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Natasha P Trio en live

Soirée sage et tranquille dans une ambiance à forte connotation blue au Lion d’Or pour l’enregistrement du premier album live du Natasha P Tri-O. Allez, un petit kind of blue pour Miles, c’est la maison qui régale. Eh, John, grouilles un peu , t’as juste le temps de t’en envoyer un petit dernier avant l e départ du blue train. Quand même, c’est pas très gentil de partir avant que ça commence. Par contre, Nina est bien là, même si le blue n’est pas la color of her true love’s hair. Première partie très académique, rien qui dépasse, angles droits et trajectoires linéaires. Natasha n’a pas été la récipiendaire du « Oscar Peterson Jazz Award 2003 » de l’Université Concordia pour rien. Jobim, Simone, Ellington, Parker sont joliment exécutés, mais ça manque un peu d’entrain, d’effronterie, de prise de risque. Patience, l’ombre du bird plane, le rapace n’attend que le moment opportun pour s’abatre sur la proie. Et la proie, c’est toi Natasha. Avec tes formes plantureuses, ton regard pétillant, et ton sourire mutin, je t’emmenerais bien très loin d’ici, dans un coin tranquille under the moon et tu me sussurerais cette mélodie You’re a lucky guy style Billie Holiday. Une autre fois peutêtre, si les étoiles s’alignent.

Le temps de réchauffer une blonde entre ses genoux et la deuxième partie démarre sur un rythme accéléré. Plus de fougue, plus de sensualité, plus de sueur, implique plus de scat. C’était quoi déjà ce mot extrêmement caractéristique du jazz qui séparait les enfants des hommes. Ah oui ! Improvisation. Qu’avons – nous à faire de toute manière d’un autre clone de Norah Jones ou de Diana Krall. Pour être un pur et dur, faudrait être au moins born under a bad sign. Et c’est pas B.B King qui te contredira sur ce point, belle Natasha.

Petite parenthèse . Brassens s’invite par surprise, décontenance un peu tout le monde mais c’est loin d’être désagréable. Aux offusqués, il pourra toujours dire à sa décharge que c’est le vent qui l’a apporté.

C’est le temps d’en griller une. La fumée est interdite sur les lieux. Qu’est-ce qu’on fait ? On resavoure Nina, pardi. Mississipi, c’est pas si loin que ça après tout. Et avec le piano de Chantal et la contre-basse de Bruno, on peut même traverser les marécages et se rendre jusqu’au Bayou.




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