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Courtney Love – America’s Sweetheart

La rockeuse que tout le monde aime détester est de retour avec son premier album solo. Le dernier album de Hole date de 1998 et le poids de ces années pèse fortement sur les cordes vocales de Love dont la voix est plus grincheuse que jamais. Problèmes de drogue, flirts avec le cinéma, litiges interminables avec son ex-compagnie de disques, disputes avec les membres survivants de Nirvana, overdoses et arrestations… Elle a de l’audace, des propos mordants et fait preuve d’immaturité pour ses 39 ans. Avec tout ce vécu, ses gestes témoignent d’une éternelle adolescence. « I’m too young to be so old », affirme-t-elle sur I’ll do anything.

Que ce soit en tant que musicienne, actrice, auteure, interprète, ou célébrité, Courtney suscitera toujours l’intérêt. Son talent musical est-il à la hauteur de l’attention qu’elle obtient ? Avec cet album, elle est bien décidée à le prouver. Sur la première pièce, le single Mono, elle crie : « This is the part in the book (…) where I’m gonna come and save the day. Did you miss me ? » OUI ! On s’ennuyait trop sans elle. Imaginez le rap lors d’une absence quinquennale d’Eminem… Depuis quelque temps le monde du rock s’apparente à un vieux cimetière abandonné, revisité de temps à autres par quelques dinosaures voulant remplir leurs comptes de banque. Courtney, elle, n’est pas en manque d’argent puisqu’elle reçoit 40 millions par an rien que de la succession de Kurt Cobain. Mme est de retour pour faire ses preuves : « Hey God you owe me one more song so that I can prove to them that I’m so much better than him ». Elle n’est pas du tout intimidée par la nouvelle vague d’artistes. Sur « But Julian, I’m a little bit older than you », elle prévient le jeune chanteur des Strokes : « I know where you live. (…) You know how when your phone went dead ? Well that was me on the other end. »

Plusieurs ont suggéré que Kurt a écrit Live Through This (1994), le chef d’œuvre de Love, et que Billy Corgan était derrière Celebrity Skin (1998) – à qui faut-il attribuer le premier album de Hole, Pretty on the Inside (1991) ? – mais à qui reviendra la gloire maintenant que Courtney n’a plus de copain musicien ? Se poserait-on la question si Courtney était un homme ? Je crois que non. Son refus de retarder la parution de Live Through This, prévue pour la semaine suivant le suicide de Kurt Cobain, en a fait le bouc émissaire parfait des médias alternatifs légèrement misogynes de l’époque. Linda Perry (4 Non Blondes), qui a travaillé avec Christina Aguilera et Pink, collabore avec Courtney sur la moitié des pièces, mais elle n’est pas à la hauteur des pièces fougueuses et enragées de Courtney Love. Dans 20 ans, lorsque tous les ex de Courtney seront morts ou devenus agents d’assurances, et qu’elle sera toujours en train de lancer des albums pertinents, la preuve sera faite. Ce n’est malheureusement pas avec America’s Sweetheart qu’elle fera taire ses critiques. C’est un album solide, à l’esprit punk-rock, mais qui demeure très accessible. Hollywood ayant déjà nuit à sa crédibilité, Love ne sera pas pardonnée par les puristes. Néanmoins, c’est un excellent effort. Il était grand temps qu’elle réclame son rôle de catalyseur dans le monde musical. Avec ses paroles plus confessionnelles que jamais sur des pièces comme « All the drugs », je ne peux que souhaiter bonne chance à son avocat pour le procès.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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