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Mile Ex End 2019 – un petit festival qui en a dedans

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© Laurent Montreuil

Tanné des festivaliers couverts de paillettes qui do it for the ‘gram à Osheaga? Dans la foule de festivals extravagants qui se multiplient à Montréal, le Mile Ex End se présente plus que jamais comme un événement accueillant et familial, synonyme de découverte pour tous les amateurs de musique québécoise et d’ailleurs. Bien campé sous le viaduc Van Horne, le Mile Ex End avait encore lieu cette année, pour le plus grand plaisir de tous.

Musique émergente, mais pas que

Le Mile Ex (de son p’tit nom) a fait sa réputation sur la musique émergente et de répertoire, un peu moins connue, mais ô combien savoureuse. Cela n’a toutefois pas empêché le festival d’attirer de gros noms cette année, avec des artistes comme Feist, les Cowboys Fringants et Chromeo en tête de liste pour chacune des soirées. C’est aux côtés de ces joueurs biens connus que les étoiles montantes Zach Zoya, Geoffroy et Les Louanges ont donné de solides performances, montrant tout le potentiel des artistes québécois tant par leur originalité que leur variété. Force est d’admettre que le Mile Ex End a le don d’amalgamer des artistes de tous les styles, connus ou pas, dans un cocktail riche en saveur et en diversité.

© Laurent Montreuil

 

La culture autochtone mise de l’avant

Parlant de diversité, la journée de samedi a permis d’apprivoiser la musique et la poésie autochtone, plusieurs artistes issus de communautés québécoises et canadiennes y étant représentés. En commençant par le folk rock d’Elisapie, artiste inuit racontant sa culture en mélangeant langues et influences musicales, la journée s’est poursuivie avec la poésie douce et planante de Natasha Kanapé. Après des performances électrisantes de Galaxie et des Cowboys Fringants, A Tribe Called Red a conclu la soirée de la plus belle des manières sur leur musique dance-électro. Mélangeant  tambours et chants de fêtes pow-wow, le duo de DJ a mis le feu à la scène pendant que des danseurs y interprétaient un mix de break-dance et de danses traditionnelles autochtones. Comme quoi les cultures canadienne, québécoise et autochtones peuvent cohabiter, et faire la fête ensemble!

 

© Laurent Montreuil

 

Les découvertes

Tout bon festival n’est pas complet sans son lot de surprises. En tête de liste, Adam Naas, jeune chanteur français dont la voix soul langoureuse passe par tous les tons du registre. Alliant des airs de Freddy Mercury et de Michael Jackson, Naas a les aises d’une star internationale sur scène et donne un show comme si sa vie en dépendait. En l’écoutant, on entend des influences de partout, allant de The XX à Nina Simone ; à découvrir. 

Pour moi, Les Louanges n’était pas à proprement parler une découverte, mais une première en show tout de même, et je n’ai pas été décu! Avec un style s’apparentant au slacker rock de Mac Demarco ayant bû une grande gorgée de jazz, la musique des Louanges sort du lot. La voix singulière et texturée de Vincent Roberge — le multi-instrumentiste derrière le son du groupe — prend tout son sens en show, et son charisme sympathique et souriant vient rejoindre tout le monde dans la salle. Parce que oui, l’autre avantage de faire un show sous un viaduc, c’est le son et l’ambiance aussi chaleureuse qu’une petit salle de spectacle!

Autre *ALERTE – STAR MONTANTE* pour Zach Zoya qui a présenté une bonne dizaine de sons inédits et absolument brûlants sur la scène Mile End. Après l’avoir vu au Festival de Musique Émergente l’an dernier, j’avais un pressentiment que la suite allait chauffer; à se fier aux flows entendus au MEE, rien de surprenant d’apprendre que son hit 1919 sur les beats de High Klassified ait dépassé le million d’écoutes sur Spotify. Décollage imminent.

© Laurent Montreuil

 

Tout ça, en plus de la performance planante de Jeanne Added, du country-folk de Daniel Lanois et du doux indie de Kevin Morby. La partie “Musique” du festival a pris fin dimanche soir avec une performance aérienne de Geoffroy. Le MEE est de ses dires un de ses festivals préférés, le band habitant tout près et s’étant rendus là en skate ; un beau résumé de la proximité de l’événement avec les artistes comme les spectateurs. 

Un méchant beau festival, une foule intéressée et venue pour découvrir, des artistes écoutés et ovationnés, un A pour le Mile Ex End. Pourquoi pas un A*? Parce que les cannettes de bières offertes sur place n’étaient pas consignables, et à la quantité de bière qui se consomme en une fin de semaine de festival… un Mile Ex End zéro déchet l’an prochain? Qui sait!

 

 




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.