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La combustion spontanée

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  • Le 12 mai 1977 au soir, à Uruffe, petit bourg non loin de Toul, la voisine de palier de Ginette Kazmierczak se réveille en sursaut, sa chambre emplie de fumée. Elle sort et voit des flammes dévorer le bas de la porte de sa voisine. Elle appelle illico les pompiers qui font ni une ni deux et défoncent la porte en question. Ils se retrouvent devant un effroyable spectacle. Le corps de la locataire gît carbonisé sur le plancher, contre la porte d’entrée, les jambes, le bassin et le bras droit intacts, mais la tête, le tronc et l’abdomen en cendres. Fait étrange, seul le plancher sous le corps porte des marques d’incendie ; les murs et les meublent sont recouverts de suie, mais rien d’autre n’a brûler. Aucun indice n’a été retrouvé pouvant permettre d’identifier l’origine de cette combustion. Le capitaine Laurain, chargé de l’enquête, doit conclure à la combustion spontanée du corps.

    Ce genre de phénomène n’est pas courant, mais plusieurs cas ont été répertoriés. John Heymer, un officier de la police britannique, fut le premier à essayer d’aller au bout de ce mystère. Il faut remonter en janvier 1980 à Ebbw Vale, dans le Gwent au pays de Galles. Heymer fut dépêché en ce lieu pour enquêter sur une mort par combustion. Une lumière orangée l’accueillit dans le salon de la victime. Sur le tapis se trouvait un tas de cendres, d’un blanc brillant, à l’extrémité duquel sortaient deux pieds humains. À l’autre extrémité de cet amas, il pouvait distinguer un crâne noirci. Seul le fauteuil à armatures en bois sur lequel la victime était assise était brûlé. Rien d’autre dans la pièce n’avait été atteint par les flammes. Tout le salon était recouvert d’une pellicule de chair humaine, comme vaporisé, y compris les lumières et les fenêtres. C’est ce sinistre filtre qui donnait l’impression d’un éclairage orangée dans la pièce.

    Sous l’amas de cendre, le tapis ne présentait que des brûlures mineures. Comment un corps pouvait-il être réduit en cendre alors que le tapis sous lui n’avait presque rien ? L’expert légiste vint confirmer que le fauteuil n’avait brûler qu’aux endroits où il avait été en contact avec le corps. Selon lui, le fauteuil se serait effondré sur le sol, laissant choir le corps et aurait arrêter de se consumer. Les meubles n’auraient pas été touchés, car l’oxygène de la pièce hermétiquement isolée aurait été vite épuisé. Dans ce cas, pourquoi le corps avait-il continuer à brûler ? La version officielle fut que l’homme serait tombé dans la cheminée mettant feu à ses cheveux. Il serait alors tranquillement retourné s’asseoir dans son fauteuil et se serait laisser consumer, jusqu’à ce que mort s’en suive. Heymer ne pouvait tout simplement pas y croire. Ayant une formation en médecine légale, il décida d’éclaircir ce cas.

    Dans un four crématoire, les corps sont exposés à des températures d’environ 900 degrés. À cette température, les os ne se consument pas au complet, il faut alors les concasser dans une machine spécialement conçue pour cela. De plus, les cendre qui en résultent sont toujours grises et non blanches. Dans le cas de l’enquête de Heymer, les cendres étaient d’un blanc pur, indice d’une exposition à des températures de plus de 900 degrés. Pour consumer un corps et que les os soient complètement brûlés, il faut élever la température au-dessus de 2 500 degrés, ce qui est de beaucoup supérieur aux températures d’un incendie d’une ampleur apte à détruire un bâtiment en entier. Après avoir épuisé toutes les hypothèses possibles, il ne restait à Heymer que la combustion spontanée pour expliquer son cas.

    Selon lui, le phénomène serait lié à une réaction chimique entre l’hydrogène et l’oxygène au niveau des cellules. La puissance d’ignition d’un tel mélange est illustrée par les fusées des navettes spatiales qui utilise ces deux éléments pour leur propulsion. Au sein de chaque cellule, se trouvent les mitochondries qui fournissent l’énergie au corps par petites réactions chimiques. Si une de ces mitochondries était défaillante, elle pourrait libérer trop d’énergie et ainsi provoquer une explosion du mélange hydrogène-oxygène. Les mitochondries voisines seraient affectées et elles exploseraient à leur tour et ainsi de suite. La cellule finirait par exploser provoquant une réaction en chaîne au niveau de ses voisines. Un nombre considérable de cellules pourraient être détruites, provoquant la réduction en cendres des muscles, des organes internes et de la chair. Selon la revue New Scientist (numéro du 4 mai 1996) Heymer présente les meilleurs arguments possibles à l’appui de sa thèse sur le phénomène.

    Plusieurs éléments étranges sont liés à ce phénomène, comme tout ce qui est « paranormal ». Il est difficile d’expliquer pourquoi ça se produit toujours sur des personnes sédentaires et isolées. De plus, il semble que le phénomène plonge la victime en état de transe. En 1974, en Géorgie, Jack Angel s’endormi dans son lit pour ne se réveiller que quatre jours plus tard avec des brûlures nécessitants l’amputation de son bras. Pourtant, son pyjama et ses draps étaient intacts. Les douleurs ne se firent sentir que lors de son réveil. Un autre cas est celui de Jeannie Saffin, en 1982 qui prit soudainement feu alors qu’elle était assise sur une chaise en bois dans sa cuisine. Son mari, assis à côté, se retourna pour apercevoir des flammes sur le visage et les mains de sa femme. Celle-ci ne criait pas, ne bougeait pas. Jeannie décéda peu après à l’hôpital.

    Le phénomène n’est toujours pas reconnu par la communauté scientifique, mais celle-ci tente toujours le percer à jour.

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