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16 mars : Top 3

Parlons peu, parlons bien… Parlons chiottes. Voici, histoire d’être pratique pour une fois, mon top 3 des chiottes publiques les plus propres que j’ai croisées en Europe.

Troisième position : Les toilettes du restaurant barcelonais Mikel Etxea (Restaurante/Taberna Vasca). D’emblée, je tiens à mentionner que cette toilette, d’une propreté acceptable mais sans plus, ne se mérite pas la troisième place de mon rigoureux palmarès pour des considérations hygiéniques mais plutôt à cause du génie de son orientation géométrique. Je m’explique. L’une des choses qui m’écoeurent le plus dans un cabinet de toilette publique, c’est lorsque la porte s’ouvre vers l’intérieur de la cabine, laissant ainsi très très peu d’espace entre le bol de toilette et moi. Il faut alors ouvrir la porte vers soi suffisamment en grand pour pouvoir sortir du cabinet, épreuve épouvantable au cours de laquelle il faut se squeezer vers le fond de la cabine et où le risque que mes bas de pantalon frôlent la cuvette est atrocement élevé. Le problème est d’ailleurs le même lorsqu’il s’agit de refermer la porte après être entré dans la cabine. Chez Mikel Etxea, la beauté de la chose c’est que la toilette est orientée selon la diagonale de la superficie carrée du cabinet. Elle n’est donc pas perpendiculaire à la porte, ce qui laisse tout l’espace désiré et détruit ainsi tout risque de contact entre mes pattes de pantalon et la cuvette quand je rentre ou que je sors du cabinet. Merci Mikel, merci d’avoir compris.

Deuxième position : Les toilettes-pas-obligatoirement-payantes (mais si tu mets rien dans la tite assiette en sortant t’as l’air cheap en maudit) du Château Sanssouci de Potsdam en banlieue de Berlin. Bon, vu le nom du château, il était facile de s’imaginer que ses chiottes ne poseraient pas problème. En effet, elles sont grandes, propres (pas nickel mais très honnêtes), simples et bien éclairées. Peut-être pas tout à fait assez chauffées à mon goût mais bon, quand une salle de bains a atteint le calibre requis pour être éligible à mon décompte, on ne se plaint pas du chauffage, on la boucle et on enjoy. Des toilettes qui ne vous feront pas regretter de vous être retenus pendant une bonne partie de la promenade dans le Parc Sanssouci parce que vous trouviez que les p’tites cabanes en bois à l’entrée dudit parc avaient l’air louche.

Première position : Les toilettes obligatoirement payantes (sinon la madame te débarre pas la porte) de la gare de Strasbourg. C’est pas compliqué, ces chiottes-là ont fait ma journée! Impeccablement propres (j’aurais mangé par terre), accueillantes, spatieuses, luxueuses même. Le genre de toilettes publiques qu’il est déconseillé d’utiliser en début de périple, parce qu’on en rêve tout le reste du voyage. Une salle de bains qui vaut amplement le détour (et le 50 centimes), je vous la suggère fortement. Vraiment un must see, tout d’suite après la cathédrale et les cigognes de l’Orangerie…!

Voilà, c’était mon top 3. J’espère que vous avez pris des notes. Et tant qu’à traiter du sujet, autant vider la question : je ne remercierai jamais assez Le Grand Dam pour toutes les fois où il est allé aux toilettes en éclaireur, pour me dire en revenant si elles remplissaient mes critères de propreté et, les cas échéants, pour toutes les fois où il surveillait que personne n’arrive pendant que je faisais pipi «dans la nature»… (À noter que pour tous ces «cas échéants», c’est-à-dire les toilettes de presque tous les truck stop de la côte est espagnole et de la côte ouest nord africaine, des endroits comme «su’l bord du ch’min» ou «pas loin du stationnement» ou «dehors juste à côté du shack à chiottes, n’importe où j’m’en fous, tant qu’j’suis pas obligée d’rentrer là-d’dans» sont considérés comme étant «la nature»…)

En terminant, je vous laisse sur ce petit conseil Boillot : dans une rangée de cabines, TOUJOURS choisir la cabine du fond, celle qui est la plus éloignée possible de l’entrée des toilettes. L’être humain étant d’un naturel paresseux, il a généralement le réflexe d’utiliser la cabine la plus proche, celle qui demande le moins de pas pour être atteinte. La dernière cabine est donc théoriquement la plus propre, car la moins fréquentée.

MAUDE – Je vous parlerais également volontiers de toutes ces toilettes surprenantes qui peuplent l’Europe, de ces cuvettes rotatives auto-nettoyantes et de ces lumières qui s’éteignent toutes seules au mauvais moment mais j’ai p’us d’place… – BOILLOT
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Photo : Château Sanssouci, par Damien Forthomme
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*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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