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RoboBees

Les RoboBees, des robots-abeilles, le fruit d’une alliance entre l’ingénierie et la biologie pour combattre un désastre environnemental imminent

Comme énoncé de manière plutôt dramatique dans la majorité des points de Presse depuis des années, le taux d’extinction des espèces est, il va sans dire, plutôt alarmant. Certains se prononcent haut et fort sur le début de la sixième extinction massive de l’histoire de la planète. Même si l’un pourrait être porté à croire que l’histoire de la Terre ne fait que suivre son cheminement, il serait judicieux de noter que celle-ci, d’un côté d’une nature complètement différente, c’est-à-dire pour la première fois causée par l’Homme en grande partie, pourrait s’avérer 100 fois pire que les cinq dernières. Les termes extinction animale et espèces en danger s’illustrent souvent dans notre esprit par l’ours polaire maigrichon sur sa banquise en fusion causé par le réchauffement climatique, ou bien par une famille d’orang-outan forcée de quitter son chez-soi dû à la coupe des bois dans les forêts tropicales pour la production de Nutella. Les causes de ce désastre écologique sont connues, mais qu’en est-il des conséquences rattachées à la perte monstrueuse de nos confrères du règne animal? Les insectes ne sont pas à négliger en ce qui concerne l’environnement. En effet, un pilier du monde des sciences, Albert Einstein, s’est prononcé sur le sujet : « Si les abeilles disparaissaient, les jours de l’Homme seront comptés. ». Assignées à la lourde tâche de la pollinisation des champs, ces bestioles jouent un rôle particulièrement important, voir crucial, en agriculture en supportant plus de 30% de la production mondiale. Malheureusement, les abeilles n’ont pas su se sauver de la malédiction et l’espèce est elle aussi victime de la grande extinction avec un taux de déclin de 29% dû entre autres aux pesticides, à la pollution des écosystèmes, aux changements climatiques ainsi que les insectes invasifs, notamment les frelons asiatiques. Le manque de solutions à court terme pour résoudre cette situation pressante a poussé les scientifiques, notamment les ingénieurs, à mettre au point une alternative qui, ils espèrent, sauverait l’humanité de la famine tout en freinant l’effet domino anticipé par Einstein bien des années auparavant : le RoboBee.

 

C’est une équipe de scientifiques de recherche de la prestigieuse Université d’Harvard au Massachusetts, composée d’ingénieurs électrique, d’ingénieurs des matériaux, d’ingénieurs informatique ainsi que des biologistes, qui travaillent sur l’élaboration de cette nouvelle technologie à caractère environnemental. La recherche et développement sur les microsystèmes électromécaniques est définitivement au cœur de la conception du RoboBee. Les scientifiques font face à plusieurs défis dans la mise au point d’une telle micromachine. Entre autres, il faut trouver le moyen d’alimenter le robot en énergie électrique à l’aide d’un dispositif intégré de manière à amener le robot vers l’autosuffisance. De plus, la taille des micropuces permettant aux ordinateurs de prendre des décisions n’est pas adaptée à la microstructure des RoboBees. Cependant, ils sont munis de capteurs intelligents qui remplissent le rôle des fonctions cognitives des antennes et des yeux de l’abeille afin de pouvoir interagir activement avec l’environnement. Les abeilles, comme bien d’autre espèces, vivent en communauté. Au sein de la colonie, chaque abeille occupe une fonction spécifique dans la ruche. Les scientifiques veulent reproduire cet esprit de groupe chez les robots abeilles en instaurant un système de coordination dans lequel les abeilles électroniques s’unissent et travaillent en groupe. Au niveau environnemental, cet innovation mise en place par des scientifiques de Harvard aurait la capacité d’aider les abeilles, une des espèces qui diminuent gravement en nombre depuis quelques années, à polliniser les champs pour l’agriculture et peut-être, dans une situation extrême et absolument non-souhaitable, les remplacer un jour, dans le pire des cas. Aussi, les RoboBees pourraient même être un allié dans la surveillance et l’analyse environnementale de certains milieux. Par ailleurs, le domaine d’utilisation de cette nouvelle technologie, conçue sur une dizaine d’années, s’est vu s’élargir pour contribuer à une sphère complètement différente : l’ingénierie biomédicale, entre autres dans la conception de dispositifs technologiques médicaux.

Mots-clés : Environnement (11)



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