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La Coupe Charade lance et compte !

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PHOTO Catherine Asselin-Boulanger © Théâtre de la LNI, 2019

Lundi le 11 février dernier, le Théâtre de la Ligue Nationale d’Improvisation inaugurait la Saison de la Coupe Charade 2019 au Club Soda. On s’attendait à rire, mais pas autant que ça.

Depuis maintenant 42 ans la Coupe Charade rassemble un public enthousiaste et fidèle dans les gradins de la patinoire. Devant eux défilent des équipes de comédiens-improvisateurs bourrées de talent et de professionnalisme théâtral. Car au-delà du jeu, l’art de l’improvisation dans ce cadre vient avec des règles, des fautes et un public très réactif. À l’image du hockey, la LNI y tire non seulement son nom, mais également ses rouages les plus fondateurs. Hymne national beuglé avec coeur, chandails symboliques occasionnellement retirés dans le feu de l’action, bandes sur lesquelles rebondissent les idées et bien sûr commentateurs aguerris, colorent la mise en scène tirée d’un sport qui fait battre le coeur des Québécois depuis belle lurette. Il serait osé de dire que l’improvisation s’inscrit de la même façon dans l’imaginaire collectif, mais il va sans dire que la force de l’improvisation réside peut-être dans sa souplesse. Alors que le sport se voit souvent polarisé en ses plus grandes rivalités, l’impro se révèle quant à elle être un sport plus mitigé, complexe et égalitaire que tout autre. La partisanerie se montre rare et les équipes sont jugées sur leur contenu en constante mouvance et leur valeur à l’instar des gladiateurs de la Rome antique. L’arbitre en chef, ou le Caesare des Temps modernes, Simon Rousseau, reconnaissable à son air sérieux et inquisiteur participe à ce climat normatif qui canalise les manches sans en retirer la légèreté. Un sport je vous dis ! Sauf que ceux qui se roulent à terre, c’est nous, pas les joueurs.

Catherine Asselin-Boulanger © Théâtre de la LNI, 2019

Les improvisateurs sont des tisseurs d’idées et le public assiste à la construction de celles-ci en décortiquant les mécanismes de création. Devant nous, l’un reprend la pente descendante d’un sketch en créant un nouveau personnage alors que l’autre se permet une chute rocambolesque à quelque secondes du sifflet. Chaque ronde est uniquement drôle ou époustouflante. La présentation complète des équipes est disponible sur le site de LNI, mais notre médaille du tisserand le plus prolifique a été attribué à Pier-Luc Funk. D’abord nostalgiquement reconnu pour sa participation dans l’émission Tactik, il a été le joueur démontrant le plus de fougue et d’intelligence théâtrale selon nous. Sa présence sur scène révélait une maîtrise de son corps, de l’espace et de ses personnages impressionnante et captivante surtout.

Que dire de l’ambiance ! Nous étions entourés de jeunes provenant d’écoles de tout genre, de familles, mais surtout d’habitués sachant exactement à quel moment faire la poule, à quel moment huer et comment réagir face à des contraintes d’improvisation telles que mixte, de neuf minutes ayant pour titre le Baiser de l’araignée et bien d’autres… Une foule de comportements qui donnent envie de se joindre à l’équipe de supporters et de revenir aux prochains match ! Maintenant initiés et arborant avec fierté notre t-shirt de la LNI, nous conseillons fortement d’y faire un tour avant la fin de la saison pour rire.

Et si ce n’est pas suffisant pour vous faire oublier votre mi-session d’élève acharné, la semaine de relâche sera remplie d’occasions de découvrir la LNI à travers Le Match Jeunesse et La Nuit aux flambeaux dans les Faubourgs présentée à l’occasion de la nuit blanche du festival Montréal en Lumière.

 




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.
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