Logo Le Polyscope
De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.

Yves Beauchemin : Charles Le Téméraire

Charles le téméraire : Un temps de chien

Image article Yves Beauchemin : Charles Le Téméraire 1

Yves Beauchemin revient sur la scène littéraire après une (trop longue) absence de cinq ans. Charles le téméraire, c’est le premier roman d’une trilogie évoluant au rythme du Québec du siècle dernier. Roman social aux personnages toujours aussi colorés et attachants, chroniques d’un Québec des années soixante-dix en pleine effervescence, évolution et apprentissage, le romancier nous propose ici une œuvre à la hauteur de son talent !

Le petit Charles nait en 1966 dans un quartier populaire de l’est de Montréal. On le croyait mort à sa naissance, mais l’enfant revient par miracle à la vie ! C’est de cette manière qu’il est accueilli parmi nous. Pas toujours facile la vie d’enfant, Charles apprend très vite à ne compter que sur lui-même (et son fidèle compagnon, Bof). Ce téméraire sait relever les défis, que ce soit la mort trop hâtive de sa mère, la violence et l’alcoolisme de son père, les avances d’un pédophile ou l’enfer de l’école. De par sa grande débrouillardise, son ouverture et sa vivacité d’esprit, Charles sait se faire de grands alliés dans la vie. Du quincaillier Fafard au notaire Michaud, jeunes et moins jeunes sont émerveillés par l’extraordinaire bonté qui sommeil en cet enfant.

De cette manière, le premier tome nous livre le difficile passage de l’enfance à l’adolescence, tel que vécu par Charles. Fidèle à son habitude, l’auteur nous emmène à la rencontre de personnages aux traits démarqués et très colorés. Il est cependant dommage de constater que ceux-ci peuvent être facilement divisés, dès le moment où on les rencontre, en deux catégories : les « bons » et les « méchants ». On peut dire qu’Yves Beauchemin a tout de même un sacré don pour dépeindre la vie de tous les jours tout en laissant de côté les détails ordinaires et ennuyants. Il en ressort donc une œuvre très jolie, malgré les nombreux déboires de notre jeune ami. On s’y retrouve facilement, et on replonge aisément dans nos souvenirs d’enfance les plus joyeux… et malheureux. Il est important de souligner que tandis que Charles apprend et découvre la vie, le lecteur suit en parallèle le cheminement d’une société en pleine effervescence, une société largement divisée sur des sujets tels l’indépendance et la loi sur la langue française, une société qui commence à se libérer et entrevoir l’avenir de sa nation. La voie empruntée par Charles n’est sans rappeler celle suivie par le Québec. Que ce soit pour son histoire, ses personnages, l’historique qu’il renferme ou les sentiments qu’il nous fait vivre (et revivre), le nouveau Yves Beauchemin mérite amplement qu’on s’y attarde, le temps de voir notre Téméraire atteindre l’âge de raison. En quittant cet intense voyage au monde de l’enfance, on ne peut qu’avoir hâte au deuxième tome !

L’auteur

Yves Beauchemin est né à Noranda, au Québec, en 1941. Son premier livre, L’enfirouapé, couronné du prix France-Québec, l’impose déjà comme un écrivain des plus talentueux, capable de rejoindre un grand public. Son roman Le Matou le propulse au rang des auteurs les plus lus. Traduit en une quinzaine de langues et adapté au cinéma, ce best-seller lui a assuré un rayonnement international.

L’an dernier, il a accepté pour une quatrième année de suite l’invitation de la Fédération des associations étudiantes du campus de l’Université de Montréal (FAECUM) à signer la dictée de la Semaine du français.

Yves Beauchemin, Charles le téméraire
Fides, 2004




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

Dans la même catégorie

Mi figue, mi raisin, mi gréviste

11 mars 2005

Une grève entre gris clair et gris foncé, sans doute, mais une grève tout de même. je ne pointerai pas par mauvaise foi les errements d'une décision somme toute démocratique, mais il y, comme souvent, un goût inachevé dans la décision de l'assemblée générale (...) Une grève entre gris clair et gris foncé, sans doute, mais une grève tout de même. Je ne pointerai pas par mauvaise foi les errements d'une décision somme toute...

Nulle part ailleurs

12 novembre 2004

Par Ilham Smaali Certains lecteurs se demandent ce que vient faire la politique étrangère dans les colonnes d'un journal universitaire. Question qui m'a semblé à première vue étrange pour ne pas dire tout à fait déplacée. Mais à y repenser plus attentivement je me suis rendue compte avec effroi que cette remarque perdue dans les mails du Polyscope dénotait malheureusement d'une nouvelle tendance qui s'insinue chaque jour un peu plus sur les bancs de...

Alcooliquement vôtre

10 septembre 2004

Qui l'aurait cru il y a même une semaine ? Certainement peu des anciens qui nous visitent régulièrement en disant : « Dans mon temps... ». Et pourtant, des prospectus avertissant des dangers du calage de bière fleurissent partout dans l'École. Avec une grosse semaine de retard, diront les mauvaises langues, mais c'est l'occasion de réfléchir rien qu'un peu sur le contenu de ce message. Bien entendu, tout cela part d'une opération de...