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Solidarythmé, solide et rythmé

Évènement phare de la semaine d’action contre le racisme, le concert Solidarythmé proposait aux bons amateurs de reggae une affiche des plus prestigieuses. Avec la présence de la crème de la scène roots québecoise ainsi que d’invités de marque, en la personne de la sensation roots du moment Groundation et de l’illustre Alpha Blondy que l’on ne présente plus, la soirée promettait au moins six heures de déhanchement au rythme des sons du rocher.

C’est Karavan Kaya qui inaugure le bal avec des compositions légéres, juste ce qu’il faut pour une petite mise en jambe en attendant que la salle se remplisse et que les gros canons arrivent. Le temps d’un court intermède signé Laura, percussionniste péruvienne, Kaliroots, « meilleur groupe reggae au Québec » selon l’humble avis de Papa Chango, investit la scène avec sa bonne humeur habituelle, ses textes attendrissants et naïfs et un son d’une excellente qualité. Dans la lignée des français Pierpoljack et Masilia Sound System, ce groupe a su développer en un court laps de temps une belle qualité musicale dominée par une forte présence à la basse (c’est bien du roots rock reggae) et ne promet que de bonnes choses pour l’avenir. Comme quoi, la rive-sud montréalaise peut toujours nous surprendre.

Un peu plus tard dans la soirée, les joyeux drilles de La Chango Family tentent de mettre du piquant dans les débats mais la sauce latine ne prend pas. Tout le monde est déjà dans l’expectative de la curiosité de la soirée, Groundation qui se produit pour la première fois au Canada après avoir brûlé les planches un peu partout en Europe et connu un grand succès en France. Les premières notes de trompette jaillissent et le plaisir est total. Issus du jazz, les musicens du groupe pratiquent un reggae roots teinté d’influences dub et développent des mélodies très jazzy, un mélange surprenant, une orchestration fournie s’arrangeant parfaitement avec le timbre singulier du chanteur Harrison Stafford.

Le clou de la soirée, celui que tout le monde attend depuis vingt heures, arrive finalement, précédé par son Solar System, vers les coups des deux heures du matin. Une performance solide offerte par un artiste désormais rentré dans la légende du reggae, doté d’un répertoire riche et varié dans lequel il puise quelques succès pour faire plaisirs aux inconditionnels. Les classiques y passent : Masada, Cocody Rock, Brigadier Sabari. Merci Alpha Blondy.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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