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De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.

Camarade, fais la grève !

Une manifestation monstre de plus de 100.000 personnes (ne nous gênons pas pour gonfler les chiffres, la SQ, elle, ne se dérange pas pour si peu), une mobilisation sans précédent, un esprit festif et déterminé, de quoi redonner du baume au coeur à ceux qui désespéraient de la torpeur et du lymphatisme des zombies que nous sommes, étudiants en quête désespérée et obsessionnelle d’une « job » payante à la fin de nos études et d’une belle maison avec piscine dans une tranquille banlieue de la rive sud de Montréal. Polytechnique, pour une fois, était présente. Une petite délégation de 350 personnes, chargée de représenter 3000 étudiants, entourée d’un cordon de sécurité plutôt ridicule et savamment déployé par certains impliqués de l’AEP. Vêtus de chandails jaunes et oranges barrés d’un risible « Sécurité Polytechnique », ces improvisés gorilles étaient supposés éviter à nos manifestants d’être impliqués dans tout acte de vandalisme et d’être évacués en urgence en cas de casse.

Preuve qu’au sein des saints murs de la prestigieuse institution, l’embrigadement physique n’a pas tardé à emboîter le pas à l’embrigadement des esprits. Mais revenons aux choses sérieuses. Après le succès de la manifestation du mercredi passé, le plus dur reste à faire. Il faut tout faire pour que le mouvement de grève ne s’essouffle pas. Ceux qui pensent avoir déjà fait leur part en votant pour une levée des cours ou en descendant exprimer le mécontentement généralisé dans la rue, se trompent. La bataille la plus importante se déroulera dans les prochains jours où le gouvernement tentera de saper le moral des étudiants par usure. Ce dernier tente déjà de diviser le mouvement en laissant pernicieusement planer le spectre de l’annulation des sessions. On a déjà entendu, hier, le ministre Fournier en entrevue, affirmer sans vergogne que son offre de 42 millions était plus viable pour les étudiants que la restitution des 103 millions et que le refus catégorique des leaders de la FEUQ, FECQ et CASSÉE de négocier sur la base des 42 millions ne reflétait pas forcément l’opinion des étudiants. Pourtant, les revendications étudiantes n’ont jamais été aussi claires : 103 MILLIONS ou RIEN. Qu’ils se le mettent bien dans la courbure, ses ministres de la romance, c’est râpé leurs trucs et manigances. Mes amis, en vérité, je vous le dis, la mobilisation ne fait que commencer et le meilleur reste à venir. Fournier et Charest vont en baver. Après le vote des étudiants en médecine de l’université Laval approuvant la grève illimitée, les petits polytechniciens frileux ne pourront plus arguer que seules les facultés de « néo-hyppies », gauchisants et puants le patchouli de sciences humaines peuvent se permettre de faire une grève à durée indéterminée. Cet à priori navrant, pour ne pas dire pathétique, qui consiste à dénigrer les disciplines dites non « scientifiques pures », répandu dans nos murs reflète parfaitement l’opinion surfaite que se font les polytechniciens d’eux même (le service des com’ sera certainement d’accord avec moi sur ce point) et démontre un manque total de discernement de la part de la prétendue future élite du Québec. Les disciplines scientifiques que sont la sociologie, l’histoire de l’art ou l’anthropologie, certes ne rapportent pas des millions de dollars aux bonzes libéraux ou péquistes qui gouvernent cette province en alternance depuis des lustres, mais sont autant sinon plus utile que l’ingénierie, la médecine où la biotechnologie. (Je me réserve une chronique spéciale pour vanter les mérites et les bienfaits des sciences sociales pour la société).

Malheureusement, l’égocentrisme, la vanité et la bêtise s’érigent en nouvelles valeurs du polytechnicien et devant ce fait affligeant, je ne peux m’empêcher de reprendre la supplique d’un très cher défunt ami : Seigneur, aie pitié de nous et ouvre les yeux aux cons.

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