Logo Le Polyscope
De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.

16 mars : Top 3

Parlons peu, parlons bien… Parlons chiottes. Voici, histoire d’être pratique pour une fois, mon top 3 des chiottes publiques les plus propres que j’ai croisées en Europe.

Troisième position : Les toilettes du restaurant barcelonais Mikel Etxea (Restaurante/Taberna Vasca). D’emblée, je tiens à mentionner que cette toilette, d’une propreté acceptable mais sans plus, ne se mérite pas la troisième place de mon rigoureux palmarès pour des considérations hygiéniques mais plutôt à cause du génie de son orientation géométrique. Je m’explique. L’une des choses qui m’écoeurent le plus dans un cabinet de toilette publique, c’est lorsque la porte s’ouvre vers l’intérieur de la cabine, laissant ainsi très très peu d’espace entre le bol de toilette et moi. Il faut alors ouvrir la porte vers soi suffisamment en grand pour pouvoir sortir du cabinet, épreuve épouvantable au cours de laquelle il faut se squeezer vers le fond de la cabine et où le risque que mes bas de pantalon frôlent la cuvette est atrocement élevé. Le problème est d’ailleurs le même lorsqu’il s’agit de refermer la porte après être entré dans la cabine. Chez Mikel Etxea, la beauté de la chose c’est que la toilette est orientée selon la diagonale de la superficie carrée du cabinet. Elle n’est donc pas perpendiculaire à la porte, ce qui laisse tout l’espace désiré et détruit ainsi tout risque de contact entre mes pattes de pantalon et la cuvette quand je rentre ou que je sors du cabinet. Merci Mikel, merci d’avoir compris.

Deuxième position : Les toilettes-pas-obligatoirement-payantes (mais si tu mets rien dans la tite assiette en sortant t’as l’air cheap en maudit) du Château Sanssouci de Potsdam en banlieue de Berlin. Bon, vu le nom du château, il était facile de s’imaginer que ses chiottes ne poseraient pas problème. En effet, elles sont grandes, propres (pas nickel mais très honnêtes), simples et bien éclairées. Peut-être pas tout à fait assez chauffées à mon goût mais bon, quand une salle de bains a atteint le calibre requis pour être éligible à mon décompte, on ne se plaint pas du chauffage, on la boucle et on enjoy. Des toilettes qui ne vous feront pas regretter de vous être retenus pendant une bonne partie de la promenade dans le Parc Sanssouci parce que vous trouviez que les p’tites cabanes en bois à l’entrée dudit parc avaient l’air louche.

Première position : Les toilettes obligatoirement payantes (sinon la madame te débarre pas la porte) de la gare de Strasbourg. C’est pas compliqué, ces chiottes-là ont fait ma journée! Impeccablement propres (j’aurais mangé par terre), accueillantes, spatieuses, luxueuses même. Le genre de toilettes publiques qu’il est déconseillé d’utiliser en début de périple, parce qu’on en rêve tout le reste du voyage. Une salle de bains qui vaut amplement le détour (et le 50 centimes), je vous la suggère fortement. Vraiment un must see, tout d’suite après la cathédrale et les cigognes de l’Orangerie…!

Voilà, c’était mon top 3. J’espère que vous avez pris des notes. Et tant qu’à traiter du sujet, autant vider la question : je ne remercierai jamais assez Le Grand Dam pour toutes les fois où il est allé aux toilettes en éclaireur, pour me dire en revenant si elles remplissaient mes critères de propreté et, les cas échéants, pour toutes les fois où il surveillait que personne n’arrive pendant que je faisais pipi «dans la nature»… (À noter que pour tous ces «cas échéants», c’est-à-dire les toilettes de presque tous les truck stop de la côte est espagnole et de la côte ouest nord africaine, des endroits comme «su’l bord du ch’min» ou «pas loin du stationnement» ou «dehors juste à côté du shack à chiottes, n’importe où j’m’en fous, tant qu’j’suis pas obligée d’rentrer là-d’dans» sont considérés comme étant «la nature»…)

En terminant, je vous laisse sur ce petit conseil Boillot : dans une rangée de cabines, TOUJOURS choisir la cabine du fond, celle qui est la plus éloignée possible de l’entrée des toilettes. L’être humain étant d’un naturel paresseux, il a généralement le réflexe d’utiliser la cabine la plus proche, celle qui demande le moins de pas pour être atteinte. La dernière cabine est donc théoriquement la plus propre, car la moins fréquentée.

MAUDE – Je vous parlerais également volontiers de toutes ces toilettes surprenantes qui peuplent l’Europe, de ces cuvettes rotatives auto-nettoyantes et de ces lumières qui s’éteignent toutes seules au mauvais moment mais j’ai p’us d’place… – BOILLOT
——————–
Photo : Château Sanssouci, par Damien Forthomme
——————–
Chronique Névrotique suivante : 297

Articles similaires

10 septembre : Un doux désordre

12 septembre 2003

Bon, je vais vous résumer ça brièvement. Je suis partie en stage en France au cours de l'été 2002. Un séjour au cours duquel les Français m’ont vraiment... éprouvée à plusieurs niveaux (et, tout compte fait, je les en remercie). Toujours est-il que je me suis trouvé un exutoire : j’envoyais des e-mails régulièrement à ma famille et amis proches pour leur raconter les aventures rocambolesques de ma vie là-bas. J'ai toujours aimé lire,...

23 mars : Trame de fin

26 mars 2004

Faudrait qu'on fasse nos comptes. Oui parce que cette fois-ci, c'est vrai, c'est ma dernière Chronique Névrotique dans le Polyscope. La dernière. Je ne vous ferai pas le coup d'un autre retour-surprise en septembre prochain, j'suis trop vieille maint'nant! Évidemment, j'ai eu cette semaine le réflexe de vouloir finir cette Chronique en beauté. J'aurais aimé bien terminer, écrire un super bon texte qui, en plus de rouler sur lui-même, aurait incorporé l'idée que j'ai...

21 septembre : Bleu Manoir

26 septembre 2003

Je n'ai pas beaucoup dormi cette semaine. Je m'inquiétais, je cherchais sans cesse quoi raconter à propos de «mon quotidien» dans cette deuxième Chronique... À force d'y réfléchir, je me suis rendu compte de la chose suivante : je n'aime pas le mot «quotidien». C'est un mot qui me fait un peu peur. Trop restreint, trop... ancré. Tarek-Mon rédacteur en chef, est-ce qu'on pourrait reformuler mon contrat s'il te plaît? Je sais qu'on s'était...




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

Dans la même catégorie

Neila Ben Ayed

7 novembre 2003

Tuniso-Canadienne, Neila Ben Ayed suit un parcours pour le moins surprenant ; après avoir terminé un bac en design industriel à la Faculté d'aménagement de l'Université de Montréal, elle complète une maîtrise en ergonomie au département de mathématiques et génie industriel de Polytechnique, pour ensuite entamer un doctorat à la Faculté d'aménagement de l'U de M. Parallèlement à ses études, elle est une artiste peintre de grand talent qui expose ses toiles de plus...

Monologue d’une tâche

19 septembre 2008

Une française@Montréal Allô amis de la Poly! Bon, je vais bien faire les choses et tout d’abord me présenter. C’est tout de même plus sympa de savoir avec qui on a affaire lorsqu’on s’apprête à discuter avec quelqu’un. Enfin, là ça ne va pas être une conversation au sens propre du terme, mais plutôt une discussion entre vous et moi où seule moi opurrais parler (techniquement écrire mais on s’en fout). Vous allez me dire...

Tu veux-tu venir icite ?

26 septembre 2008

Une française@Montréal Allô amis de la Poly! J’espère que votre semaine a été bonne. Comme vous pouvez le constater, le public ne m’a pas éliminée et j’ai eu le droit de revenir en deuxième semaine. Bon, comme je vous le disais la dernière fois, ma chronique va traiter des différences culturelles entre les francophones du Vieux et du Nouveau Continent. En fait depuis que je suis arrivée à Montréal, j’ai été confrontée à des situations...