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De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.

Un bon film de char

À la base cet article devait être un palmarès des meilleurs films de course automobile, mais en faisant le tour de ce qui avait été fait dans le genre, je me suis vite rendu compte que j’avais à peine de quoi faire un top trois.

Les bons films de « chars » étant aussi rares que les succès dans la filmographie de Madonna, il ne me restait plus qu’à tenter trouver le meilleur. Si nous éliminons tous ce qui a été fait ces dernières années (à l’exception des films Taxi 1 et 2) et tout ce qui met en vedette Burt Reynolds, il faut remonter trente ans en arrière pour voir un film de course digne de ce nom. Parmi ces films à succès de la fin des années soixante, il faut mentionner Winning avec Paul Newman, Le Mans avec Steve McQueen, Vanishing Point et le plus grand de tous : Grand Prix avec James Garner et Yves Montand.

Réalisée par le mythique John Frankenheimer, décédé cette année, Grand Prix, lancé en 1966, demeure toujours la référence ultime. C’est au même Frankenheimer que nous devons, plus récemment, le film Ronin dont les scènes de poursuites automobiles furent déclarées les plus spectaculaires de tous les temps par le magazine Car and Driver : il suffit de songer aux dérapages contrôlés de l’Audi S8 ou du duel entre une Peugeot 406 et une BMW série 7 pour comprendre que ce titre est bien mérité. De son côté, le film de Grand Prix présente la vie tumultueuse des pilotes au cours d’une saison de formule 1 où les rivalités malsaines se mélangent aux intrigues amoureuses. Dès les premières minutes du film, nous avons droit à l’action d’une course dans les rues de Monte Carlo ; la scène d’entrée sur la grille de départ nous met immédiatement dans cette ambiance de fébrilité précédent les départs. Les prises de vues en course, en plus d’être spectaculaires, nous permettent vraiment de ressentir la vitesse. Loin d’être un film parfait, Grand Prix nous endort, par contre, à quelques reprises avec de longues scènes mélodramatiques qui seraient plus appropriées à un « soap » américain. Yves Montand jouant le rôle d’un pilote désabusé s’éprend d’une journaliste américaine, tandis que James Garner se retrouve avec la femme de son coéquipier, coéquipier qu’il a envoyé dans le décor lors de la première course. À son époque, ce film avait été autant un succès commercial en faisant ses frais à sa deuxième semaine à l’affiche qu’un succès auprès des critiques en remportant trois Oscar (Meilleur montage, meilleur son et meilleur effets sonores).

Avec les récents navets comme Driven ou The Fast and the Furious, il peut sembler de moins en moins probable de voir un jour un vrai film de qualité qui tiendrait plus du cinéma vérité que de la super production au scénario insipide. Mais une lueur d’espoir subsiste chez les fans du genre, Europa Corporation, la firme de production de Luc Besson, est en plein tournage d’un film, film qui devrait surpasser tout ce qui été fait jusqu’à ce jour en terme de réalisme. Cette production portera au grand écran nul autre que Michel Vaillant, le légendaire personnage de bande-dessinée. D’ici là, vous pouvez toujours mettre la main sur une copie de Grand Prix chez votre vidéoclub de répertoire le plus près de chez vous.

Mots-clés : Chronique auto (18)

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