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Arpeggio

Une histoire tragique de l'amour entre divinité et mortalité, qui finit en l'arpège de leur temporalité.

Ce poème est dédié à tous ceux qui se trouvent seul en ce jour de Saint Valentin. Je dédie aussi l’image de la douce fille aux tresses noires à mon tendre amour. Voici mon arpeggio pour les défunts.

 

Arpeggio

Parleront-ils de notre amour dans les ballades
Que troubadours maintiennent, les ivrognes blâment?
Parleront-ils de ses aveux écarlates
Murmurés dans une pénombre abyssale
D’où nulle lumière ne sort, une fois née
D’une rêverie noble qu’est d’être aimé?
Mesdames, de mon désespoir prenez siège–
Et écoutez d’un amant funèbre l’arpège.

Autrefois dansant aux onduleuses vagues,
Me promenant outremer, sous les étoiles,
Évitant la brûlure des mensonges lâches,
J’observais de mes cieux l’usure des cœurs las.
Quand un jour, ma jalousie se trouva braisée
Par le regard d’une mortelle bienaimée.
On jura son soupir désintéressé
Et ses tresses nocturnes, d’un dieu le souper.

Trahissant mon éternité dans les doux bras
Que Morphée m’offrit, je dénonçai leur place.
Riant par le tonnerre de leur amourette,
Ma passion pour elle resterait secrète.
Banni des jardins immortels pour ma mortelle,
Je devins déchu, de mes frères la haine.
Et oubliant par les sables de son toucher,
Dans ses yeux, ma chandelle s’est ravivée.

Puis passèrent les années, les décès, les mois–
La mort, éternelle, s’approchait de sa proie.
Et la chandelle des caresses enflammées
A fait fondre mes ailes, du cire ôtées.
Elle est partie– il a emporté sa chaire,
Et m’a épargné, riant, comme j’eus ricané!
Elle m’est restée une image du passé,
Dont mon arpège ne cesse de chanter!

 

 




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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