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SAENS: Ce n’est qu’un début

Mardi, le 11 décembre dernier se déroulait le premier spectacle du tout nouvel artiste montréalais SAENS au Ministère. Il a sorti son premier EP, composé de quatre chansons, en septembre dernier et sa chanson, Wind turns cold, a déjà amassé plus de 140 000 écoutes sur Spotify. J’ai bien l’impression que ce n’est que le début pour cet artiste montréalais...

Avec un style électronique ambiant assez lent, très urbain, la musique de SAENS nous propulse dans un univers un peu féérique, plein d’émotion qui nous ramènent dans une sorte de nostalgie légèrement triste, caractéristique des jours de pluie. SAENS, né Jay Lavigne, a fait des études en film et théâtre à New York, où il a commencé à prendre plus confiance en lui, avant de revenir à Montréal pour participer à la cinquième saison de La Voix où, bien qu’il n’ait pas gagné, il y a reçu un accueil chaleureux. Cet accueil semble l’avoir convaincu qu’il avait du talent et un futur dans la musique puisque seulement un au plus tard, il sort un EP assez charmant, bien que court, qui se veut être une assez bonne entrée dans l’industrie de la musique considérant la qualité et la couleur rafraîchissante de son son.

Sa performance au Ministère étant son premier concert solo, il avait bien des raisons d’être anxieux et que ça paraisse dans sa performance. Cependant, c’est un chanteur sûr de lui, en parfait contrôle de sa voix qui s’est présenté sur scène. Avec aucune hésitation, SAENS a su, non seulement, délivrer une performance vocale sans failles avec nuances et puissance, mais en plus, il a su y incorporer multiples émotions, rendant la performance live encore plus intéressante que la version studio. Une qualité fort importante considérant que, de nos jours, c’est par la performance et les concerts qu’un artiste peut survivre et se démarquer.

 

Toutefois, bien que sa performance vocale ait été excellente, le reste était un peu statique. Lors de la première chanson, des jeux lumineux ont été légèrement utilisés, mais ils ne semblent pas être réapparus lors des 5 autres chansons du concert. Sinon, autre que pour se déplacer entre son piano et le micro principal, SAENS n’a pas effectué grand mouvement lors de ses performances. Ainsi, pour un artiste ayant étudié le théâtre et le film, et qui a commencé à composer en ayant une perspective visuelle de comment sa musique pourrait être représentée, sa performance au Ministère ne rendait pas justice à ses connaissances et aux multiples possibilités existantes pour supporter visuellement sa musique. Bien sur, pour un premier concert qui semblait être, entre autres, un premier pas vers le public, il est difficile d’incorporer mille et uns aspects technologiques et techniques, mais, un peu plus de mouvement de la part de l’artiste aurait été intéressant. Cependant, j’ai bien tendance à croire, que la prochaine tournée dont il a été mention au cours du concert, va inclure plus d’éléments que le concert de mardi dernier.

Bien sûr, il va falloir à SAENS plus que quatre chansons pour faire une tournée, puisque malgré qu’il ait inclus un cover et une nouvelle chanson, que je dois dire, j’ai beaucoup apprécié, le concert a duré moins d’une heure. Sans première partie, c’est court.Considérant que j’appréciais bien sa musique et sa performance et qu’il est très agréable à entendre, j’ai été un peu triste de partir aussi rapidement.

 

Bref, c’est avec plaisir que j’ai pu rencontrer un nouvel artiste montréalais mardi dernier. Non seulement il a un son qui lui semble propre et qui colle avec sa voix, mais il sait véhiculer ses émotions de manière universelle. Avec beaucoup de potentiel, c’est définitivement un artiste à garder sous son radar parce qu’il pourrait bien exploser dans les prochaines années, et je lui souhaite très sincèrement.

 

Gabriel Leclerc-Giguère




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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