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De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.

Featuring Oncle Zimad

C’est toujours dur d’enchaîner deux chroniques successives de qualité, surtout quand la première était déjà assez douteuse point de vue pertinence. On cherche alors des petites tranches de vie de notre semaine qu’on a pu trouver drôles, susceptibles de faire sourire le lecteur qui pourra peut-être y déceler une part de vérité subjective aussi insignifiante soit-elle. Malheureusement pour moi, martyriser Joël n’est plus une activité qui m’amuse et je sens que je deviens moins méchant qu’auparavant. Pourtant, il en faut si peu pour me faire rire. Peut-être que le 23 janvier prochain, je serai pris d’un fou rire irrépressible, un rire gras et sonore que je ne pourrai réprimer qu’à grand effort. Quel que soit le candidat élu, je pense qu’il y aura de quoi alimenter des éditoriaux, des unes et des chroniques à la tonne.

Premier scénario, celui qui semble le plus plausible : les conservateurs sont élus. Un climat de peur et d’angoisse s’empare des masses laborieuses du Québec. Il faut avouer que les Québécois ont eu leur dose de conservateurs pendant près de 50 ans avec Maurice Duplessis, Mulroney, Charest et le Petit Nicolas. Il a fallu beaucoup d’effort de la part des libéraux pour contrer l’Union Nationale, créée après la fusion du parti Conservateur et l’Action libérale nationale. Ils avaient alors connu le mélange, malheureux, de l’État et de l’Église. Ils vivent aujourd’hui le mariage des médias et des finances. Les conservateurs d’aujourd’hui ne sont pas terribles. Laissez-moi vous dire qu’au train où vont les choses, on risque de revoir les curés diriger les marches politiques en jettant de l’eau bénite et en prononçant ces quelques paroles sacrées « Je bénis ce lieu, au nom du Père du Fils et du Saint-Esprit ».

Et les homosexuels, je les plains déjà. Oppression par le gouvernement qui n’aura plus pour objectif que de faire disparaître ces pratiques sexuelles dites perverses, la sodomie nous sera complètement interdite, on ne pourrai plus « prendre son pied » ou sinon on risquerait la prison pour violation des lois bibliques. Enfin parlons de la politique Harper, qui est prêt à soutenir la guerre menée par Bush en Irak et pour cela il promet d’investir dans la défense, au risque de se retrouver avec un déficit supérieur ou égal à celui du gouvernement américain. Je comprends donc pourquoi le Québec se méfie de l’avance des conservateurs. Quant aux bloquistes, je ne saurais dire si effectivement les conservateurs sont pour eux la meilleure option afin d’obtenir un référendum sur la souveraineté. Après tout, libéraux ou conservateurs, on ne veut voir au fédéral un Québec souverain instaurer un pays francophone en Amérique du nord et encore moins une province, qui rapporte des milliards, disparaître comme par magie du territoire canadien.

Deuxième scénario, moins évident : les libéraux restent au pouvoir. Avec le recul du pourcentage des intentions de votes, je vous avoue que je suis déçu. Je commençais à prendre goût aux multiples scandales révélés depuis l’arrivée de Paul Martin au pouvoir : les commandites, Option Canada. Je trouvais ça tellement amusant qu’avec deux amis on a décidé de créer un jeu, deviner quel sera le prochain sacandale, on lance les paris et celui qui devine juste remporte le pactole. Il est certain que si les libéraux restent au pouvoir on ne verra pas de grosses différences avec la situation actuelle, promesses non-tenues, scandales politiques et économiques, mais comme on dit, on ne change pas une équipe qui gagne depuis déjà 15 ans. Ils ont beau enchaîner les échecs ils restent tout de même au pouvoir. Certains diront que c’est grâce à Jean Chrétien, génie politique, mais moi je préfère dire que c’est grâce aux électeurs, qui comme moi ont contracté un dangereux syndrome masochiste. Alors autant vous dire que passer à un gouvernement conservateur sera très difficile, il nous faudra un temps d’adaptation supérieur à celui des libéraux. Troisième et dernier scénario, le plus improbable : les néo-démocrates accèdent au pouvoir. Vous me trouverez peut être dur en disant qu’il est presque impossible de voir Jack Layton premier ministre, en tout cas pas avant 2040, mais sérieusement un parti qui affirme avoir toutes les solutions à tous les problèmes politiques et économiques de ce pays, c’est trop beau pour être vrai.

Lors du dernier débat des chefs, le leader du NPD n’arrêtait pas d’introduire cette formule à chaque question qui lui était posée : « Nous présentons une option intéressante pour les citoyens canadiens ». J’irai même jusqu’à dire que Layton joue le rôle des gentils cons sur la scène politique canadienne, le genre de personne qui veut se faire passer pour le gentil monsieur qui pense à tout le monde, qui n’est là que pour aider les Canadiens et canadiennes sans plus. En tout cas une chose est sûre, c’est qu’avec lui on n’assistera pas à des détournements de fonds et autres magouilles du genre, il est bien trop con pour ça. Encore faut-il prouver qu’il est vraiment naïf, il est possible qu’il soit en train de jouer le rôle du politicien angélique pour se faire élire auprès des personnes dégoûtées par la politique.

Quant à moi c’est simple : la politique canadienne, comme toutes les autres, se veut compliquée, pourrie jusqu’aux ongles, et nous pauvres citoyens ou électeurs, nous en payons le prix fort et on appelle ça les impôts.

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