rible et triste, qui consiste à prendre les décisions stratégiques en catimini, dans des bureaux de velours, entourés de montagnes et gardé par la police. On tient les citoyens à l’écart, on rit de leurs contorsions, on ne les prend pas au sérieux, on leur interdit les lieux de haut luxe dans lesquels quelques naïfs font le jeu de ceux qui les financent. Tout cet exercice consistant à se faire mettre un sapin, ZLÉA, ALÉNA, libre-échange et néolibéralisme débridé.

Tant que l’on se rira de nous, il n’est point de besoin de se laisser accroire par des corrompus notoires, la corruption ici, entendonsnous, ne concerne en aucun cas les dérives des Options Canada ou l’affaire des commandites, il s’agit de la perception biaisée qu’a le politique de son rôle, de son devoir vis-à-vis de la population qui ne devrait lui accorder de mandat qu’en raison du rôle qu’il souhaite avoir à défendre les intérêts de la population. En attendant, il nous est loisible d’aller hiberner, ou de voter intelligemment.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

Dans la même catégorie

J’en ai les jambes qui tremblent

13 janvier 2006

Plus que dix jours, j’en ai le poil des jambes tout excité. Et s’il fallait que je fasse un mauvais choix? Pourrais-je vivre le restant de mes jours avec une mauvaise décision qui viendrait, chaque matin, tel un colporteur, cogner à la porte de ma conscience pour me rappeler mon vote conservateur? J’angoisse tous les matins en allant chercher le journal. J’angoisse de poser les yeux sur un nouveau sondage annonçant un nouveau leader...

En vedette cette semaine, la LNI

3 mars 2006

Eh bien oui, votre chroniqueur préféré a remis ça encore cette semaine avec la LNI. Décidemment, c’est qu’il ne se tanne pas lui d’assister à ces spectacles d’improvisation haut en couleurs. Surtout quand il y va accompagné d’une jolie demoiselle... En cette semaine de relâche (pour les non universitaires évidemment, notre tour s’en vient!), la Ligue Nationale d’Improvisation organisait mardi dernier un match spécial entre les étoiles actuelles de la ligue et ses légendes....

Volume 39, fin

31 mars 2006

Dernier numéro régulier pour le Scope cette année. Sans doute mon dernier en tant qu’impliqué, après plus de 70 parutions à mon actif dans la bulle technique. Directeur de correction, directeur, chef de pupitre (un an, puis un autre par intérim), simple membre, voilà près de trois ans que je regarde défiler les âneries irresponsables de cette belle équipe. Mais aussi le contenu sérieux, les scandales, les kapotés, tout du meilleur au pire. Souvenirs......