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Chronique du sous-continent – Chapitre 1 : le choc

En mai dernier, dans le cadre de la mission 2018 de Poly-Monde, j’ai eu l’occasion de me rendre en Inde pour 3 semaines. Ce voyage un peu atypique promettait sa dose d’images, d’épices, de chaleur et d’histoires, et comme prévu, nous avons été servis. Aller en Inde déboulonne certains mythes sur ce pays à la culture si riche, et j’essaierai de vous les partager dans les prochaines éditions du Polyscope.

Il est passé minuit; j’atterris à Bangalore dans le noir. Il fait déjà chaud. Après avoir réussi à faire comprendre aux douaniers la raison de notre visite, on sort du terminal et on plonge. Ça fait un gros 2 secondes qu’on a mis le pied dehors que tous les chauffeurs de taxi de la ville nous proposent une ride. Ça sent l’humidité, un peu tropical, ça sent le gaz, la poussière et, même en plein milieu de la nuit, il fait chaud.

Après un petit tour de taxi, on arrive dans le quartier où se trouve théoriquement notre hôtel. Au détour d’une énième rue indifférenciable des autres, on se retrouve devant notre logis pour la prochaine semaine; sous le seul lampadaire fonctionnel de la rue, on peut voir une petite bande de chiens errants qui ont clairement compris qu’on était des touristes.

Train arrivant en gare à New Delhi © Laurent Montreuil

La rue

Bond dans le temps jusqu’au lendemain matin; la clarté révèle une rue agitée et perpétuellement passante. Les tuk-tuks se succèdent entre les camions de marchandises et les vélos; la poussière se soulève dans l’air et soudainement, des regards se posent sur notre groupe à notre passage dans ce quartier pas particulièrement touristique. À Bangalore, centre technologique ayant grossi au rythme du boum industriel, il n’est effectivement pas très commun de croiser des visages occidentaux. Avec une moyenne d’une selfie par coin de rue, nous avançons tranquillement dans ce chaos organisé. Les indiens nous approchent et veulent être pris en photo avec nous; une chèvre broute dans un dépotoir à ciel ouvert où brûlent des déchets; un vendeur ambulant nous propose des morceaux de poulet frit visiblement épicé; une overdose sensorielle.

C’est comme ça qu’on découvre l’Inde, éclectique, imprévisible. Après quelques jours, on réussit à se procurer des cartes SIM, à sortir de l’argent, à découvrir les alentours. Les Indiens sont sympathiques et curieux, et le choc culturel est présent, sans être trop désagréable. Mais ça prend quand même plus de temps pour s’habituer à traverser la rue; regarde de chaque côté, prend une grande respiration et… traverse, sans regarder en arrière, sans t’arrêter. Les autos, motos, vélos (mais pas les bus) t’éviteront si tu gardes une vitesse constante, donc pas d’hésitation possible! Bonne chance.

La bouffe

Manger de l’indien matin-midi-soir, ça frappe sur l’estomac de n’importe qui, mais au bout de quelques jours plusieurs membres du groupe deviennent plus aventureux en commandant « indian spicy » au resto. Boyaux sensibles d’abstenir. Les indiens ont des menus à n’en plus finir, et parfois, il vaut vraiment la peine d’y aller all in et de commander quelque chose d’exotique. Poulet à l’afghan, garlic-butter-cheese-naans, biryanis, plats en sauce en tout genre, piments, oignons crus et brochettes de paneer s’accumulent sur la table. On sue de la face mais c’est une extase pour les papilles. Pas trop de viande tout de même, une vaste majorité de la population indienne étant végétarienne.  L’Inde a bien beau être le plus grand producteur mondial de bœuf, très peu de cette denrée est consommée localement.

Marché de légumes à Mumbai © Laurent Montreuil

La chaleur

C’est déjà clair je crois, mais il fait chaud. L’Inde est énorme, et le climat varie beaucoup de ville en ville. Dans le Sud, où nous sommes en début de voyage, on a des températures tropicales. À Mumbai sur la côte ouest, le vent est plus fort mais l’humidité est impressionnante. À Delhi plus au Nord, la chaleur est sèche et le soleil tape assez fort pour obliger n’importe qui à caler un litre d’eau à l’heure. Mais une constante dans l’équation reste : il fait chaud, nom de Zeus (ou Vishnu devrais-je dire). Être sec relève du miracle (aussi appelé air climatisé), on se fait tranquillement à l’idée que suer, c’est naturel et qu’on est tous dans le même bateau (qui coule, clairement, je suis détrempé là).

Mais ce qui est bien avec le choc, c’est qu’après un temps, on s’y fait! L’Inde recèle de bijoux culturels dont il sera question dans les prochains chapitres de cette chronique.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.
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