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Chronique du sous-continent – Chapitre 3 : Oui mais non

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crédit : Isabel Racine

En mai dernier, dans le cadre de la mission 2018 de Poly-Monde, j’ai eu l’occasion de me rendre en Inde pour 3 semaines. Ce voyage un peu atypique promettait sa dose d’images, d’épices, de chaleur et d’histoires, et comme prévu, nous avons été servis. Aller en Inde déboulonne certains mythes sur ce pays à la culture si riche, et j’essaierai de vous les partager dans les prochaines éditions du Polyscope.

Les Indiens parlent souvent anglais. Ils sont super sympathiques, ouverts à partager leur culture et curieux d’en apprendre sur la nôtre. Le dialogue est vraiment facile à initier… mais ça ne veut pas dire que la communication est simple pour autant!

Connaissez-vous le indian nod (ou head bobble)? Si les cultures occidentales ont majoritairement adopté le « oui » et le « non » comme mouvements officiels de la tête, ce n’est pas tout à fait le cas en Asie du Sud. Ici, la tête bouge de haut en bas? On approuve! De gauche à droite, on désapprouve! Mais en Inde, on se rend rapidement compte que la norme est toute autre! Le indian nod, c’est un mouvement de balancier, comme si la tête était un pendule inversé. « Ok, et ça correspond à quoi, oui ou non? » En fait… ça correspond aux deux!

Pour mieux comprendre, il faut suivre un code lié aux sourcils et à la vitesse du mouvement! En gros, le mouvement de base signifie « oui ». Si un Indien devant vous a les sourcils neutres et agite à tête de gauche à droite, il est d’accord! Si la tête bouge très vite, c’est encore mieux, mais vous venez surement de lui proposer d’aller voir le dernier film Bollywood de Salman Khan!

Par contre, s’il fronce les sourcils, sachez qu’il n’est pas convaincu… mais il est quand même d’accord… mais pas complètement. Plus les sourcils sont froncés, moins votre interlocuteur est d’accord, et c’est encore pire si le mouvement est lent…

Le Taj Mahal, crédit : Laurent Montreuil

Au contraire, si les sourcils sont levés, et que la tête va vite, vous êtes soit en train de manger le meilleur thali en ville, ou vous venez d’accepter de vous faire prendre en selfie avec lui… c’est selon. La réaction est comparable à celle d’un étudiant honnête à qui tu aurais proposé un billet du Beach pour 15$ vendredi dernier, c’est pas peu dire!

« Donc, un Indien ne dit jamais non? » C’est à peu près ça. Les Indiens sont du genre à éviter la confrontation au maximum, un non de leur part est donc assez rare et difficile à décrypter. C’est un aspect de leur culture qui se retrouve directement dans leurs normes de communication, qui se manifeste subtilement mais qu’on apprend à reconnaitre un peu mieux à la longue.

Mais bon, il faut garder en tête que les dernières lignes sont une caricature d’une certaine manière. Les Indiens, particulièrement els habitants des villes, sont de plus en plus exposés à la culture occidentale, et tout le monde vous comprendra quand vous ferez un signe de la tête, même que certains les utiliseront eux même en votre présence. Dans l’autre sens, vous vous surprendrez après quelques jours à utiliser vous-même le indian nod, ou un drôle d’hybride qui ne veut rien dire, par imitation, ou tout simplement parce qu’on acquière à tous les jours de nouveaux outils pour mieux communiquer et se faire comprendre.

Après tout, ce fameux signe de la tête apporte une importante composante émotionnelle qui demande à l’interlocuteur de s’attarder à bien plus qu’un mouvement binaire. Une autre corde à votre arc la prochaine fois qu’un prof de CSI vous demande si vous comprenez la longue tirade mathématique qu’il vient de déblatérer au tableau!




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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